CHAPITRE VI
partie déserte et froide de la cathédrale : et il ne se trompa pas; il est incontestable que ce chemin de croix, le plus beau peut-être qui existe en France, a beaucoup ajoute à la piété des fidèles pour le grand mystère de notre rédemption. Et comme une idée en amené une autre, c'est ce chemin de croix qui inspira la pensée de faire resplendir dans les dix belles verrières qui sont au-dessus 1 histoire héroïque et sainte de Jeanne d'Arc.
Nous avons voulu grouper ici ces travaux divers, pour que le lecteur puisse embrasser d'un seul coup d'œil ce que l'évèque d'Orléans a fait dans sa cathédrale. En y joignant les nouvelles orgues, qui furent posées après sa mort, mais avec des fonds obtenus par lui, on voit que c'est un renouvellement presque complet de sa cathédrale qu'on lui doit.
Nous allions oublier un autre ornement considérable, qui pourtant frappe d'abord la vue dès qu'on y entre : ce sont les cinq belles verrières qui couronnent le sanctuaire : les teintes en sont admirables; il est seulement à regretter que la grande érudition dépensée dans ces vitraux, car c'est toute l'histoire de la sainte croix qui est là, le soit à peu près en pure perte, à cause de l'exiguïté des figures eu égard à la hauteur où elles sont placées; il eût fallu moins de sujets, et des personnages plus grands: mais ce n'est pas à lui que cette faute est imputable.
Voilà pour l'intérieur de la cathédrale. Il y avait plus à faire encore peut-être à l'extérieur. Et d'abord, nous l'avons dit, la flèche menaçait ruine. Il devint urgent de l'abattre; mais après l'avoir abattue, il fallait la reconstruire : grande affaire. On était dans des temps difficiles, au milieu de^ cette guerre de Crimée qui dévorait les hommes et les millions. Néanmoins le gouvernement, le département et la municipalité s'y prêtèrent; mais lame de cette grande et belle entreprise, ce fut lui. De Rome même, pendant les fêles de Tlmmaculée Conception, il excitait à cette œuvre le zèle de ses diocésains : «Si tous mes diocésains, écrivait-il à son vicaire général, M. l'abbé Valgalier, le 28 décembre 1854, veulent me donner chacun un sol par an, pendant cinq ans, je m'en charge : pour cela il faut seu-