CHAPITRE Vil
SON ŒUVRE PASTORALE (Suite)
Ses travaux pour l'éducation de la jeunesse
Transformation dos Petits Séminaires
Son action personnelle sur les maîtres et les élè -
Episodes : la bifurcation et la querelle des classiques
Fondation du cours supérieur
Les tragiques grecs au Petit Séminaire d'Orléans
L'œuvre des Petits Séminaires, avons-nous dit, n'était pas moins à cœur que celle des Catéchismes, à l'evêque d'Orléans, et elle lui coûta plus de sollicitude encore : « Former en vingt ans une nouvelle génération de prêtres capables et nombreux », telle était son espérance dans ce labeur. Puisque, en ell'et, ces maisons sont celles où le clergé se recrute, l'avenir d'un diocèse est là tout entier.
Les vocations, à Orléans et ailleurs, étaient rares alors : elles le sont encore plus aujourd'hui. On s'en plaint; luimême en a souvent gémi. Sans doute, il y a de ce malheur des causes multiples; mais les Séminaires eux-mêmes n'y sont-ils pour rien"? La façon dont ils sont quelquefois gouvernés n'explique-t-elle pas, en partie, cette stérilité? Si tant de vocations se perdent là, n'aboutissent pas, restent en route, la faute en est-elle uniquement à ceux qui, appelés, ne répondent pas? Question redoutable. Quoi qu'il en soit, rien n'importe plus à un évêque que le bon gouvernement des Séminaires, et rien ne fut l'objet de plus grands efforts pour l'evêque d'Orléans.
A un autre point de vue, il était nécessaire que le principal auteur de la loi de 1850, ayant en mains une maison d'éducation, prouvât que le clergé n'était pas indigne de
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cette liberté d'enseignement si ardemment réclamée et enfin conquise.
Vue des compensations à sa tristesse d'être évèque, ce fut la perspective de pouvoir gouverner sans entraves et selon ses méthodes un Petit Séminaire. Tout d'abord, il se proposa deux choses : augmenter le nombre des élèves, et relever les études et la piété.
Pour avoir plus d'élèves, quoique son Séminaire de La Chapelle eût été construit dans de si grandes proportions, il songea à en créer un autre à Orléans même. Les dépendances de son vaste évèché lui parurent propres à ce dessein : il s'en priva donc sans regret, pour y installer avecla maîtrise de la cathédrale, un véritable Petit Séminaire, dit Petit Séminaire de Sainte-Croix, ou Ton ne faisait d'abord que les classes élémentaires, mais dont les élevés pouvaient ensuite passer au Petit Séminaire de La Chapelle, s'ils donnaient des espérances sérieuses de vocation à l'état ecclésiastique.
Cette maison, parfaitement gouvernée par un ecclésiastique de mérite, M. l'abbé Renaudin, prit tout à coup dans la suite de très grands développements lorsque, les bâtiments d'un ancien couvent de Minimes étant devenus disponibles, l'évèque d'Orléans en put faire l'acquisition et y transporter sa maison de Sainte-Croix : le diocèse eut alors véritablement deux Petits Séminaires, complets l'un et l'autre aujourd'hui: car, par la force des choses, l'évèque d'Orléans se trouva amené à permettre qu'on fit aux Minimes, c'est le nom que prit alors le Petit Séminaire de Sainte-Croix, toutes les classes, même la philosophie.
Mais c'est le Petit Séminaire de La Chapelle qui appela surtout son attention. Et d'abord, restait a payer un reliquat de 30 000 francs, pour les grandes mais utiles dépenses faites par son prédécesseur : un petit billet de M?1* Dupanloup a quelques-uns de ses diocésains obtint pour réponse 60000 francs : telle fut sa première rencontre avec la générosité orléanaise. Et quoique ce Séminaire fût si vaste et pût contenir plus de trois cents élèves, l'évèque d'Orléans