CHAPITRE XV
mnaçoêê van der Borcli reçoit M ëeniim «aercmenif , — M mort» ^ Ml ËunénSUÊê» ^ n c«l mugirèê tfTAiitalne dt winglie» AbM de liteielefl»— «neltaet mois MT cel Allé» — tonAera de Tea der Mrelb
Les fêtes de la Pentecôte approchaient j Fétat de François Van der Burch empirait toujours ; le médecin Favertit qu'il était temps de recevoir le saint Viatique. François Van der Burch n'en parut pas alarmé : ne pouvait-il pas dire avec saint Ambroise : je ne crains pas de mourir ; car j'ai travaillé pour un bon maître. Mo7H non tiineo, quia bonum Dominuta habemm. U répondit qu'il était prêt et qu'il voulait aussi recevoir rextreme-onction puisque Dieu lui en donnait le temps. Le saint Prélat savait
bien que le moment de la mort est terrible -, qa'k cette dernière heure le démon qui se promet une victoire facile sur une àme aflaiblie par la souiïiance, multiplie ses artifices et redouble ses efforts pour ne point manquer sa proie. U reçut le Viatique avec une foi d'autant plus vive qu'il comprenait mieux le besoin que nous en avons tous pour nous fortiâer dans le dernier combat, et franchir avec assurance le pas qui nous sépare de l'éternité. Ën voyant Pardeur de sa foi, au moment surtout où le prêtre lui présenta la sainte Eucharistie^ et sa conformité parfaite à la volonté divine, ou pour la vie, ou pour la mort^ ceux qui rentouraient ne pouvaient retenir leurs larmes. Avec quelle énergie il protesta de sa voix cassée par l'âge et la douleur^ qull voulait mourir en véritable enfant de Téglise catholique, et comme sa bouche mourante exprimait bien les pieux sentiments dont son cœur était animé! Après qu^il eut communié^ il demanda qu'on apportât dans sa chambre les saintes huiles, aliu que le secours de ce dernier sacrement ne lui manquât point lorsque la mort serait plus prochaine. Comme il vécut encore quelques jours^ il souhaita de communier quelquefois, et ce fut toujours avec la même foi, et la piété la plus édifiante. La communion était pour lui comme un avant-j^oùt des déhces célestes; il se faisait un plaisir de s^unir de plus en plus au chaste Epoux de son àme, qui se communiquait à lui avec
Vm DE MGa. VÀNDERBURCH. 133
tant de libéralité^ et qui voulait bien lui servir d'aliment pour le préparer au grand voyage de Tcternité.
Cependant le samedi avant la Trinité^ après qae François eut pris un peu de nourriture^ on le vit s'aflaiblir considérableraeat, et .le médecin fut d^avis qu'il reçût Feitréme-onetion. François exprima le désir d^attendre jusqu'au lendemain^ il sentait que sa fin n'était pas encore si prochaine ; puis il souhaitait qu'il n'y eût pas tant de distance entre la communion qu'il devait fàire le lendemain^ jour de la Sainte-Trinité, et i'ejttréine-onction. On ne crut pas prudent de condescendre à sa demande ; il se leva donc de son fauteuil où il était encore assis et revêtu de sa soutane ; il se mit sur son lit^ et reçut en cet état le dernier sacrement. Pendant le temps qu'on le lui administrait^ il s'occupa à faire des actes de loi, d'espérance et de charité^ et xi accompagna toutes les prières avec une dévotion si touchante que tous ceux qui étaient présents éclatèrent en sanglots. Le lendemain, jour de la Tri* nité^ il communia encore en viatique^ et plein du, Dieu qu'il venait de recevoir^ il annonc a peu de temps après ^ comme si Theure de sa fin lui avait été révélée^ qu'il ne mourrait que le lendemain.
En effet le lendemain % Mai^ fut le dernier jour de cette belle vie. Un peu après midi l'état de Fran-
