NOVEMBRE 1857 — 31 DÉCEMBRE
Mgr Taché trouva à Saint-Boniface neuf Oblats, à savoir les sept Pères ou Frères arrivés d'Europe dans le cours de l’année, et en outre le P. Lestanc et le P. Yégreville.
Le P. Bermond avait quitté la Rivière-Rouge le 25 août, pour aller à Montréal et prendre la haute direction des naissions de l’Orégon, dont il avait été nommé Visiteur. Le P. Lestanc fut nommé économe à sa place.
Mgr Taché se trouvait heureux de vivre dans une communauté aussi nombreuse. “ Vous vivons, écrit-il à Mgr de Mazenod, dans la plus cordiale entente; la règle est observée; les esprits paraissent tranquilles et les cœurs contents. La retraite, que des circonstances particulières nous forcent de remettre au mois de décembre, ne pourra que fortifier nos bonnes résolutions et nous ménager les grâces dont nous avons besoin pour les mettre en pratique. Aussi, Monseigneur, je vous assure que je suis vraiment heureux et satisfait au milieu de notre communauté. Nous n’avons point d’étranger avec nous, et nous vivons en famille (1).” “Ce qui me procure une joie bien douce, c’est que tous nos Pères ont l’air contents de leur sort : leur bonheur fait le mien (2).” “Je suis heureux, très heureux, au milieu de mes Frères, écrit-il quelques mois plus tard; je n’ai jamais été plus heureux et je ne désire pas l’être davantage (3).” “ Je suis heureux, écrit-il à sa mère, vivant au milieu de mes prêtres, comme un père au milieu d’enfants dévoués; je suis
(1) Saint-Boniface, 23 novembre 1857. — Archives de la Maison générale des Oblats.
(2) Lettre à Mgr de Mazenod, Saint-Boniface, 8 janvier 1858. — Ibid.
(3) Lettre au même, Saint-Boniface, 10 mars 185S. — Ibid.
Anniversaire do sacre épiscopal.
Délais du sacre de Mgr G randin.
constamment l'objet de leurs attentions et de leurs bons offices. Nos chers Frères me donnent aussi beaucoup de consolation et font beaucoup de bien. Nos bonnes Sœurs, si pieuses, si dévouées, m’exhortent à la vertu par la pratique de leurs devoirs. Tout semble calculé par le bon Dieu pour me dédommager du sacrifice que m'a imposé mon départ du Canada (1). ”
Quelques jours après le retour du prélat, se trouvait l’anniversaire de son sacre. Au Canada, comme dans les anciennes Eglises, cet anniversaire est une fête pour le clergé et pour le peuple. Les Pères réunis à l’évêché et les fidèles de Saint-Boniface prodiguèrent ce jour-là à l'Oint du Seigneur les témoignages de leur vénération et de leur attachement. Cet épanchement spontané des cœurs de tous apporta à l’âme sensible du prélat de saintes et joyeuses émotions. “Nos Pères reposent et moi je veille, écrit-il la nuit suivante à son consécrateur : je veille parce que je ne veux pas laisser passer ce jour, sans vous adresser au moins quelques mots, sans vous faire part des impressions de la circonstance. C’est aujourd’hui le 23 novembre, il y a aujourd’hui six ans que vous avez fait couler sur mon front l’huile sainte, que vous m’avez remis le bâton pastoral, que vous m’avez fait asseoir au rang des princes de l’Eglise. Ce jour de l’anniversaire de mon sacre m’a naturellement porté à vos pieds, pour vous témoigner mon respect, mon attachement, je dirais, ma reconnaissance, si mes faibles épaules avaient été mieux disposées à recevoir l’honorable fardeau que vous leur avez imposé (2). ”
Mgr de Saint-Boniface a demandé un coadjuteur au commencement de l’année qui va finir. Le Saint-Siège a donné le bref de sa nomination le 11 décembre. Si l’élu devait être sacré à Saint-Boniface, il pourrait l’être bientôt ; mais Mgr de Mazenod tient à donner lui-même l’onction» sainte à ce fils de sa ten-
(lj Riviere- Rouge, 10 janvier 1858. — Collection de M. de la Rroquerie- Taclié, n° 65 bis.
