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J'ai beau chercber ma tïlle , je ne la trouve plus, et tous les pas qu'elle fait réloignent de moi... 3f m'en allai donc à Sainte-Marie toujours pleurant et toujours mourant : il me semblait qu'on m'arracliait le cœur et l'àme, et en effet , quelle rude séparation !.., Je demandai la liberté d'être seule,' on me mena dans la cliambre de madame du Housset. Ou me fit du feu. ^giiès me regardait sans me parler, c'était notre marché. J'y passai jusqu'à cinq heures i sans cesser de sangloter; toutes mes pensées me faisaient mourir : j'écrivis à M. de Grignan , vous pouvez penser sur quel ton. J'allai ensuite chez madame de Lafayctte, qui redoubla mes douleurs par l'intér^ qu'elle y prit : elle était seule et malade et comme je la pouvais désirer. M. de La Rocbefoucault y vint; on ne parla que de vous , de la raison que j'avais d'être touchée, et du dessein de parler comme il faut à Mellusine (i). Je vous réponds qu'elle sera bien relancée; d'Hacqueville vous rendra un bon compte de cette affaire. Je revins enfin à huit heures chez madame de Lafayette ; mais en entrant ici, bon Dieu! coniprenez-vous bien ce que je sentis en montant ce degré ; cette chambre où j'entrais toujours , bétas ! j'en trouvais les portes ouvertes. Mais je vis tout démeuhlé , tout dérangé,
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Ittcoucbeidctamie.
DE MADAME DR SliviGM-i. MS
tt votre petite Gllo qui me représentait )a mienne, Coraprenez-vons bien tout ce que je souffris? Les réveils de la nuit ont été noirs , et , ie matin , je n'étais pas avancée d'un pas, pour le repos de mon esprit...^ l'après-dtner se passa avec madame de la Troche , h l'Arsenal. Le soir, je reçus votre lettre qui me remit dans mes premiers transports, et ce soir j'achèverai celle-ci, chez M. de CouJanges, oii j'apprendrai des nguvelles; car, pour moi, voilà ce que je sais, avec les douleurs de tous ceux que vous avez laissés ici , toute ma lettre serait pleine de complimens , si je le voulais.
B J*ai appris chez madame de Lnvardin les nouvelles que je vous mande , et j'ai su par madame de f^fayette qu'elle et M. de La Rochefoucault eurent hier une conversation a\ec Mettusine , dont le détail n'est pasaisé à écrire ; mais songez qu'elle fut confondue et poussée à hout par l'horreur de son procédé, qui lui fut reproché sans aucun ménagement .Elle est fort heureuse du parti qu'on lui offre et dont elle est demeurée d'accord. Cest de se taire très religieusement, moyennant quoi, on ne la poussera pas à bout.
Vous avez, ma chère enfant, des amis qui ont pris vos intérêts avec une grande chaleur. Je ne Vois que des gens qui vous aiment et qui vous estiment beaucoup, et tjui entrent bien aisément
i,f.<n>CiOot^[c
dans ma douleur. Je it'ai vonlii uller que cliez madame de t^fayeite. Ou s'empresse fort de me «.bercher et de me vouloir prendre, et Je crains cela conune la mort.
Je vous conjure, ma chère fille, d'avoir soin de votre santé ; conservez-la pour l'amour de moi, et ne vous abandonnez pas k ces cruelles négligences dont il ne me semble pas qu'on puisse revenir. «
Dans une lettre qui suit celle-ci :
« Je reçois vos lettres , comme vous avez reçu ma bague; je fonds en larmes en les lisant; il me semble que mon cœur veuille se fendre par la moitié : on croirait que vous m'écrivez des injures, ou que vous êtes malade, ou qu'il vous est arrivé quelque accident. Et c'est tout le contraire, vous m'aimez , m^ chère enfant , vous me le dites d'une manière que je ne puis soutenir sans verser des pleiuTS en abondance; vous continuez votre voyage sans aucune aventure facbeuse, et lorsque j'apprepds tout cela, qui estjustement toutcequi peut m'ètre le plus agréable, voilà l'élai où je suis.
< Vous vous amusez donc à penser à moi, vous en parlez et vous aimez mieux m'écrîre vos sentim en s que vous n'aimez à me,ledire;de quelque façon qu'ils me viennent , ils sont reçus'avec une . sensibilité qui n'est comprise que de ceux qui
DE MADAME DE SÉVIGNÉ. liiS
savent aimer comme je le fais. Vous me faîtes sentir tout ce qu'il est possible de sentir de teodresse ; mais, si vous songez à moi , soyez assurée aussi que je pense continuellement à vous; c'est ce que les dévots appellent une pensée habituelle; c'est ce qu'il fendrait avoir pour Dieu si l'on taisait son devoir. 4tien ne me donne de distraction ; je vois ce carrosse qui avance toujours et qui n'approchera jamais de moi. Je suis toujours dans les grands chemins; il me semble que j'ai quelquefois peur que ce carrosse ne verse. Les pluies qu'il lait, depuis trois jours, me mettent au désespoir; le Rhône me fait une peur étrange. J'ai une cane devant mes yeux; je sais tous les lieux où voutf couchez : vous êtes ce soir à Nevers ; vous serez dimanche à Lyon , où vous recevrez celte lettre. Je n'ai pu vous écrire qu'à Moulins par madame de Guénégaud ; je n'ai reçu que deux de vos lettres, peut-être que la troisième viendra; c'est la seule consolation que je souhaite : pour d'autres je n'en cherche pas. Je suis entièrement incapable de voir beaucoup de monde ensemble, cela viendra peut-être; mais il n'en est pas question encore. Les duchesses de Vemeuil (i) et d'Arpajon me veulent réjouir, je les en ai remerciées. Je n'ai jamais vu de si belles âmes qu'il y en a dans ce pays-ci : je fus samedi , tout le jour
(0 Callicn'ncHeDriciie ilHircoun BcuTran, iroiiièmc ri-mnie lie I«uû,duc4'ArpaJaa.Li tlHChctKdtVerncuil cIhÎI KUs do cliancdicr ScguJcr.