‹ Vie de mgr. DupanloupChapitre 62 sur 231 · CHAPITRE VII. Mfl · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII. Mfl

trouva cependant à y ajouter. C'était un grand bâtiment carré, avec une cour intérieure, entourée de cloîtres, la chapelle se prolongeant sur l'un des côtés, le coté opposé à l'entrée. L'évêque d'Orléans jeta, à droite et à gauche, deux grandes ailes, terminées chacune par une charmante chapelle, consacrées, l'une à la sainte Vierge1, et l'autre aux saints Anges : dans sa pensée, ces deux chapelles devaient rendre, et ont rendu, les plus grands services pour les réformes qu'il méditait. De plus, les cours, formées, à chaque extrémité, par le bâtiment et par ces deux ailes, furent munies par lui chacune d'un hangar, pour abriter, mieux encore que les cloîtres, les enfants les jours de pluie : pendant les beaux jours, ils avaient leurs verts quinconces, entre la maison et la Loire.

Il en fut du Séminaire de La Chapelle comme de Saiut- Nicolas : la confiance qu'il inspirait aux familles y attira en foule des élèves du plus grand nom: mais, s'il y avait lieu de s'en réjouir à plus d'un point de vue, cependant ce n'étaient pas là, si ce n'est exceptionnellement, des vocations : ce qu'il voulait avant tout, et les lacunes, les vides constatés par lui dès son arrivée dans son clergé lui étaient pour cela un constant aiguillon, c'étaient des enfants promettant de recruter un jour le sacerdoce. Il fallait donc favoriser les vocations, et c'est pour cela que, dès la première année de son épiscopat, en 1800, il Ht deux choses : il créa des bourses, et il institua des concours; et une commission fut immédiatement nommée par lui pour juger ces concours et distribuer ces bourses; et, le 2:2 avril 1850, il publia une lettre a son clergé pour lui faire connaître ces créations, et « encourager le zèle si digne d'éloges de MM. les ecclésiastiques qui veulent bien préparer de jeunes enfants pour le Petit Séminaire ». Dès f85l, les élèves affluaient, et il était urgent d'opérer la réforme dont il avait tout d'abord reconnu la

1. « La première édition de mon livre i De Véducation) a rapporté 3000 francs avec lesquels, selon un vœu que j'ai fait, je bâtis eu ce moment une petite chapelle de la sainte Vierge pour mon Petit Séminaire, absolument comme si 1852 n'approchait pas. » — A M e la princesse Borghèse, 11 novembre 1851.

nécessité, au point de vue des études de la discipline et

de la piété.

Une congrégation spéciale pour l'œuvre des Petits Séminaires lui paraissait indispensable: cette idée l'avait fortement saisi pendant son voyage de Home; il aurait souhaite fonder lui-même cette congrégation : c II faut, écrivait-il, que je lève ce drapeau. » Il réalisa, pour sa part, cette pensée en aidant alors de tout son pouvoir à la résurrection de l'Oratoire, que deux prêtres eminents, M. Pabbé Gratryet M. l'abbé Petetot, avaient eu l'heureuse inspiration de rendre à l'Eglise de France.

A défaut de congrégation, il comprit qu'il fallait tout d'abord transformer le personnel dont il disposait, et il lit pour ses professeurs comme pour ses catéchistes : ce fut dans de fréquents entreliens avec eux sur leur œuvre qu'il la leur révéla aussi en quelque sorte, et qu'il les enflamma du feu sacré que sa parole avait le don d'allumer toujours. « Xous sortions de ces entretiens, nous a écrit l'un d'eux1, transportes; et nous ne pouvions nous empêcher de nous dire : « Ôuel homme! quel maître! » Puis il en vint aux mesures décisives.

La première de ces mesures fut, comme à Saint-Nicolas, l'établissement du niveau des classes, chose inconnue au Petit Séminaire de La Chapelle; le niveau, c'est-à-dire la hauteur où chaque classe doit se maintenir, pour conserver son nom, et la moyenne que chaque élevé doit atteindre pour y être admis ou y rester.

Il s'agit ensuite d'organiser et de réglementer toutes choses. La rédaction de ces règlements, ou plutôt leur adaptation au Petit Séminaire de La Chapelle, fut pour l'évéque d'Orléans un grand labeur. Ce que nous avons dit du Petit Séminaire de Saint-Nicolas nous permet d'être bref ici. Au fond, c'étaient les mêmes méthodes. Trois grandes préfectures, ce fut là le capital de la reforme, furent établies, et le préfet des études, le préfet de disci-

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