‹ Vie de mgr. DupanloupChapitre 52 sur 231 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

orléanaises y envoyèrent leurs enfants en grand nombre : et bientôt la jeune communauté put, selon le but de sa fondation, se déverser sur le diocèse; elle y a aujourd'hui quarante écoles, qui, toutes, ont une Sœur spécialement destinée aux soins des malades. L'évêque eut la consolation de voir ces progrès, et aussi, les années ayant passé et prononcé sur les règles provisoires que l'on avait d'abord suivies, il put élaborer — doux travail au milieu de ses grandes luttes, — et sanctionner les constitutions définitives. Un trait qui distingue cette communauté, c'est que, par l'exposition quotidienne du saint Sacrement, la maison mère est comme le centre d'une œuvre d'adoration et de réparation. Dans cette fervente union a la prière, aux anéantissements, à l'immolation du Dieu de l'Eucharistie, les Sœurs de Saint-Aignan puisent le courage et les vertus nécessaires aux dévouements de leur sainte vocation. Nous n'hésitons pas 'à le dire, l'un des plus beaux diamants de la riche couronne épiscopale laissée par Msr Dupanloup à son successeur, c'est cette communauté des Sœurs de Saint-Aignan.

Du reste, la propagation des Sœurs est une des œuvres qu'il eut toujours le plus à cœur. Voici ce qu'en disaient les règlements : « L'étudier et la presser dans toutes les paroisses de huit cents âmes, où il n'y a point d'institutrices, et à plus forte raison là où la population est plus nombreuse. — Et aussi dans les paroisses moins populeuses. — C'est une oeuvre capitale. » Il serait difficile de dire le nombre d'écoles et d'enfants qu'il parvint à confier à ces pieuses maîtresses : profitant de toutes les occasions favorables, stimulant le zèle des curés et la générosité de ses religieux diocésains; promettant et donnant lui-même des secours. L'Œuvre des campagnes et celle de Saint- François de Sales, qui s'établirent à Orléans, vers le milieu de son épiscopat, offrirent à MM. les curés de précieuses ressources pour ces fondations. 11 en couvrit son diocèse. Et sa sollicitude ne les perdait jamais de vue. Témoin les lettres pastorales qu'il écrivit plus d'une fois pour encourager ces institutrices dévouées dans leur humble mais si importante mission, et leur donner des

instructions pratiques précieuses sur le bien qu'elles pouvaient opérer.

Outre ies nombreuses congrégations enseignantes appelées par lui dans le diocèse, trois autres fondations considérables lui sont dues : les Petites Sœurs des Pauvres, les Sœurs de l'Immaeulée-Conception pour les malades; les religieuses de Notre -Dàme-de-Chari lé du Bon-Pasteur. • Au reste, les saintes épouses du Christ, qu'elles fussent vouées a l'enseignement ou a la charité, ou a la pénitence et à la prière, étaient, on peut le dire, l'objet de ses prédilections episcopales. Dans un de ses discours, le panégyrique de M?r Menjaud, il a exprime avec une touchante éloquence son sentiment a cet égard : i II est, disait-il, une création aimable et sacrée que l'Eglise cath dique seule a la vertu de produire sur la terre. Aucune philosophie ne l'a jamais conçue, et nulle puissance humaine ne l'essaya jamais : gracieuse et Louchante apparition de la religion aux yeux des peuples, nommée d'un des noms les plus doux à l'oreille de l'homme : et. de fait (c'était vrai alors), aimée et populaire, malgré les sourdes préventions et les préjuges haineux : création unique au Tond, dans son idée si simple et si grande, mais indéfiniment variée dans les formes extérieures, la religion aimant a répéter et a diversifier sans tin cette gracieuse image d'elle-même ; elle a nom la Sœur. Quelque habit qu'elle porte, qu'elle fasse l'école au village, ou visite l'indigent des villes, ou soigne le malade dans les hôpitaux, ou s'immole, hostie vivante, victime d'expiation, dans l'holocauste delà prière ou de la pénitence, c'est la Si cru, c'est toujours la Soeob : et ce nom si doux, symbole de pureté et d'innocence, de sacrifice el de vertu, d'amour et de désintéressement, sera toujours, quoi qu'on fasse, cher et sacre au cœur des peuples, i « Donc, ajoutait-il, affermir ou développer ces institutions diverses de vierges chrétiennes, de femmes consacrées a la prière ou a la charité, ce lut toujours une grande et belle œuvre. »

Ce serait ici le lieu de dire ses sollicitudes pour toutes les communautés de son diocèse. Quelle joie pour les bonnes carmélites, quand elles le voyaient venir dans leur

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