(2) Leltre à Mgr de Mazenod, Saint-Boniface, 23 novembre 1857.
ARCHEVÊQUE HE SAINT-BONIFACE
dresse, comme auparavant à Mgr Taché. Or le P. Grandin se trouve nécessaire aux missions du Nord. C'est pourquoi il faut différer le sacre. “Je tiens ce choix caché, écrit l’Evêque de Saint-Boniface à Mgr de Mazenod le 11 janvier 1858, et je vous prie d’en faire autant. Je comprends le désir que vous avez de sacrer vous-même ce cher enfant. Il faudra pour cela retarder le sacre, car il est impossible pour l’été prochain de déplacer ce bon Père Vital- Justin. L’été suivant, je me propose d’aller le remplacer, et alors je pourrai vous le prêter pour un hiver, pour que vous en fassiez un pontife animé de votre esprit, digne de votre cœur (1). ”
Et en effet, l’élu connaîtra sa nomination à la fin de juin 1858, sera sacré au mois de novembre 1859, et ne sera de retour à Saint-Boniface qu’en juillet 1860 et à l’Ile-à-la-Crosse que le 4 octobre suivant. “ Si tout n’est pas sage dans nos voies, pourra dire Monseigneur Taché, ce n’est pas l’excessive célérité qui en est le vice principal (2). ”
En attendant, Mgr l’Evêque de Saint-Boniface, pour la première fois dans son diocèse, conférait les ordres à un autre Oblat destiné, lui aussi, à devenir l’un des princes de l’Eglise. Le F. Clut fut ordonné diacre à Saint-Norbert le dimanche qui suivit l’anniversaire du sacre de l’Evêque, et prêtre un mois environ après, le 20 décembre, dans la cathédrale de Saint-Boniface. “ C’était la première ordination, ” nous venons de le dire, “ que Mgr Taché avait la consolation de faire dans son diocèse. Les pauvres évêques missionnaires, dit mélancoliquement le prélat, ne goûtent que bien rarement le bonheur de donner l’onction sainte aux collaborateurs dont ils ont pourtant un si grand besoin ( 3 ) . ”
Nous venons de nommer Saint-Norbert, l’ancienne mission de la rivière Sale, à trois lieues de Saint-Boniface. On peut
(1) Archives de la Maison générale des Oblats.
(2) Vingt années de Missions . . p. 94.
(3) Lettre à Mgr de Mazenod, 13 novembre 1857.— Vingt années de
Missions . , p. 94.
Ordination du P. Clut.
Fondation de la paroisse de St-Norbert.
Fondation du couTent de St-Norbert.
Premiers commencements de Ste-Amne des Chênes.
fixer la fondation définitive de cette paroisse, à l’époque où nous sommes, à la fin de l’année 1857. Jusqu’alors, son église avait été desservie par un prêtre envoyé chaque fois de Saint-Boniface. A la fin de 1857, Mgr Taclié y plaça le P. Lestanc pour y résider continuellement, et lui adjoignit pour l’hiver le P. Eynarcl et le F. Ivearney, que nous verrons partir ailleurs pendant l’été suivant.
LTne année plus tard, le 29 décembre 1858, Mgr Taché conduisit lui-même à Saint-Norbert deux Sœurs Grises, les Sœurs Laurent et Dan durand, pour y tenir l’école. Un certain nombre des principaux habitants de Saint-Norbert vinrent à la rencontre des Sœurs jusqu’à Saint-Boniface; tous les autres habitants se trouvèrent à leur arrivée près de l’église de Saint- Norbert. pour les saluer par des hourras et des décharges d’armes à feu. Le cortège entra dans l’église, et Mgr Taché, dans une allocution sortie de son cœur si aimant, offrit aux fidèles, en guise d’étrennes, les religieuses qui venaient se dévouer à l’éducation de leurs enfants. L’Evêque donna à la communauté nouvelle un terrain de quatre chaînes de largeur sur la rue de l’église s’étendant en profondeur jusqu’à la rivière Ponge, et de plus, sur la rive orientale de cette rivière, une autre terre de six chaînes de largeur sur deux milles de profondeur (1).
