‹ Vie de mgr. DupanloupChapitre 93 sur 231 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

vant le péril, il avait pris pour sujet de cette instruction pastorale, la Liberté de l'Eglise. Certes, au moment où le pouvoir personnel s'établissait dans notre pays, faire à cette liberté sainte un rempart de .sa parole, et dire à ce souverain, maître de nos libertés : « Celle-là du moins, n'y touchez pas ! » et aux catholiques trop prompts à se prosterner : « Prenez garde, celle-là aussi est dans ses mains ! » c'était sage et prévoyant.

Et quel noble langage î « L'attitude toujours calme et digne, toujours forte et pacifique, et quelquefois stoïque de l'Eglise, pour maintenir et revendiquer celte liberté sacrée qui fut toujours le premier de ses biens ; » voilà ce que d'abord il rappelait. Et les combats de l'Eglise de France pour sa liberté : pendant la Terreur révolutionnaire, « où une croix de bois, des calices de verre et des prêtres d'or, lui suffirent encore une fois pour sauver les âmes » ; — sous cet Empire c qui voulut la relever sans la rendre libre » ; — même sous la Restauration, qui, « généreuse d'ailleurs envers l'Eglise, n'osa pas lui donner la seule chose qui ne la compromettra jamais, la liberté 1 ; tels étaient les premiers témoignages qu'il invoquait. Puis, à côté des belles paroles des anciens Pères, de Tertullien, de saint Atnbroise, de saint Cyprien, de saint Augustin, sur cette inaliénable liberté, il plaçait les revendications non moins fortes des Bossuet et des Fénelon : et revenant à la situation présente, et rappelant noblement ce que le gouvernement qui venait d'être renversé, la Republique de 1848, avait fait pour la religion, les libertés qu'elle lui avait rendues : la liberté de l'enseignement, la liberté de ses conciles, la liberté de son Pontife, il en arrivait enfin aux grandes leçons :

« Bien différentes des puissances temporelles, que trop souvent les faveurs de la fortune enivrent et perdent, l'Eglise a toujours su, dans son immuable sagesse, gouverner sa prospérité. Les leçons qu'elle offre là-dessus aux autres, elle se les donne à elle-même ; les faveurs des princes comme les acclamations des peuples, ne la trouvent jamais ingrate, mais jamais non plus trop confiante. * Elle sait qu'il n'y a pas loin de l'entrée triomphante

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