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miBsion. A son reteiir jt Parin , ta ^slle élève lui fît d'aimables reproches , le groedant du silènes qu'il avait gardé.
( Je vous ai écrit, répondit-il, mais autres avoir rdu nia lettre, je la trouvai trop passionnée, et ne jugeai pas à propos de vous l'envoyer. ■
Une autre fois, madame de Sévigné vouUiil sortir pour faire une emplette , et sa femme de chambre no pouvait la suivre ; elle choisît I4 philosophe pour l'accompagner, en disant ; * Ja qe crains point que l'on en parle. *
Ménage cacliant mal le dépit que lui causait le motif d'une pareille faveur, et hésitant à sortir avec elle, elle ajouta: 'Mettez-vous, mettesvous dans mon carrosse ; si vous me fâches , J9 vous irai voir chez vous. »
Ce hadinage froissait vivement sa fierté, et, s'il l'avait osé, c'eût été par des lamws «fu'il eut répondu à ces plaisanteries. Les sentimens pro* fonds s'accommodent si mal du rire.
£)n dédiant au chevalier de Méré ses 0b»erv9'' tions sur la langue françaite {t), Ménage lui rapt pelle ainsi leur concurrence auprès de madame de Sévigné; ■ Je souRrais volontiers qu'elle voua aimât plus que moi , parce que je vous aimfti* aussi plus que moi-même. • Paroles de dédieac», et qu'il ne taut pas prendre à la lettre.
Ce cb^valier de Méré n'avait en lui de trans-
(i) Noiiiout HiaibD)cdeSsirigni;,^Uoa8cUaiK.
DE MADAMK BF. SKVICSh:. 9b
Cendant que l'orgueil; écmaiii sans talent, il portait la tête plus haut que les premiers littérateurs de son teiitps , et il ne craignit pas d'adresser ii IMscal cette phrase où l'aniour-propre se montre avec tine intolérable assurance : ■ Vous avez écrit ■ur mes inventions aussi bien que M. Huygbens, H. Deferaiat , et tant d'autres qui les ont admirées. ■
Souvent, darts le monde, au plus fort de la faveur de ntddamedeMaintenon, il se vantait d'avoir éti la première cause de son immense fortune ; dans son orgueil il ne redoutait pas le rival coufonné qu'il avait à Versailles, et il écrivait à celle qui a été quasi reine de France i t Je pense avoir été le premier qui vous aie donné de bonnes leçons..! Ne dirait-oh pas que je vous veux disposer è recevoir tes services d'urt galant homme ? mais Je-H'«rf sache poitlt d'aussi digne de vous que moi , et je sens bien que, si la (ïiMtaisie de me prendre vous était venue, je me laisserais vaincn>, et que je tous aimerais toujours» •
Après avoir adressé ces incroyables pafotes à madame de Meintenon , le chevalier de Méré prit rang pel'mi les adorateurs de madame de Sévigné, et Dieu sait comment allait son esprit, plein de raideur et de prétentions, avec celui, si rempli d'abandon et de grôces, de la femme que l'hôtel de Rambouillet citait comme la plus pure et la plus séduisant^.
Aussi 1 dftns sfts lettfes , si madame de Sévipilé
parle de lui , c'est pour ne plaindre de son chien de style, et de la ridicule critique tfu'il/ail, en collet monté, Sun esyrit libre, badin et charmant comme VoUure.
On prétend que c'est le clievalier de Mérë qui a créé le mot de bonne compagnie, tel que nous l'entendons aujourd'hui. Chose bizarre , voilà un liomme qui , grâce à un mot , surnage sur l'oubli , quand tant de doctes travailleurs, avec tous leurs in-folios , sont enfoncés dans l'éternel silence !
