‹ Vie de Mgr. Taché, archevêque de St.-BonifaceChapitre 9 sur 81 · SOLLICITUDES ET MALADIES · texte numérisé non relu

SOLLICITUDES ET MALADIES

Nous l'avons vu, un fort parti dans Ontario avait eu le des- ff;','! !">,'"■

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sein de faire de la colonie d'Assiniboia et de tout le Nord-Ouest f,^alfç"s?et un pays exclusivement anglais et protestant. Leur plan n'a pas dans""''"^ réussi lors de l'union de ce pays au Canada, parce que les métis le^N.^o!^'' ^^ français ont pris les armes pour défendre leur nationalité et leur foi. Maintenant les partisans de ce projet avorté s'opposent à l'amnistie par ressentiment de leur défaite, et nous venons de voir les commencements de cette opposition.

Mais non contents d'empêcher la proclamation de l'amnistie, ils reprennent et poursuivent leur premier plan. Les circonstances paraissent singulièrement favoriser leur dessein. Ces pays se trouvent ouverts: on en vante dans le monde entier les incroyables ressources; la race anglaise, qui se trouve maintenant à l'étroit dans Ontario, arrive à AVinnipeg et déborde dans toute la province et même dans les territoires ; la Grande-Bretagne fournit de son côté de nombreux colons, presque tous protestants. Ce sont des flots d'immigrants qui arrivent de toutes parts, qui menacent de submerger la race française et, en noyant celle-ci, d'anéantir la religion catholique.

Mgr Taché a quitté tout jeune le Canada pour venir établir Tristesse de le règne de Jésus-Christ dans les lointains pays de la Rivière- <^'^ eyeqne Rouge ; et voilà qu'après vingt -cinq ans de labeurs héroïques, couronnés de beaux succès, il voit la religion catholique menacée de disparaître, avec le peuple même qui la professe, et menacée de disparaître par l'effet de l'union de sa patrie adoptive avec son ancienne patrie et par l'envahissement de la civilisation moderne. Pendant les années qui suivent le transfert, son âme est en proie à des craintes, disons, à des angoisses qui le mettent souvent dans une sorte d'agonie. " Le nombre va nous faire

défaut, s'écrie-t-il douloureusement, et comme sous notre système constitutionnel les nombres sont la force, nous allons nous trouver à la merci de ceux qui ne nous aiment pas (1). "

Que faire? Se résigner au mal qui menace de ruiner tout ce qui lui tient le plus au cœur, et qu'il ne peut empêcher, dans la pensée que les défaites de la cause sainte sont toujours plus apparentes que réelles, puisque Dieu ne permet jamais le mal qu'en vue d'un plus grand bien. C'est ce qu'il fait; c'est même ce qu'il recommande, dans ses lettres intimes, à son ancien coadjuteur, son suffragant actuel de Saint-Albert, en proie aux mêmes craintes.

Lettrrs ft tra- Que faire encore? Opposer, autant qu'il est possible, la sauve-

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