CHAPITRE VIII
société, sans danger pour lui ni pour elle. C'est ainsi qu'à tous les degrés de la hiérarchie sociale, on formera de bons citoyens, des hommes complets, dans la mesure et l'étendue qui sont nécessaires à chaque individu, à chaque classe. » Ce qu'il combattait ici, c'était « l'instruction égale pour tous. La nature invincible des hommes et des choses y résistera jusqu'à la lin. » Le dernier livre s'achevait par d'importantes considérations sur l'éducation nationale.
Le second volume contenait aussi cinq livres, et traitait de ce que l'auteur appelait le Personnel de l'éducation : Dieu, — les parents, — l'instituteur, — l'enfant et le condisciple.
Dieu : la part de Dieu dans l'éducation, la religion considérée comme grand moyen d'éducation, en même temps que comme grand devoir à remplir, ce sujet était traité avec un accent particulièrement ému ; et, dans sa conviction de la supériorité de cette éducation sur toute autre, l'auteur livrait en quelque sorte les secrets du clergé et de sa puissante action sur la jeunesse.
L'évêque d'Orléans avait jugé lui-même d'une si haute importance le livre sur les parents, qu'il le fit imprimer à part sous ce titre : le Mariage chrétien. Quelles admirables pages sur l'origine de la famille et les devoirs des pères et mères! quels graves et hauts enseignements! « Les réflexions sur la dernière éducation de la jeunesse, sur les déchéances de l'autorité paternelle, a dit l'écrivain universitaire que nous citions plus haut, sont d'un moraliste aussi sagace qu'expérimenté, qui a reçu les confidences des familles, suivi de près le développement des caractères chez l'enfant et chez le jeune homme, et saisi au fond des cœurs que la religion lui ouvrait le secret des misères et des ruines qui s'y préparent. »
L'idée fondamentale du troisième livre sur Y instituteur est que, tenant la place des parents, et continuant leur œuvre, il en doit remplir tous les devoirs. 11 lui faut pour cela l'autorité personnelle: — la vertu; — la fermeté et la douceur ; ce qui amène l'auteur à traiter des punitions,
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du système pénitentiaire et du travail ; — enfin le dévouement, l'amour, l'intelligence de son œuvre.
Le quatrième livre revient à V enfant, h la loi du respect, et achève d'approfondir ce grand sujet.
Le cinquième livre enfin, qui traite du condisciple, agite l'importante question de l'éducation privée et de l'éducation publique.
Le troisième volume a pour titre : les Hommes d'éducation.
« Bien que l'auteur ait principalement et presque exclusivement en vue les établissements ecclésiastiques et par conséquent le personnel tout spécial de ces maisons religieuses, on retrouve dans le portrait qu'il fait du Supérieur une foule de traits qui conviennent à tout chef d'institution. Le choix des collaborateurs, le soin de les former, pour renseignement et pour la discipline, les qualités essentielles (d'être l'homme de la règle, l'homme des conseils, l'homme d'action, enfin l'homme de prière) donnent lieu à une suite de recommandations empreintes d'une sagesse profonde. Les conseils qui s'adressent aux maîtres sont d'un intérêt moins général ; ils sont minutieusement appropriés au régime des établissements ecclésiastiques. Notons un chapitre de haute pédagogie morale, sur le système des fonctions simultanées, qui, au lieu d'enfermer étroitement chaque maître dans ses fonctions spéciales, l'un dans la discipline, l'autre dans l'enseignement, impose à chacun le devoir de prendre part et de s'intéresser à toutes les parties de l'éducation. Pour réaliser, pour soutenir une telle continuité de dévouement, l'auteur ne connaît qu'une puissance au monde, la religion.
» L'avant-dernier livre revient sur l'étude de la nature de l'enfant, et entre plus avant dans l'examen de ses défauts les plus graves (surtout au point de vue des mœurs) et des moyens de les corriger. On y retrouve des observations psychologiques très judicieuses1. »
Tel est ce grand traité de V Education en général. Le