Le comte de Lude, qui avait vingt ans déplus que madame de Sévigné, était encore un des hommes les plus assidus auprès d'elle ; il avait servi avec distinction dans ia marine, et, dans les salons , on vantait ses reparties vives ^^t spirituelles; ayant la conscience de son esprit, il avait dit rechercher la société de la femme qui se représente elle-même «mpureuse de propos ingénieux , prompte à saisir le premier texte qui s'offrait, s' embrasant à la moindre amorce, et rendant mille traits pour un à quiconque éveillait son imagination.
Dans ces jours, qui sont devenus le giand siècle de I^uisXlV, en général l'amour était peu platonique ; mais il y avait , dans plusieurs cercles de la haute société , un mélange de galanterie chevaleresque et de goût pour le bel esprit, qui Dvait donné naissance ù certains amours tout différens de ceux qui doivent porter atteinte é la réputation des femmes ; commerce purement spi-
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rituel , entretenu par des assiduités et des cor^respondances où l'on écrivait , où l'on parlait de toute autre chose que de passion.
Et quand on y réfiéchit , on conçoit que les hommes de ce temps, n'ayant dans les momens de paix, pour remplir leurs loisirs, ni assemblées politiques, ni clubs de chevaux et de chiens, ni Fumoirs, ni journaux , aient pensé à rechercher de spirituelles causeries pour jeter du charme sur les heures de la journée. De là ces assiduités, ces soins, ces prévenances, cet encens, ce culte que les femmes recevaient alors, et qu'à leur grand regret elles ne retrouvent plus aujourd'hui.
Bapprocfaons deux ft^ppaus contrastes, un salon du temps de Louis XIV et un de notre . époque(i84i)-
Kios le premier, sous les lambris dorés des plus beaux hôtels âe Paris, vous verrez les hommes les plus illustres , ceux qui se sont couverts le plus de gloire , ceux qui ont tenu vaillamment l'épëe, qui ont remporté des victoires, prb des villes, conquis des provinces ; vous verrez Turenne, le grand Gondé , le roi lui-même , attentifs, prévenans, respectueux auprès des femmes. Eux qui ne baissent le front devant personne, s'inclinent bas devant elles; eux qui commandent, se font obéissans h leur moindre désir; pour venir auprès d'elles, ils n'ont gardé des camps et de leurs habitudes guerrières que letu* épée, et cette épée s'ils la portent toujours, c'est
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pouf d^etidre l'Iionncar Aa fomines qtfih VoM h letir côté. Auprès d'elles ili ne (jarlent plus dé leurs brillantes campagnes ; pour elles iU ont un autre langage ; langage si pur, si doux > si embelli de nobles sentimens , qu'on dirait presque utl hymne adressé à celle qui l'écoute. Et si, dans CCS délicieuses oonversationt , un amour vient à naître , ne croyez pas qu'il veuille briller A tous les regards : non , il ne cherchera à se montref qu'aux yeux qui Tont inspiré; la femme la plut aimée sera celle que l'on entourera de plus de respect, de peur de la compromettre'; l'hommage se fera timide et le sentiment se voilera.
Pour avoir conquis cet empire , pour voir ainsi les hommes à leurs pieds, les femmes d'alors avaient senti que la futilité , toute paréA de beauté, de grâces et de jeunesse qu'elle pouvait être, n'était point assez pour captiver; aussi elles avaient donné de la nourriture à leur esprit. Dans tm cercle où se rencontraient' les Mortemat-t , les Goulanges, les Maintenon, les Scudéri, lés Lafoyette, les Sévigné, les Grignan, les hommes n'avaient pas seulement à regarder, ils avaient à entendre; dans ces brillantes réunions, l'oteillé, le cœur et l'imagination trouvaient aussi bonne part que les yeux.
