‹ Vie de mgr. DupanloupChapitre 71 sur 231 · CHAPITRE Vit · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vit

Siège, comme les défenseurs de la foi compromise, et les censeurs de l'épiscopal... Nous disons qu'en attaquant nommément, formellement, directement , dans leurs feuilles, notre personne et notre lettre aux supérieurs et professeurs de nos Séminaires, ces journalistes ont fait une entreprise téméraire, contraire à l'esprit et aux règles de l'Eglise, attentatoire à Tordre hiérarchique, entachée de laïcisme, et tendant à mettre la division entre nous et nos prêtres... »

En conséquence, il interdisait, non pas à ses diocésains, ni même à son clergé, comme quelques-uns l'ont cru, mais simplement à ceux auxquels il avait adressé les instructions attaquées par l'Univers, de s'abonner à ce journal.

« Nous défendons à tous les supérieurs, directeurs et professeurs de nos Séminaires diocésains, de s'abonner au journal Y Univers, et leur enjoignons de cesser, dès ce jour, la continuation des abonnements déjà faits. »

Certes, c'étaient là de graves questions. Il ne resta pas isolé dans celte lutte. L'épiscopat s'émut et de nombreuses adhésions arrivèrent à l'auteur du mandement. L'archevêque de Paris, quand parurent les articles de Y Univers contre la lettre aux professeurs, lui avait écrit : « C'est a Paris un cri unanime d'indignation contre V Univers... Courage donc, monseigneur, vous ne serez pas seul sur la brèche; » et quand parut le mandement : «C'est solide, c'est clair, c'est éloquent. La petite question, celle des classiques, et la grande question, celle du respect de l'autorité, et des périls que fait courir à l'Eglise la téméraire audace de quelques journalistes catholiques, y sont traitées de main de maître. »

Le rédacteur en chef de V Univers répondit par une lettre dans laquelle il se déclarait : « blessé au fond de l'âme». Il affirmait d'ailleurs qu'il n'avait pas cru attaquer des instructions pastorales, mais un écrit tombé dans le domaine de la controverse ; il protestait « de son obéissance et de son respect envers l'épiscopat » ; il protestait aussi (( contre l'accusation de déloyauté et de calomnie ». Du reste, sauf un persiflage dont il reconnut l'inconvenance, il ne retira rien. Mais il se déclara « prêt

à se retirer * lui-même avec tous ses collaborateurs, si les évêques jugeaient qu'il ne pouvait plus continuer utilement son œuvre.

Cette déclaration était habile. Immédiatement, elle déplaçait la question et en faisait naître une autre, en donnant a penser que l'existence même du journal averti et censuré était en cause. Vne autre diversion non moins habile fut d'évoquer, a cette occasion, le spectre du gallicanisme : par là. on divisait l'attention, on soulevait des ombrages contre l'évëque d'Orléans et contre les évoques ses adhérents: on réveillait, a Rome surtout, en faveur du journal en question, de vives sympathies. Enfin, on affecta de dire très haut que, sur cette question des classiques, les évêques étaient loin d'être d'accord.

Il importait donc de dissiper tous ces nuages. Et d'abord une Note, publiée dans VA mi de la religion, comme émanant a des autorités les plus graves », déclara que, « ni directement, ni indirectement, et à aucun degré, il ne s'agissait ni de gallicanisme, ni d'ultramontanisme ».

Puis, l'archevêque de Paris, M-: Sibour, l'archevêque de Besançon, M-r Mathieu, qui se trouvait alors à Paris, et l'evéque d'Orléans rédigèrent une Déclaration qui leur paraissait de nature à obtenir les adhésions de leurs collègues, et à terminer enfin cette malheureuse discussion.

Quarante-six évêques adhérèrent à cet acte: plusieurs autres, sans les signer, tirent savoir qu'ils les approuvaient. Aucun évêque, que nous sachions, ne prit la défense des thèses de Wnivers; mais la Déclaration, a un autre point de vue, suscita des dissidences : les évêques de Moulins et de Montauban, l'un dans une lettre à l'évëque d'Orléans, l'autre dans des observations à ses collègue-, critiquèrent, surtout au point de vue de la procédure, la Déclaration : l'archevêque d'Avignon et l'archevêque de Reims écrivirent dans le même sens : Ms* Pie, dans une lettre privée à l'évëque d'Orléans, se borna a faire i quelques réserves ». L'acte le plus considérable fut une lettre de l'evéque d'Arras, Mff* Parisis. à M. Veuillot. L'évèque d'Arras disait que, maigre ses fautes et ses torts, l'Univers n'avait pas mérité de périr; et il ajoutait qu'il ne

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