134 VIE DE MÛB. VÂN BER BUfiCH.
çois VanderBurcb empira beaucoup et l'on vit bien qu'il touchait à son dernier moment. Tandis que tous les assistants fondaient en larmes^ lui seul montra du courage. Il envisageait la mort comme il convient à un chrétien et à un évêque^ avec calme et sérénité ; il soupirait même après sa venue : car il savait que la mort n^est (jue le passage à une vie meilleure. Il n'y eut de comparable à sa résignation et à sa patience au milieu des douleurs de Fagonie, que sa piété et son humilité profonde. En baisant le cmciûx^ il répétait souvent avec confiance et amôur ! 0 Seigneur Jéms, ne permettez pas que je périsse, après vous avoir tant coûté : ne le permettez pas, 6 bon Jésus* D'autres fois il appelait Dieu à son aide : Mon Dieu, venez à mm secours : aidezmoi, Seigneur, en ces derniers moments. Tantôt il disait avec grande effusion.de cœur : Qu^il est bon le Dieu dUsraël I qu'il est bon pour ceux qui ont le cœur droit I D'autres fois il disait avec une sainte impatience : Quand viendrez^ous enfin, à mm Jésus : venez, ne tardez pas : délivrez mon dîne de sa pr ison afin quelle se réunisse au plus tôt à vous et quelle glorifie éternellement votre saint nom» C'est entre vos mains que je remets mm esprit. ,
Pendant que les prêtres à son chevet, récitaient les litanies de la sainte Viei^e^ celles de la Passion et quelques autres prières, François toujours présent^ toujours calme et rempli d'une confiance flUalCi
VIE liE MGR. VÂN D£R fiURCU. 135
répondait à tout. Un demi -quart dlicuic avant sa mort^ la yoin lui fit défaut^ et vers cinq heures du soir, les iiiames et les piièrcs de la recommandation de ràme tenoinées^ il rendit son dernier soupir^ et alla recevoir du Souverain Pasteur des Pasteurs qui veut bien être appelé l^évèque de nos &mes^ la récompense de ses immenses travaux, li était âgé de 77 ans»
Aussitôt son trépas fut annoncé par les cloches de toutes les églises de Mons^ et pendant les trois jours suivants on les fit sonner encore à trois reprises différentes. Son corps ne fut point embaumé; on le revêtit de ses habits pontificaux , de couleur violette^ et on Texposa sur un Ut funèbre dressé dans une salle d^en haut. Plusieurs religieux y vinrent le lendemain réciter l^office des morts ^ et ensuite on y dit plusieurs messes pendant le reste de la matinée. La salle se remplissait continuellement par le grand concours des habitants de Mons qui venaient voir les tristes dépouilles de celui qui pendant vingthuit ans avait travaillé avec tant de zèle pour le salut de leurs âmes , et qu'ils pleuraient comme un père.
Le jour suivant^ 25 Sfai^ eurent lieu les funérailles ^ Le cercueil Ait porté par huit curés; il
était précédé de la crosse et de la croix arcbiépis-
\ Voyez ia uoto 0.
136 VIE DE HGK. YAN DEH BURCU.
copale : quatre abbés mitrés tenaient les quatre coins du poêle. Le clergé séculier et régulier ouvrait la marche funèbre : puis venaient cinquante Pères de la compagnie de Jésus, portant des llanabeaux. Le cercueil était suivi dQS parents et des amis du Prélat, en habits de deuil, d'un grand nombre de gentilshommes^ <jie conseillers^ d'autres personnes de distinctioa, et d'une foule innombrable. On se rendit dans cet ordre à l'église des Pères Jésuites^ et Von y plaça le cercueil au miLieu de la nef, sur un catafalque richement orné. Les quatre abbés mitrés prirent place aux quatre coins, et Tabbé de Saint^Ghislain chanta pontificalement la messe des morts. Après la messe le Père Pierre Pennequin qui était pour lors Recteur du collège de la compagnie de Jésus à Mons^ prononça en latin l'éloge lunebre du défunt II avait longtemps dirigé à Douai la congrégation de la sainte Vierge^ et runiversité de cette ville Tavait en grande estime à cause de son éloquence vive et touchante. L'éloge funèbre ter* miné, les quatre abbés firent Tun après Tautre les absoutes^ et Tabbé de baint*Gbislain inhuma le corps dans la chapelle de Saint-Ignace, près de la sépulture d'Antoine de Winghe^ abbé de Liessies. On se conformait en cela aux derniers désirs exprimes par François Van der Burcb^ et ainsi la mort ne sépara point ces doux hommes qui pendant leur vie avaient été inspirés du même esprit et dont Tunique passion
VIE DB IIGR. VAN DBR BORCH. 137
était de glorifier Dieu et de eobsoUder flou règne dans les âmes.