Là, ceux qui consacraient leurs Veilles à écrire, ou l'histoire des temps passés , ou celle de l'é" ptn^ie,oudes livres de religion et de morale, ou des traductions des auteurs anciens , ou des
UB MADAMt UL StVIGNL. 99
romans de chevalerie ei d'unour, dai poèmes «t d«s tragédies, étaient reçus avec égard et écoutés avec empressement. Alors l'esprit et le g^nie vous plaçaient dans le monde aussi bien que la oaissance et la fortune, et c'était une belle égalité que celleJà 1
Un salon d'aujourd'hui a-t-il quelque ressem» IjVance avec l'esquisse que je viens de trecep? ai dans l'an d^ progrès (841 , sait-on encore causer en France? Les hommes les plus optimistes, s'ils sont francs, n'oseraient répondre affirmativement à cette question; à présent il n'y a plus de salons, il y ades clubs; à présent l'on ne cause plus; on se dispute à présent, les femmes ne régnent plus, l'égoïsme les a détrônées. La nation la plus coui-toise du monda, la France, s'est façonnée k l'anglaise : la vie d'bommes se passe entre hommes qui le sont pris d'amoiu- pour lem-s aiseï paresseuses, et qui leur sacrifient tout : la courtoisîs aurait ^ gêne i qos jeunes hommes n'en voulant d'aucune sorte, ne vont que rarement dans In inpndoi car le monde a encore sa tenue, ion étiquette, tes habitudes, ses devoirs; ils ont rompu avec toutes ces choses : le ealon où ils tronveraipnt des femmes aurait, ils le sentent bien, plus d'attrait que leur club; mais le club est plus commode, et ils y restent à fumer, il jouer et à parler chiens et chevaux; pendant ce temps les femmes restent entre elles , n'ayant pour les écouter et leur rendre des soins, qua des hommes
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qui ont encore quelques souvenirs de la galanterie d'autrefois; ces demeurans, d'un autre âge, ne suffisent pas à l'animation d^ la vie , on s'ennuie du vide que la jeunesse laisse dans les malinées et les soirées ; alors les inaitresses de maison ont recours , pour avoir du inonde , à ce que font les entrepreneurs et directeurs de spectacles : elles engagent de grands talens, des chanteurs, des cantatrices, des acteurs, des tragédiennes, à se montrer, à se faire entendre dans leurs salons.
La curiosité . l'amour de l'art attireront peutêtre chez elles , ceux que l'amabilité et l'agrément de conservations spirituelles ne feraient pas sortir des délices enfumés des clubs.
C'est cette pensée qui a naturalisé en France ces cohues parées, appelées rouis ou raouts, soirées inventées par un peuple qui parle bien politique, maisqui ne sait pas causer avec les femmes; soirées où l'amabilité meurt étouffée dans la foule.
Là, si vous parvenez à pénétrer dans les salons, vous trouverez toutes les femmes assises ensemble, et aux portes, ou plaqués contre les lambris , les hommes debout. Bien heureux s'ils trouvent dans toute la soirée le moyen d'écban* ger quelques mots avec les femmes qu'ils ont reconnues dans la multitude élégante ; là , où vous vous êtes placé en arrivant , là il vous faut rester ■ debout, immobile , à moins qu'un flotdemcmde ne vous emporte dans une pièce voisine, où il y - a autre chose à voir et à entendre.
DE MADAME DE SÉVICNt. 101
D'une soirée pareille et qui a coûté fort cher
irée du temps disient d'origine
X maîtres de la maison , à une soir de madame de Sévigné , quelle lance!!... J'ai dit que ces raouts étaie anglaise, maintenant j'ajouterai que les femmes quij'les premières, les ont naturalisées en France, ont dû être plus riches que spirituelles. Si, comme madame de Lafayette , madame de Coulanges et madame de Sévigné, elles avaient su causer,elle$ auraient préféré des cercles choisis , à ces appels publics, où la nullité hrille autant que l'esprit,» la sottise à l'égal du mérite.
Quelque brûlant que fut le monde dans lequel vécut madame de Sévigné, les plaisirs, les séduc lions, les entrain emen s dont il était plein, ne prenaient sur aucun de ses devoirs de mère, et les hommages, les assiduités des hommes que|la société lui donnait pour adorateurs , ne pouvaient la distraire des soins qu'elle prenait de Téducation de ses enfans.