Un certain nombre de métis s’étaient fixés vers 1856 à l’extrémité orientale des prairies de la Rivière-Rouge, sur la lisière de la forêt, à la Pointe-des-Chênes. Nommons J. -B. Perreault,» Basile Laurence, T. Grouette, Jean Racine, John Porter, J.-B. Lemire, J.-B. Yaliquette, Francis Nolin, etc. “ Dans l’hiver de 1858, à l’occasion d’un accident qui coûta la vie à B. Laurence, le R. P. Simonet alla le premier en ce lieu offrir le saint sacrifice de la messe. En 1859, Mgr Taché chargea le R. P Le Floch, alors curé de la cathédrale, de desservir la nouvelle mission, et au moins tous les mois, lés bons et religieux habitants avaient la consolation de recevoir la visite du prêtre. Le bon
(1) Notes recueillies par les Sœurs Grises dans leur Chronique.
ARCHEVÊQUE DE SAINT-BONIFACE
père Morin, comme on l’appelait alors, donnait toujours au prêtre une cordiale hospitalité, et c’est dans sa maison que le missionnaire disait la sainte messe et remplissait les différents offices de son ministère ( 1 ) . ” Les colons eux-mêmes venaient chercher chaque fois le prêtre à Saint-Boniface et l’y ramenaient. Le P. Le Floch, originaire de la Bretagne et dévot serviteur de sainte Anne, donna à la mission qu’il desservait le nom de la patronne si chère à sa patrie (2). Ce ne fut que plus tard, en 1864, que le zélé missionnaire fit construire la première chapelle à Sainte-Anne, dans le domaine de M. Morin, et plus tard encore, en 1870, que la paroisse eut un prêtre résidant.
Nous voyons, à l'origine de l’Eglise, “ l’homme ennemi ” Epreuves de semer l’ivraie dans l'Eglise de Corinthe et parmi les Galates crosse, après le départ du fondateur, l’Apôtre des Gentils. Quelque chose de semblable s’est produit à l’Ile-à-la-Crosse après le départ de Mgr Taché, le fondateur de cette chrétienté sauvage.
Le P. Végreville, laissé par le prélat à la tête de la mission, se trouva bientôt, malgré son talent et son dévouement, en face de difficultés, de résistances et de défections étranges. Ne sachant que faire, il finit par quitter l’Ile-à-la-Crosse et retourner à Saint-Boniface. Le P. Grollier demeuré seul à la mission, ne savait comment lutter contre le mal.
Mgr Taché apprit ces événements, à son retour d’Europe, pendant qu’il était encore clans le Canada.
Il écrivit aussitôt au P. Grandin de se rendre le plus vite possible à l'Ile-à-la-Crosse. Il voulait à la fois secourir la mission de Saint- Jean-Baptiste par le missionnaire le plus richement cloué des dons de la nature et de la grâce, et le rapprocher de Saint-Boniface pour pouvoir lui communiquer bientôt les desseins de ses supérieurs sur lui.
La lettre de Mgr Taché parvint au P. Grandin d’une façon bien extraordinaire. Le porteur de la malle, le bourgeois An-
(1) Le Manitoba, n° du 21 décembre 1893.
(2) Ibid., n° du 22 mars 1888.
derson arriva à Athabaska, vit le P. Grandin et les autres Pères, oublia qu’il portait des lettres à leur adresse et repartit sans les leur remettre. Mais plus loin, il se ressouvint des lettres, les enveloppa soigneusement dans de l’écorce de bouleau, et les suspendit à un arbre, au milieu d’un portage, avec quelques mots d’explication et d’excuse à l’adresse du P. Grandin et des autres Pères d’ Athabaska. Ces lettres, confiées de la sorte à la Providence ainsi qu’à la loyauté de tous les passants, furent trouvées par le P. Grandin lui-même. Ce Père s’était mis en route à la suite du commissionnaire oublieux, pour se rendre au Grand Lac des Esclaves, selon des instructions antérieures de son Evêque. Après plusieurs jours de marche, arrivant au portage, il remarqua le porte-feuille d’écorce, le déplia, y trouva la lettre à son adresse et la lut. Les nouvelles instructions de l’Evêque étaient très précises.
