‹ Vie de mgr. DupanloupChapitre 94 sur 231 · TI · texte numérisé non relu

TI

de Jérusalem au Calvaire, ni de YHosanna au Crucifigatur!

» De ces grands souvenirs elle conclut que les prospérités sont aussi pour elle des épreuves que son immortel époux, lui envoie, et pour lesquelles il lui demande et lui impose des vertus comme pour les temps de l'adversité ; et, jetant les yeux sur ces glorieuses annales, elle voit qu'il n'y eut pas moins d'honneur pour elle à garder sa liberté pure et sa dignité inaltérable sous Constantin qui la protégeait, qu'à se montrer héroïque et invincible sous Dioclétien, son persécuteur.

» Cette Eglise sainte n'est pas autre à cette heure qu'elle fut dans tous les temps.

» Quoi qu'il arrive, l'œuvre de Dieu est toujours la sienne ; c'est la seule dont l'Eglise sera chargée sur la terre ; l'on ne songera jamais à lui en demander une autre : elle répondrait qu'elle est sans mission pour y travailler.

» Et à Dieu ne plaise qu'en remplissant le devoir de la charité et de la prière, elle paraisse s'associer à aucune passion, flatter aucun parti, insulter aucun malheur!...

» Dans tous les événements permis par la Providence, et au milieu desquels l'Eglise prie, il y a. par le fait, toujours à prier. Il y a toujours un bien possible, une espérance légitime, des grâces importantes a demander. »

Si le pouvoir nouveau n'eût pas été fondé à s'irriter de ce langage, il était impossible aussi qu'aucun vaincu du coup d'Etat en fut blessé. Quand un évèque a parlé de la sorte, d'autres peuvent avoir une autre attitude, l'honneur de l'Eglise est sauvé ! M. de Montalembert lui écrivit : a Je viens de lire avec une admiration sans bornes et sans réserve votre mandement sur la liberté de l'Eglise à l'occasion de la proclamation de l'Empire. La vérité, la justice, la dignité, l'opportunité éclatent à chaque ligne. Ce grand acte vous a placé à la tête de l'épiscopat français. »

<(. M. de Montalembert, a écrit un de ses amis l, avait eu vingt jours d'illusion ; mais, enfin, il n'avait point renié la liberté, il ne l'avait point insultée, il s'était abstenu de

|. M. Foisset, Vie du P. Laconlaire, t. H, p. 192.

Page 1