Si sa piété et sa haute raison l'avaient préservée des cbagrins de l'amour, elle ne. fut pas à l'abri de ceux de l'amitié. Alliée par .son mariage avec la maison de Retz, elle voyait souvent, et voyait avec des illusions de famille, le turbulent coadjuteur de ce nom, celui que, dans son amitié, elle avait surnommé le héros du bréviaire. Pour elle, l'esprit avait toujours un attrait irrésistible, et elle en avait tant trouvé dans ce prélat ambi-
IQ% vif; DE UADAM)^ Pl£ 6ÉVICNÉ.
tievw «t mondain , qu'elle pe voulut pas voir ^es défauts et ses fautes.
Avec le tour qu'elle avait daps l'esprit i QU plu> tôt avec la gépérosité qu'élis avait dans lé ct^iiri l'amitié qu'elle lui avait vouée dut s'acçroUre, quand des malheurs mérités lui «dvinrem, et quand il fut arrêté et renfermé m ehStwtt de Waniee.
Ces attachemens au malheur, cett« utistinatioti h aimer ceux que la disgrâce et la msuvaise fors tupe atteignent, sont choses ass^t rares, powr qu'on en fasse des titres de gloire aux àm^s qui PU sont capahles. Madame de Sévigné , je la dénonce, était eoutumièr^ de cette générosité,
Après les pleiu-s qu'elle donna à son mari , qu'elle avait aimé malgré ses défauts , après I4 grande et constante douleur qu'elle ressentit tou-r jours des absences de sa fille , je ne lui conBais , dans sa vie douce et brillante , d'autres causes de larmes que le malheur de Fouquet et la disgrâce du cardinal de Retz. Avec les mœurs de |)ien des gens, avec l'habitude de ne s'attacher qu'à la prospérité, madame de Sévigné se serait évité les deux chagrins qui ont troublé la sérénité de ses jours: avec plue de légèreté dans le cœur, elle n'aurait point eu à pleurer.... Malgré mon amour pour elle, je ne puis être fiché des peines qu'elle a ressenties; car pour se faire une belle renommée, il y a des peines qui valent mieux que des bonheurs.
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Ni les 4oips assidus de tous les qdoniteurs qui je vieBS de noininer, ni r^Rçens délicat qu'Us proir diguaient h son esprit , h sa beauté , à sop coeur, SB pQUvaÏKnt distraire la jsuas mÈre d'une passion qui a ran>pU toute sa vie , l'amour maternel.
Cette passion deneunit toujours iirirauable AU fond de son àtoe, alors même que son esprit semblait se laisser emporter par les distractions et les entrainemans du monde.
Dans le plus brillant salon , dans le cercle si choisi, si spirituel, si épuré de l'bdlel de Bambouillel, alors que belle, gracieuse et enjouée, elle âtonngit et cbarmait par ses reparties vives et pu sw mots profonds, si vous aviez fu voir en
dessous de toutes ces choses de conversation et de sotùété, vouscussiez découvert une constante pensée maternelle. Elle était toujours là , comme la naïade sous le cristal des eaux , comme le parfum dans la fleur, comme le soleil sous les nuages. Les succès personnels qu'elle avait la flattaient , sans doute,mais ne pénétraient point assez avant dans son àme pour y déranger ses idoles , son fils et sa fille.
On assure qu'il y a des mères jalouses; j'avoue que je crois peu à cette monstruosité : ne pas jouir des succès de ceux que Ton aime, c'est déshériter sa vie d'un de ses plus grands honheiu-s. Eh ! qui peut être assez ennemi de soimême, pour n'aimer que soi, pour ne vouloir se réjouir que de ce qui le concerae personnellement? J'ai toujours pensé que l'égoïste était mal inspiré, en concentrant tout sur lui-même, il £ait la place du bonheur trop petite. Madame de Sévigné donnait à Dieu plus d'espace pour la bénir, elle lui offrait ses enfims et ses amis.
