‹ Vie de mgr. DupanloupChapitre 63 sur 231 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

pline, le préfet de religion, furent constitués, chacun dans son département, les grands auxiliaires du Supérieur.

Il y avait, dans les règlements relatifs aux études, deux directoires d'une particulière importance, le Temporale, qui fixait la place et le temps assignés à chaque cours; et ÏOrdo discendi et docendi, qui indiquait jour par jour tout le travail qui devait être donné aux élèves par les professeurs. Eh bien, chaque année Févêque d'Orléans se faisait communiquer ce Temporale et cet Ordo discendi et docendi, et il les examinait à fond, depuis la philosophie jusqu'au cours préparatoire à l'étude du latin, en discutant les moindres détails, corrigeant et rectifiant de sa main ce qui lui semblait mal combiné, ou bien jetant çà et là son point d'interrogation, quand il avait un doute, et priant le préfet des études de revoir attentivement son travail jusqu'à ce que lui-même, l'ayant examiné de nouveau, l'approuvât définitivement 4,

Tous les moyens d'émulation en usage à Saint-Nicolas furent transportés a La Chapelle, et notamment l'Académie.

De même pour la piété : elle fut hautement mise en honneur; et tout, confessions, catéchismes, fêtes, retraites, mois de Marie, congrégations, port de l'habit ecclésiastique, dans certaines conditions, certains jours, et par certains élèves, fut réglementé avec la dernière précision. Tout était au grand jour, et ni la timidité, ni la dissimulation, ne pouvait avoir là aucune place.

De bons règlements, organisant fortement toutes choses, et des hommes pleins de zèle pour les appliquer, c'est beaucoup sans doute. Il reste cependant, pour qu'une réforme soit, non pas seulement décrétée, mais faite, à surveiller constamment l'exécution de ces règlements, et à ne laisser s'insinuer d'aucune façon, dans la pratique, la négligence ou la routine. C'est là surtout le devoir d'un Supérieur. Or le véritable Supérieur du Petit Séminaire

1. Note à nous communiquée par M. l'abbé Godefroy, longtemps préfet des études à La Chapelle, aujourd'hui curé deMontargis, et prélat romain.

de La Chapelle, en fait comme en droit, nous pouvons le dire, c'était lui; en ce sens que, sans entraver en aucune sorte, mais en activant sans cesse l'initiative du Supérieur, il se faisait un devoir de l'éclairer et de le diriger, se tenait pour cela au courant de tout, surveillait tout, donnait l'impulsion à tout. Obligé, par sa santé, de mettre un exercice physique régulier dans sa vie, et le faisant, par devoir, par conscience, avec cette énergie de volonté qui, quand elle s'était imposé une règle, s'y conformait ave» persévérance, il trouvait dans La Chapelle, située à une suffisante distance d'Orléans, le moyen tout à la fois de se donner cet exercice indispensable, et de suivre d'aussi près que possible la marche de son Petit Séminaire. Il y allait donc à peu près tous les jours, dans l'après-midi, ordinairement à pied, et en suivant les bords de la Loire, et ne partait pas sans avoir vu le Supérieur, ou quelques-uns des professeurs, ou quelques-uns même des élèves. Evèque, il avait plus d'autorité encore, on le conçoit, pour traiter avec ses auxiliaires dans l'éducation de la jeunesse chrétienne, que quand il était simplement Supérieur de Saint-Nicolas.

Les deux hommes, les deux Supérieurs, qui furent ses plus effectifs coopérateurs dans cette œuvre de transformation de son Petit Séminaire, ce furent M. l'abbé Place et M. l'abbé Hetsch.

M. Place (aujourd'hui archevêque de Rennes) était un de ses enfants de Saint-Hyacinthe. Avocat d'abord, lorsque, âgé d'environ trente ans, il eut l'inspiration de quitter le barreau pour l'Eglise, et qu'il se rendit à Piome pour y faire ses études théologiques, c'est comme « son (ils chéri i que l'abbé Dupanloup l'avait recommandé à M"e la princesse Borghese ; et quand il fut ordonné prêtre, en 1850, l'évèque d'Orléans, qui savait son mérite exceptionnel, lui envoya des lettres de grand vicaire honoraire, et l'appela auprès de lui ; quelque temps après, il le mit à la tête de son Petit Séminaire. Homme d'organisation et de pratique, de ponctuelle exécution des choses, il rendit, dans ces premières années de la réforme, les plus grands services.

L'abbe Hetsch, qui avait été son collaborateur, lui suc-

Page 1