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IV • do l'hon

le 17 au soir. McDuugaii.

L'hon. McDaugall continuait de se tenir à Peml)ina. Sur le point d'entrer dans le territoire de la colonie, il lance deux proclamations.

La première, datée du 1er décembre, annonce, " au nom de Sa Majesté la Eeine d'Angleterre, " " le transfert des territoires du ISTord-Ouest à la Puissance du Canada, " et déclare qu'il

(1) Témoignages de A. O.K. Bannatyne , p. 12.").

(2) Témoignages de Th. Bunn devant le Comité du N.-O., pp. I lG-117.

est " le Lieutenant-Gouverneur des dits territoires " et }' exercera désormais ses pouvoirs.

La seconde, datée du 1er décembre aussi, nomme John Stoughton Dennis comme son " lieutenant et conservateur de la paix dans les territoires du Xord-Ouest, et à ce titre et comme tel l'autorise à lever, organiser, armer, équiper, approvisionner une force suffisante dans les dits territoires, et, avec la dite force, attaquer, arrêter, désarmer et disperser " tous ceux qui s'opposeraient à l'exécution du premier décret ; " et, à cet effet, avec la dite force assaillir, faire feu, abattre, renverser ou enfoncer tout fort, maison, retranchement " où les opposants " pourraient se trouver (1). "

Le Gouverneur d"Assinil)oia. (lui avait jusqu'alors administré le pays au nom de la Compagnie de la Baie d'ïïudson, crut à la légitimité de ces actes et abdiqua l'autorité qu'il avait jusqu'alors exercée. Ceux qui voulaient l'annexion au Canada ou "le parti canadien," ainsi que la généralité des sauvages de la région, acceptèrent avec empressement ces déclarations et prirent les armes ])0ur aider le colonel Denni^^. La population anglaise ne bougea pas, tout en croyant à la valeur des actes de ^I. Mc- Dougall.

De son côté, le colonel Dennis '' commence à armer le peuple contre les Français, enrôle un certain nombre d'étrangers qui venaient d'arriver et qu'on appelait le parti canadien, se saisit du Fort Garry d'en Bas " ou Fort de Pierre, " arme et équipe un certain nombre de sauvages avec leurs chefs, mais il ne réussit pas à obtenir le concours des anciens colons" anglais (2). Au contraire il est blâmé par l'évêque anglican MaChray, par l'archidiacre McLean et par les principaux Anglais. Puis, mécontent de tout le monde, il abandonne la colonie et retourne à Pembina.

Après son départ, "les membres du parti canadien, se ré-

(1) Livre bleu ai 1S70, p. 10!».

(2) Témoignage» de A.G.-B. Baunaiijve iJrvmd le Comité du X.O., p. 124.

proclamation.

unissent avec leurs; armes dans la maison du Dr Sclmltz, à Winnipeg, donnant pour raison qu'ils protègent la propriété privée du Dr Seliultz et du gouvernement canadien, bien (|u'on ne se fût emparé d'aucune propriété à cette époque ( 1 ) ." Tous les colons, ceux de langue anglaise comme ceux de langue française regardent '^' le colonel Denuis et son parti comme des enva-' hisseurs, tout comme ils eussent considéré des sauvages qui eussent envahi la colonie (2)."

Le 7 décembre, le Conseil National fit investir dans la ^""-parti^ca^"' soirée la maison du Docteur Schultz et fit prisonnier le iiarti "^'^'•^"•" canadien, qui s'y trouvait réfugié et armé. " Ce coup hardi lui donna un grand crédit dans le pays et lui valut la confiance de la presque totalité de la population, qui n'aimait pas le parti canadien (3). "

Le lendemain, 8 décembre, le Conseil National prit le nom '"^'.u'îerue?'* de Gouvernement Provisoire et lança une proclamation oiî il se ^îreit"»!' déclarait le seul gouvernement légitime du pays.

