‹ Vie de mgr. DupanloupChapitre 69 sur 231 · Lettre inédite de M. Cousin à M?1' Dupanloup · texte numérisé non relu

Lettre inédite de M. Cousin à M?1' Dupanloup

sommairement le caractère, les phases principales, la conclusion.

A entendre les novateurs, les auteurs classiques étant païens, paraissaient la jeunesse : et là était la cause du mal dont souffraient les sociétés modernes. Il fallait donc, selon eux. a ces maîtres corrupteurs substituer des classiques chrétiens, si l'on voulait former des générations vraiment chrétiennes. Ces exagérations, ou il y avait toutefois quelque part de vérité, et qu'on ramena plus tard a des termes moins excessifs, n'allaient pourtant a rien moins qu'à discréditer, si on les eût fait passer dans la pratique, les écoles du clergé, et à ruiner, avant même d'avoir pu les recueillir, les fruits de la loi de 1850; au fond c'était une manière de combattre encore cette loi, qui, en maintenant à l'Université, disait-on, le droit de faire les programmes, maintenait le paganisme dnns renseignement. Et, de plus, l'honneur de L'Eglise, des grands ordres et des grandes congrégations, Bénédictins, Jésuites, Oratoriens, qui avaient élevé depuis trois siècles la jeunesse selon ces méthodes, avec l'approbation des évêques et des papes, se trouvait aussi mis en cause par ces témérités. Troublés par ces polémiques, les professeurs des Petits Séminaires d'Orléans demandèrent à leur évèque Une ligne de conduite. Pour répondre à ces désirs, il leur adressa, en l'année 1852, — et il l'avait déjà fait en 1850, — sur l'enseignement des lettres classiques, une longue et belle lettre, dont le retentissement lut considérable, et dans laquelle il maintenait hautement ses règlements et ses méthodes, et dégageait pour sa part le cierge de toute solidarité avec ces thèses compromettantes.

VVnivers, qui s'était montré particulièrement agressif contre les classiques anciens, ne s'arrêta pas devant ces lettres pastorales: nonobstant le caractère officiel de ces instructions données par un évèque à des prêtres de son clergé, dans la plénitude de son droit le plus incontestable et l'accomplissement de son devoir le plus certain. Quelques journaux de province, échos de Y Univers, répétèrent ses critiques, en les exagérant encore.

Qu avait-il fait cependant? Sans entrer dans le fond et

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