‹ Vie de mgr. DupanloupChapitre 89 sur 231 · CHAPITRE Mil. li · texte numérisé non relu

CHAPITRE Mil. li

nément ; pour parler de cette Fronce généreuse et terrible, diles-vous, douée, à ses riques et périls, d'une étemelle jeunesse, et qui ne fait jamais tout craindre sans laisser tout espérer, vous trouvez toujours des accents d'une tendresse pleine de fierté. Ministre des espérances éternelles, vous ne connaissez pas le découragement des âmes disproportionnées à leur tache, les impatiences des caractères médiocres et des esprits courts. Vous avez une habitude de chercher de préférence les hauteurs et de les trouver, qui vous font voir de plus loin. Tout cela vous donne les vastes horizons, les pensées sérieuses, le digne langage, la richesse de couleur, que votre imagination prodigue, mais sans s'épuiser. En toute chose, vous aimez le grand ; c'est le signe des nobles natures. Aussi peut-on vous prendre pour guide avec certitude, on ne risquera pas de descendre; votre pensée s'élève toujours; elle élève les sujets, les lecteurs, parfois même les adversaires, et, à la suivre, il n'y a pas de péril...

y> En vous lisant, on apprend bien vite que c'est votre besoin naturel des grands essors qui a fait votre destinée. .. Vous êtes prêtre, vous l'êtes dans votre existence entière, et c'est vous qui avez défini le sacerdoce, Y apostolat qui ■prêche, qui combat, qui se dévoue, qui se sacrifie. Vous avez oublie un mot : qui enseigne... Oubli étrange! car c'est un autre emploi perpétuel de vos forces et de vos lumières qu'il me reste a considérer. C'est un second apostolat, qui a tenu tant de place dans votre vie, qu'il aurait suffi à la remplir tout entière. Vous avez été, pendant plus de vingt-cinq années, un corps enseignant à vous seul, menant de front les deux missions du ministère évangelique et de l'éducation de la jeunesse, de manière qu'on eût pu vous croire tout entier a chacune d'elles, et vous nous avez dit le principe et la fin de cette laborieuse vocation tout à l'heure, dans cette séance, par une parole qui vous a paru toute simple, et qui a fait tressaillir sur ces bancs toutes les mères, qui est allée au fond de nos âmes à tous, et y a porté, avec un religieux recueillement, bien des clartés: c'est que Y enfance a été le premier amour de votre vie et en sera le dernier. Ah ! il n'y a que le

prêtre catholique dans ce monde qui puisse trouver dans le fond de son cœur ce cri sublime ! »

Telle fut cette séance, également glorieuse, nous le répetons, à la religion et aux Lettres, « Je me souviens, a écrit le cardinal Lavigerie l, qu'après sa réception à l'Académie il répétait avec des transports : « Je leur ai » fait applaudir l'Évangile! Je leur ai fait acclamer Jésusy> Christ ! » 11 ne voulait pas permettre qu'on vit autre chose dans son discours. » Et tel il fui là dès le premier jour, tel il y sera jusqu'à la fin. Bossuet, au dix-seplieme siècle, avait fait voir un evèque à la cour: Pevèque d'Orléans, au dix-neuvième, fit voir un evèque à l'Académie.

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