‹ Vie de mgr. DupanloupChapitre 96 sur 231 · M3r Vèvêque d'Orléans, par M. do Falloux · texte numérisé non relu

M3r Vèvêque d'Orléans, par M. do Falloux

« Augerville offrait naguère l'hospitalité à M. Thiers et a M. de Falloux, sous prétexte de fêter ia présence de l'évêque d'Orléans. Les apparences étaient inoffensives, mais dissimulaient un complot : le but était de vaincre l'opposition de M. Thiers à l'entrée de M. de Falloux à l'Académie. La résistance était tenace : pour en triompher, il fallait un grand holocauste. M. Dupanloup et M. de Falloux n'hésitèrent point : ils s'engagèrent à faire campagne en l'honneur du drapeau tricolore; M. Thiers promit son vote. » Or l'élection de M. de Falloux avait eu lieu, et M. Thiers n'avait pas voté pour lui. Le plus plaisant était que les journaux les plus scandalisés en apparence étaient précisément ceux qui avaient donné le plus de gages à l'Empire. L'évêque d'Orléans n'accorda à cette indignité que le sourire triste qu'il donnait aux choses de ce genre, accoutumé qu'il était, depuis longtemps, aux iniquités delà polémique. On inventera plus tard, avec la même vérité, le complot de La Roehe-en-Bren\ , et le scandale d'Orléans. .Mais rêverons à notre sujet.

Cette attitude d'un évèque, ni courtisan, ni factieux, ni rétrograde, ami de son pays et de sou temps, était comprise et respectée. Et, d'ailleurs, on le savait, quelles que fussent ses préférences personnelles, il plaçait au-dessus de tout la France; ne refusait pas au gouvernement de justes éloges, quand il pouvait louer sans flatter; de la même voix dont il va tout à l'heure célébrer Jeanne d'Arc, il exaltera avec les accents du plus pur patriotisme les victoires de nos soldats en Crimée1.

Venu à Orléans au moment où la France, incertaine encore de ses destinées, attendait avec anxiété l'avenir, il avait trouvé, dans l'administration, nonobstant quelques insultes passagères de la presse républicaine locale, des égards auxquels il sut répondre, et qu'au lendemain du 2 décembre, il n'était pas obligé de repousser. On aura beau parler de séparation de l'Eglise et de l'Etat, par la nature des choses, surtout sous un régime concordataire,

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