" Après avoir invoqué le Dieu des nations, disait-il, nous déclarons solennellement au nom de nos constituants et en notre nom, devant Dieu et devant les hommes; l** qu'à partir du jour où le gouvernement que nous avions toujours respecté nous a abandonnés en transmettant à un gouvernement étranger l'autorité sacrée qui lui avait été confiée, le peuple de la Eivière- Eouge et de la Terre de Eupert devient libre de toute allégeance au dit gouvernement; 2** que nous refusons de reconnaître l'au-

(1) Témoignages de A.-G.-B. BavnaUjne dercmtle Comité du N.-O., JK 124.

(2) Mémorandum de Sir George-E. Cartier, Ottawa, % juin 1S1(^. Parmi les documents réunis par le Comité du Nord-Ouest, 1874, pp. 172-179.

(3) "C'est un fait incontestable que les adversaires de la compagnie de la Baie d'Hudson, avant les troubles, étaient, pour la plupart, des colons du Canada, qui semblaient avoir consacré leur énergie à combattre le gouvernement de la Baie d'Hudson et à faire valoir son remplacement par les autorités canadiennes. Ce-s quelques Canadiens, par leur opi^osition et leur attitude contre la compagnie de la Baie d'Hudson, s'étaient rendus très désagréables et même, jusqu'à un certain point, détestables à presque tous le.s métis lie toutes le.-i origines et toutes les croyances religieuses, lesquels avaient appris à aimer et à respecter le régime patriarclial de la compagnie de la Baie d'Hudson." — Mémorandum de Sir GeorgeE. Cartier sur les troubles de la Rivière-Rouge. — Rapport du Comité du Xord-Ouist, p. 174.

torité du Canada, (jui prétend avoir droit de nous l'imposer contrairement à nos intérêts et à nos droits de sujets britanniques; 3" qu'en envoyant, le lor novembre dernier, une expédition militaire pour chasser de notre territoire William McDougall et set compagnons, venus du Canada ]x>ur nous gouverner en despotes, sans aucune notification préalable, nous avons agi conformément au droit sacré qui commande à tout citoyen de s'opposer énergiquement à l'envahissement de son pays ; 4*> que nous continuons et continuerons à nous opposer de toutes nos forces à l'établissement de l'autorité du Canada dans notre pays sous la forme annoncée. Dans le cas de persistance de la part du gouvernement canadien à poursuivre son odieuse politique de nous soumettre par les arme^, nous protestons de nouveau c(mtre cette honteuse démarche et nous déclarons le gouvernement canadien responsable devant Dieu et devant les hommes des maux innombrables que causera son injustifiable entreprise. Que désormais il soit connu du monde en général et du gouvorneiiient canadien en particulier, que de même (]ue par le passé nous avons défendu notre pays dans plusieurs combats contre les tribus indiennes nos voisines, avec lesquelles nous sonunos amis maintenant, noiis sommes fermement résolus à l'avenir de repousser toute invasion étrangère, de quelque part qu'elle vienne.

"De plus nous déclarons et ijroelamoiis. au nom du \n-n\)]i' de la Terre de Eu)X>rt et du ISTord-Ouest, que nous avons établi un gouvernement provisoire et que nous le tenons pour la seule autorité légale existante maintenant dans la Terre de Rupert et le Nord- Ouest; qu'en attendant nous serons toujours prêts à entrer en négociation avec le gouvernement canadien pour tout ce qui pourrait être favorable au bon gouvernement et à la prospérité de ce peuple. Pour soutenir ces déclarations, nous nous appuyons sur la divine Providence et nous nous engageons nous-mêmes par serment sur nos vies, nos biens et notre honneur. "

Cette déclaration est signée de John Bruce, président et de L. Riel, secrétaire. Elle est faite par les métis français " dans la fête de l'Immaculée Conception, " dans la fête de celle à laquelle

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^Igr rroveiiflier a dédié le territoire de la Jiivièro-Tîougo et sous les auspices de laquelle, précisément ce même jour, Pie IX tient la première session du eoiieile du A'atican.

Les métis procédèrent à une nouvelle élection de leurs conseillers et placèrent L. Riel à leur tête et à la tête du Gouvernement Provisoire avec le titre de Président.

Huit jours après., le 1(3 décembre, le colonel Dennis, qui était eomnjission du

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oncore à J einbina et n avait pas renoncé à son plan d'é- nisaMonk-

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