“ Monseigneur, raconte-t-il, me donnait pour obédience de me rendre à l’Ile-à-la-Crosse, afin que le P. Grollier lui-même pût se rendre au Grand Lac des Esclaves. Je dus continuer pourtant ma marche vers le Grand Lac des Esclaves, jusqu’à la rivière au Sel, convaincu que chez Beaulieu je trouverais les moyens de m’en retourner. Mais le passage des barges avait épuisé les provisions de cette honorable famille.
“ Père, me dit le vieillard, je n’ai que deux petits jeunes gens “ à te donner; je les fournirai de plomb et de poudre et j'espère “qu’ils te feront manger du canard; mais, dans ces conditions, “tu ne pourras pas aller vite.” Les vieilles Montagnaises savent toujours garder une poire pour la soif; elles trouvent deèréserves dans les besoins pressants. “ J’ai encore en cache, dit “la vieille Beaulieu, un peu de viande pilée, et cette nuit, je “ pourrai faire un petit pémikan pour le Père. ” C’était fort heureux, car remontant le courant, s’il arrivait que le chasseur brisât l’aile du canard, ce canard* blessé plongeait aussitôt et s’éloignait dans le sens du courant: il fallait alors y renoncer (1). ” Après quelques jours, le P. Grandin était de retour à
(1) Mgr Grandin, Notes sur Mjr A. Taché, 0 3/. 1.
ARCHEVÊQUE HE SAINT-BONIFACE
Athabaska, à la grande surprise du P. Faraud, ajoutons, à son grand embarras ; en effet, “il fallait trouver un canot, des provisions et deux hommes capables,” ce qui était très difficile à cette saison, car “ tous les sauvages étaient éloignés. ” Le P. Faraud finit par trouver deux hommes, “ dont l’un, le guide, était presque aveugle, ” et un canot " assez grand, mais vieux, qu'il fallait gommer à chaque instant, ” avec de la graisse et du poisson pilé, " un pémikan, inconnu des mangeurs de buffalo. ” “ C’est ainsi équipé, continue le voyageur lui-même, que je pus partir le 1er septembre dans la direction de Plle-à-la-Crosse. J’arrivai le 14 au Grand Portage la Loche, après force incidents qui nous avaient fort retardés; par suite de pluies continuelles et de l’eau froide qui rentrait dans le canot, les nerfs d’une de mes jambes s’étaient raccourcis ; je ne pouvais plus marcher qu’avec l’aide de béquilles improvisées. Au Portage la Loche, je me consolais par la pensée que j’avais fait un excellent chemin de croix. Continuant la route, j’arrivai à l’Ile-à-la-Crosse le dimanche 20 Septembre, fête de Notre-Dame des Sept-Douleurs. Deux hommes allaient partir pour Fort Garry; je profitai de 1 occasion pour écrire deux mots à mon Evêque : “ J’arrive, lui disais- “ je, mais je suis un homme fini pour les missions: je pourrai “ encore travailler à poste fixe, mais il ne me sera plus possible “ de voyager, car j’ai une jambe que je ne puis plus allonger. ” Heureusement, cette lettre n’arriva pas à destination : les hommes firent naufrage dans un rapide et furent bien contents de se sauver avec la vie: Mgr Taché eût été fort déconcerté s'il eût reçu la lettre que je lui adressais. Par ailleurs, le mal ne fut pas aussi grave que je le présumais : le bourgeois de l’Ile-àla-Crosse, M. Deschambault, avait de l’eau-de-vie camphrée : après quelques jours de friction, ma jambe reprit son état ordinaire (1) . ”
Le P. Grandin donna aussitôt la mission - aux Montagnais, pendant que le P. Grollier la donnait aux Cris. Après cette double mission, le P. Grollier se mit en route pour Athabaska et
(1) Mgr Grandin, Notes sur Mgr A. Taché.