Dès que sa fille eut atteint sa seizième année, dés qu'il ne manqua plus rien à sa beauté et à son éducation , madame de Sévigné eut hâte de présenter à la cour celle dont elle était fière.
Elle se rappelait les succès qu'elle avait eus à la cour de Louis XIII, elle pressentait ceux qu'aurait mademoiselle de Sévigné aux fêtes de Louis XIV. En reportant sa pensée en arriére, elle se souvenait qu'elle avait eu du plaisir à se
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DE MADAMK DE SÉVIGNÉ. IQS
voir admirée; en regardant l'avenir, elle voyait sa fille entouréed'hoinniages,etsedisait: «Quand on m'admirait , c'était du plaisir; quand on l'admirera, ce sera du bonheur. Partons donc pour Versailles. "
Elles y parurent ensemble, dans une des briN lantes fêtes de l'année i663. Et le poète des grandeurs du temps, Benserade, qu'inspiraient les magnificences de la cour de Louis XIV, ne man- 'qua pas de signaler le jour oii la mère et la fille se montrèrent l'une à cote de l'autre , comme deux sœurs, douées d'une égale beauté.
Nous avons vu de nos jours , alors que S. A. R. madame la duchesse de Beiry habitait le pavillon Marsan du château des Tuileries, les bals à quadrilles historiques avoir une grande vogue. Cent soixante ans auparavant, ce n'était p&sYhistoire, c'éuit la mythologie qui fournissait les personnages. Les dieux et les déesses, les bëros, les demi-dieux , les feunes et les nymphes figuraient dans ces ballets, oii le grand roi lui-même ne dédaignait pas de paraître.
La première fois que mademoiselle de Sévigné vint aux fêtes de Versailles, elle s'y montra en Bergère... Toutes les mères devinèrent, sans que je prenne le soin de le dire, combien|madame de Sévigné s'occupa du costume de sa fille, et quelle fi^tcbeur de toilette elle voulut joindre à ta fraîcheur de seize ans, de celle qui avait déjà été appelée la plus jolie JiUe de France : tout ce que
l'on pouvait voir de plus coquet et de plus décent, de plus pastoral et de plus noble, fut réalisé dans les atours de la jeune fille qui allait faire son entrée à Versailles,
Aussi, dès le lendemain, l'ingénieux et galanjt Beneerade écrivait , en faisant allusion à inademoi- «elle de Sévigné ;
Déjï GBllcbeaultï (ait craindre la puisMnce,
Et, pour nom mellre en bulle ï d'eilrémet dangers,
Ella enm jiuwpiinl dam fine ob l'on comaienca *
Adittinfiuer ■«> loupi d'uvecqucileibcrgEri.
Une autre fois, mademoiselle de Sévigné figurait un amour déguisé en nymphe maritiine, et le poète courtisan lui dirait :
Bengerade n'était pas le seul à vanter la beauté et la grâce de Marguerite de Sévigné, Lafontaifie déjà lui avait dédié la fable du Lion amoureux.
Sévigné, de qui Us aiiraiis Servent aui GrSccs de Qjodile , El qui naquît» toute Iwlle, A ïoite iniliijëieiico prti.
i,fMo>Goot^[e
DE MADAME DE SÉnCNÉ. 10^
PtMitiettttnu Circftforaiilc Ani jïui innocen. d'une fiàMe (i ) ?
Saint-Pavin , an versificateur dli temps , cat je ne puis me résoudre à l'appeler poHe, a aussi tante l'esprit supérieur de la belle Marguerite; dans une lettre en vers qu'il lui adresse , il dit :
Di««™rhabiUdiiM<î
Et u maa.>D .
eulc sllrapée
La tfroli cncOT
Bile i poupée.
To<nlnni>lita
> ibiit WD mireir
Ell^ prend pbi
iiriHvuir,
El n'ignori pas
U manrire
De tthiïe nat
âme priionDlire.
