CHAPITRE VI
Ja France surtout qui, à ce moment-la même, ingrate à l'Evangile à qui elle devait tout, faisait dans la presse et dans la politique une si lamentable guerre au pontife suprême de cette religion chrétienne, mère de notre civilisation. C'est ce nécessaire enseignement que l'évêque d'Orléans voulut offrir dans cette Instruction pastorale sur la reconnaissance que l'Europe doit au christianisme1.
Peut-être y a-t-il dans cette lettre, moins étendue que la précédente, plus de souffle encore. Quel éloquent parallèle, au point de vue moral, entre les peuples chrétiens et les peuples non chrétiens! Devant l'évidence de ce grand fait, la supériorité morale de tous les peuples chrétiens sur tous les peuples non chrétiens, ecoutons-le s'écrier : « La vérité est que l'Evangile nous a gratifiés de dons si nécessaires, et qui nous pénètrent si intimement, que nous ne les sentons plus; ils sont devenus notre seconde nature. Famille, dignité, pureté des moeurs, réciprocité des droits et des devoirs au foyer domestique, respect de la vie, charité pour tout ce qui est faible et souffrant, honnêteté dans les transactions, égalité raisonnable, liberté, garantie de la propriété, absence d'arbitraire, travail honoré, justice universelle, il semble que toutes ces choses, parmi nous, vont d'elles-mêmes. Eh bien! non, ces choses sont si peu l'œuvre de l'homme que la moitié de l'humanité en est absolument dépourvue. Regardez le monde... » Et après le tableau des misères morales de l'Orient païen : « 0 Jésus! s'écriait-il, ô mon Dieu! ô Marie! 0 saints du christianisme! ô saint Jean, saint Joseph, saint François de Sales, sainte Thérèse, saint Vincent de Paul ! 0 pureté ! o charité! ô Evangile! ô Eglise de Jésus-Christ! on tombe a genoux, on baise vos mains, qui nous ont arrachés des abîmes de cet enferterrestre !... 0 divin Evangile, soleil qui avez dessèche tant d'immondes marécages, et fait lever tant et de si précieux germes sur notre terre, nous rre vous bénissons pas assez chez nous, et ajoutons-le, nous n'accomplissons