Extension des missions du Nord.
le Grand Lac des Esclaves. Demeuré seul à l’Ile-à-la-Crosse, le P. Grandin, malgré son état de faiblesse, grâce aux grandes qualités de son esprit et de son cœur, put, par une action toute de bonté et de douceur, faire peu à peu disparaître les semences de division et de mécontentement et réunir tous les esprits dans la charité: tout rentra dans l’ordre, pour un temps du moins. “Ces sauvages qui, disait-on, s’attachaient exclusivement à leur premier missionnaire, ne firent, raconte-t-il, aucune difficulté de m’écouter, quand je dus prendre la charge de la mission. Sous ce rapport, les changements se faisaient aussi facilement que dans les paroisses chrétiennes de nos pays, dès lors que le missionnaire pouvait se faire comprendre ( 1 ) . ”
Le P. Végreville reconnut humblement qu’il avait eu tort d’abandonner la mission de l’Ile-à-la-Crosse, alla se jeter aux pieds de son Evêque, quand celui-ci arriva à la Rivière-Rouge, lui demanda pardon et lui promit “ de ne rien négliger pour mieux faire (2). ” Mgr Taché l'employa pendant l’hiver à desservir la population de Saint-Charles, le chargea au printemps d’aller donner une mission aux chrétiens du lac Manitoba, puis, au commencement de juin 1858, content de son humilité et de ses services, (3) le renvoya à l’Ile-à-la-Crosse, auprès du P. Grandin. •Celui-ci le chargea de passer l’automne au portage la Loche, oit la Compagnie de la Baie d’Hudson avait établi un comptoir, et où les missionnaires commençaient une nouvelle mission, dite mission de la Visitation, pour les nombreux sauvages qui s’y rendaient. Là, comme à Saint-Charles et au lac Manitoba, le P. Végreville se conduisit avec autant de discrétion que de dévouement.
Cependant “ le puissant renfort ” amené par Mgr Taché d’Europe et du Canada, “ assurait aux missions une plus grande extension, au bien à faire un plus grand développement, à ”
(1) Mgr Grandin, Notes sur Mgr Taché.
(2) Lettre de Mgr Taché à Mgr de Mazenod, Saint-Boniface, 8 janvier 1858. — Archives de la Maison générale des Oblats.
(3) Ibid.
ARCHEVÊQUE DE SAIXT-BONIFACE
l'admirable “ Congrégation ” des Oblats une plus riche somme de mérites, de grâces et de bénédictions (1).- ” Ce fut surtout le bassin d’Athabaska-MacKenzie qui profita de cet heureux renfort.
“ Il est bien connu de tous les ordres religieux que les mis- 1 sions d’Athabaska-MacKenzie sont, sans excepter, celles de la Chine, de la Corée et du Japon, les plus dures, les plus pénibles du monde entier (2). ” Mais précisément parce qu'elles présentent continuellement la croix, elles attirent les héros de Marie Immaculée.
Les Oblats y ont deux établissements, celui d’Athabaska ou de la Nativité, où est le P. Faraud, et celui du Grand Lac des Esclaves, auquel Mgr Taché vient de donner pour supérieur le P. Grollier, l’héroïque Oblat “ qui va bientôt se diriger vers le pôle nord pour n'en plus revenir et y terminer sa noble carrière (3). ”
Ce poste du Grand Lac des Esclaves “ devenait d’une bien grande importance: important par lui-même , parce qu’il est le rendez-vous d’un grand nombre de tribus, dont les heureuses dispositions avaient déjà tant réjoui le cœur des apôtres de Jésus-Christ; important aussi, parce qu’étant le poste le plus avancé, il allait devenir Je foyer d’où jaillirait la lumière bienfaitrice jusqu’aux régions les plus éloignées (4). ”
Au commencement de juin 1858, Mgr Taché envoya dans le 2. bassin d’Athabaska-MacKenzie deux. Pères et deux Frères convers: le P. Clut et le F. Kearney pour rejoindre à la Nativité le P. Faraud ; le P. Eynard et le F. Perréard pour renforcer le P. Grollier à la mission de Saint-Joseph. “Une circonstance de leur départ, écrit Mgr Taché, m’a singulièrement affligé: ils se sont mis en route en la compagnie d’un ministre protestant qui
(1) Vingt années de Missions . , p. 95.
(2) L’hon- Prendergast, Mgr Taché, dans le Manitoba , 11e du 28 juin
(3) Vingt années de Missions . , p. 96.
(4) Ibid., p. 97.
. Les postes établis.
L’archi¬
diacre
Hunter.