Le bort goût de madame de Sérigné faisait de ces vers le cas qu'elle devait en faire, et si j'en ai cité quelques uns, c'est qu'ils prouvent que la jeune personne , que sa mère venait de produire à la cour, avait déjà un renom de beauté et d'es- )>rit.
Si nudame de Sévigtié^ avec sa haute raison et ses sentimens religieux , a toujours eu un faible pour la Cour, je n'hésite pas à lattribuar aux mio. dès que sa fille y avait, dès le premier jour, rencontrét. En vérité, pour cette faiblesse, ce n'est pas moi qui lui jetterai la pierre. Lequel d'entr« Dout n'aime pas la maison où nos enfans sont bien «ccueillis, où l'on fait l'élogs de ceux que nous aimons?
(OLv.it, fable I".
Madame de Sévigné aimait la cour, et je ne lui en fais pas un reproche , assez d'autres ont déclamé contre la vie et les entourages des rois. Une cour n'a de reflet que celui cpie lui donne le monarque qui règne. Or, quand Louis-lé-Grand s'asseyait sur le trône de Charlemagne, de saint Louis et de François I", quand le resplendissant soleil du dix-septième siècle ^taît à son apogée et répandait ses fécondans rayons sur la patrie, la cour devait être une grande, une importante, une majestueuse réunion. Tout ce qui honorait la France avait droit d'y venir , on était fier de s'y montrer; une parole, un regard du maître, auraient suffi pour payer de longs services, si ta justice et la royale munificence de Louis XIV n'avait pas été là. Mais & ces deux vraies vertus de roi, rien n'échappait, et le jour où Louis adressait la parole à madame de Sévigné , pour lui parler de madame de Grignan ; à M. de la Rochefoucauld, pour lui redire une de ses maximes et lui demander des nouvelles de la maladive madame de Lafayette; à Racine, pour le complimenter sur Ësthcr , il révélait à Colhert les vues les -plus sages pour le bien de l'Etat, et enflammait'i par son noble patriotisme, la grande âme de Tu-
Certes, à vivre avec tout ce monde, à se trouver mêlé à toutes ces illustrations , à assister à des fêtes telles que la F'rance n'en avait point encore vues, il devait y avoir un grand charme.
tin puissant attrait. Madame de Sévigné y était sensible, et c'était dans l'ordre. Et puis, à tous ces encbantemens s'en joignait un autre, un autre plus décisif que tous; cette cour si éclairée, si remarquable par son bon goût, avait trouvé de la grâce, de ta beauté, de l'esprit à sa fille; en fellait-il davantage pour qu'elle l'aimât beaucoup? Une autre pensée lui venait encore pour lui rendre agréable la vie de Versailles; parmi toute cette noblesse, qui avait abandonné ses chàteauic pour suivre le roi guerrier dans ses batailles, et vivre sons ses yeux dans ses palais, elle trouverait mieux qu'ailleurs un mari digne de sa fille... Et si sa Slle se mariait à un bomme de cour, il n'y aurait point de séparation, point de longues absences entre elles , et ce qui allait le plus à son cœur, c'était cette idée-là... Pauvre prudence humaine, comme elle se trompe souvent dans les projets qu'elle rêve , dans les calculs -qu'elle fait, dans les plans qu'elle arrête !
C'est avec cette pensée Bxe, d'attacber sa fille près d'elle, que madame de Sévigné refusa deux riches partis qui se présentèrent pour demander la main de la belle Mai^ueritte , MM. de Caderousse et de Méri^ville. Ils ne furent agréés ni l'un ni l'autre, parce qu'ils n'étaient qu'en pas- ' rânt à Paris et 5 Versailles, et que leurs terres situées en Provence, devant les y attirer souvent, en donnant S3 fille à l'un u eux, elle avait cliance de se voir enlever son idole, l-'i'ançois Adhémar