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CHAPITRE VII

Grèce, y avait présidé *. Les paltium et les péplum étaient portés avec aisance et avec grâce : des membres de l Institut en avaient donné les dessins. Les jeunes acteurs furent encore admirés pour leur intelligence des beautés supérieures qu'ils interprétaient : Antigone et Ismène arrachèrent plus que des applaudissements, des larmes. Les beaux chœurs de Mendelssolm, d'une musique tantôt douce et suave, tantôt comme animée d'un souffle guerrier, tantôt profondément mélancolique, pleine du courroux des dieux et des misères de l'homme, ravirent.

« Il faut bien bénir Dieu de ce qui s'est passé là, » écrivait le lendemain, avec simplicité, l'evèque d'Orléans à son ami M. Cochio. Et en effet, qu'on ne s'y trompe pas : par ces prouesses classiques, qui forçaient l'Université elle-même d'applaudir -, par ces éclatantes démonstrations, que nous verrons se répéter souvent, ce n'était pas du bruit qu'il cherchait, qu'il voulait, mais deux choses plus sérieuses : mettre dans sa maison l'émulation, l'ardeur pour les fortes études; et honorer l'Eglise et son enseignement, par ces preuves incontestables de sa fidélité au culte des grandes Lettres. Il faisait ainsi tout à la fois œuvre d'éducateur, et œuvre d'évèque.

À la fin de l'année scolaire 1858, l'abbé Hetsch écrivait à Al?r Dupanloup : « 11 me semble que cette année aura surtout contribué à fixer parmi nous les grands principes pour l'éducation morale et religieuse. Reste la haute éducation intellectuelle. Hic labor t Hoc opus ! C'est sur ce point qu'il faut désormais porter notre principal effort. A votre retour, nous arrêterons le plan de campagne à suivre pour l'année prochaine. »

Ce plan de campagne avait pour but d'introduire à La Chapelle des cours d'études supérieures. Il avait toujours semblé à l'evèque d'Orléans que le passage était brusque et périlleux pour les jeunes gens entre la vie si surveillée du collège et la pleine liberté où ils se trouvaient jetés aussitôt leurs premières études finies; c'est ce qui lui in-

J . M. Lenormant.

"2. Voy. la Revue de renseignement public, juillet 1857.

spira l'idée de ces cours supérieurs qui pendant deux, ans, après la philosophie, serviraient aux jeunes gens de transition d'une vie à une autre, et seraient en même temps, par un développement plus grand de leurs facultés littéraires, une préparation excellente aux études spéciales qu'exigent les diverses carrières. Il se mit donc à rédiger le programme de ces cours: il y faisait ressortir éloquemment les avantages de ce complément de haute éducation littéraire, qui pouvait avoir comme résultat honorable la licence et le doctorat, et comme profit plus sérieux encore une culture, une distinction d'esprit supérieure: luimême s'était réservé de faire le cours littéraire d'écrilure sainte, et il le fit assidûment pendant trois années. Ces cours donnèrent d'heureux résultats '. La fondation des Universités libres en a rendu le maintien moins nécessaire. Par là l'évèque d'Orléans préludait en quelque sorte à ce qu'il lui sera donné de faire un jour dans les assemblées politiques pour renseignement supérieur.

1. Voy. pourplus ample développement sur cette innovation, à laquelle plusieurs vocations précieuses ont été oues, la Vie de M. Vabbé Hetsch.

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