Première partie de la thës
jour de huit jours à Ottawa, les promesses qui lui furent données par les principaux Ministres, par le Ministère en corps et le Gouverneur Général ; il reproduit même tout au long la lettre autographe que lui remit celui-ci, la veille de son départ (1).
Puis il pose sa thèse: " Comme thèse générale, dit-il, je n'ai pas la moindre hésitation à dire que ce qui se passe aujourd'hui à Manitoba et dans le Nord-Ouest, par rapport aux écoles, est vue violation flagrante et inexplicable des assurances données à la population catholique de ces vastes contrées. . . La nouvelle législation de Manitoba et du Nord-Ouest sur les écoles est contraire aux assurances données, et, tant qu'on ne remédiera pas d'une manière efficace et convenable à cet état de choses, je resterai convaincu jCjue l'équilibre social est rompu en Canada et que cette perturbation est le résultat :
!•* De la violation de la promesse royale;
2* Du sacrifice de l'autonomie fédérale;
3° De l'abandon de la minorité aux injustes vexations de la majorité.
Le vigoureux polémiste démontre successivement les trois parties de sa thèse.
Premièrement, dit-il, les nouvelles lois scolaires du Manitoba et du Nord-Ouest sont une violation flagrante des promesses royales.
"Lorsque j'eus riionncur de rencontrer le Gouverneur Général à Ottawa, en 1870, il insista d'une manière tout« particulière sur la valeur des garanties qu'il offrait, puisqu'il n'agissait pas seulement d'après l'avis d'un Ministère responsable, mais bien comme le représentant direct de notre gracieuse Souvey raine, ayant, comme le disait Son Excellence, reçu une direction spéciale à cet effet, du gouvernement de Sa Majesté (2)."
L'auteur prouve cette assertion par les dépêches de Lord Granville, la proclamation du Gouverneur Général et spécialement par sa lettre autographe, et il conclut : " Si la proclama-
(1) Mémoire , pp. 25 28.
(2) Ibid., p. 25.
AUCIIHVÊQUK DV: SA 1 NJ-150N 1 L'ACl:: tS21
tion faite par le représentant de notre bien aimée Souveraine, en son nom et d'après la direction spéciale des Ministres de Sa Majesté; si la lettre qui m'a été remise à moi-même par Son Excellence, pour corroborer les assurances les ])lus solennelles données par " autorité de Sa Majesté " ; si tout cela signifie quelque chose et n'est pas un non-sens, cela signifie que: après l'union avec le Canada, tous les droits et privilèges des différentes croyances religieuses devraient être traitfs avec respect et attention. La population catholique des domaines de Sa Majesté ne pouvait pas être exclue de ces avantages, puisque la proclamation du Gouverneur était surtout pour elle, ainsi que la lettre que Son Excellence m'adressait. Eh l)ien, les convictions religieuses des catholiques sont bien connues au sujet de l'éducation de leurs enfants; ces convictions sont les mêmes, toujours et partout; elles sont telles, que les fidèles et leurs pasteurs s'imposent toutes sortes de sacrifices et se soumettent à une foule d'inconvénients, plutôt que de s'en départir. Donc une population catholique ne jouit pas de la liberté religieuse lorsqu'on lempêehe d'avoir des écoles conformes à ses convictions. Ceci était bien connu du Gouverneur Général du Canada, lorsqu'il a assuré les catholiques du Nord-Ouest que leurs droits et leurs privilèges en matière d'éducation seraient respectés. C'eût été une moquerie de sous-entendre qu'on ne respecterait pas leurs convictions religieuses au sujet de l'instruction. Cette moquerie, les catholiques sont à la sul)ir aujourd'hui, tant à Manitoba que dans le ISTord-Ouest (1). Le Gouverneur Général m'écrivait : " En déclarant le désir et la détermination du cabinet " britannique de Sa Majesté, vous pourrez en toute sviroté vous " servir de l'ancienne formule : Le droit prévaudra en toute '"' circonstance. " Je me suis servi des termes indiqués ; ils ont été respectes dans notre législation scolaire pendant vingt ans; mais depuis 1890, le démenti a été donné à ""' l'ancienne formule. " Je sais, mieux que qui que ce soit au monde, quelle
(1) Mémoire de Mgr Taché. , pp. 2!) .lO.
est l'impression que l'on m'a demandé de transmettre aux mécontents de la Eivière-Eouge;-et maintenant que les assurances, alors données, ne sont point respectées, je proteste énergiquement contre une pareille injustice et contre la violation d'une promesse, que l'on disait alors formulée par autorité royale (!)•'' 4. Deuxième Secondement, les lois de 1890 et l'Ordonnance de 1892 sont