Antoine de Winghe^ né à Louvain^ avait été
d'abord chanoine de Téglise de Tournai i ayant renoncé à son canonicat pour embrasser la vie religieuse^ il était devenu plus tard abbé de Liessies^ et par ses vertus personnelles, par la sagesse de son gouvernement, il s^était montré le digne successeur du vénérable Louis de Blois. Ce fut lui qui engagea le P. Rosweilde à publier son magnifique et savant ouvrage de la Vie des Pères, et qui se chargea des frais d'impression. La modestie d'Antoine de Winghe était égale à la générosité avec laquelle il encourageait tontes les œuvres qiû pouvaient contribuer à la gloire de Dieu et au bien des âmes. Le P. Rosweilde le 1^ d^agréer la dédicace de s(m livie * : Antoine
< Ce fût aussi à Antoine de Winghe , qu'en 1678 , le P. Charles Scribanus^ qui était à cette époque Vm des hommes les plus lecommandabl» de la Compagnie de Jésas^ dédia son admirable livre, qui a pour titre : Medieug réUqkmi, Dans son
épître dédicatoire, il témoigne la plus haute estime pour la prudence et la sagesse avec lesquelles Àutoine de Winghe gonvernalt son monastère, et pour l'édiflante régularité qnH saTait y maintenir. Il le supplie de ne pas Ini reftaser les lumières de son expérieoce, et de vouloir bien l'avertir des omissions qn'il a pu foire dans son ouyrage, et des remèdes qe'il saurait ètreplas efficaces qne cenx qu'il indique, contre !cs maladies spirituelles. Le célèbre Père Pierre Halloix dédia aussi en 1636, au pieux abbé de iae&sies &oû ouvrage lUm-
Iâ8 VIB BE MGR. YÂN D£R BURCH.
accepta^ mais à condition qae le Père ne lui adresserait aucun éloge : car y lui ccrivait-il^ l'affection que je wm porte ainsi quà votre compagnie j vous exposerait à tomber dans V exagération, et à dire de moi plus de bien que je ne mérite, a Je ne saurais » nier, répond le P. Rosweilde dans son épîti e dé- » dicatoire^ que vous avez pour nous une très-grande » affection; mais je ne puis convenir qu^elle m^exposc B au danger de dire trop de bien de vous et de vos » religieux. Cependant, pour ne point heurter, dès mon premier pas^ contre la pierre de la désobéis- » sance, je veux me rendre à vos désirs. Ainsi je ne D dirai rien du zèle dont vous iuruiez pour la reli- » gion; rien de votre amour pour la pauvreté dont D vous faites vos délices j lien de cette charité pour » Dieu dont votre cœur est embrasé ; rien de la D sagesse avec lacpielle vous gouvernez votre mo-* , » nast^^ prêchant autant vos religieux par vos i> exemples que par vos paroles* Je pourrais parier » longuement sans craindre de blesser votre modes*
ttiim Ecckiiœ orientalis scripiorum* U professe également la plus grande admiration pour la science et les vertus d'Ântoine de "Winghe. II se disposait à publier la vie de ce fervent religieux, lorsqu'il fut surpris par la mort, et la vie d'Antoine de Wiûgiie daug laquelle nous aurions trouvé de précieuirengeignements sur ses rapports avec François Van der Burcb^ n'a point paru; nous ignorons ce qu'est devenu le manuscrit du Père Halloh.
VIE DE mm* VAMDERBURGH* 189
D tie^ de votre dévouement à notre très-petite eom* » pagnie -, mais je n'en dirai rien non plus ^ non^ point » d'éloge } pas la moindre louange^ puisque le plus D petit compUment serait pour vous une véritable D torture. » Tel était en effcft Antoine de Winghe* Au témoignage de Tabbé Foulon qui Tavait particulièrement comfiu^ il pratiqua dans un très-haut degré toutes les vertus religieuses ^ il aimait les lettres et les protégeait. H avait une telle ebarité pour les pauvres qu'on le comparait à saint Jean raumonier. Ses hantes vertus hii méritèrent Festime de Franeois Van der Burch^ et Tamitié qui T unissait au pieux prélat était d'autant plus étroite^ que ces deux hommes se ressemblaient davantage par leur amour pour TEglise et par la sainteté de leur vie. Nous voyons le nom d'Antoine de Wïoghe à côté de celui de François Van der Burch dans un grand nombre de bonnes œuvres entreprises par ce dernier. Quel dommage de n'avoir pu retrouver aucune des lettres que certainement ils se sont écrites! nous n'en serions pas réduit à constater seulement leur sainte amitié. Quels trésors de pieux sentiments, de vues sublimes^ de vertus sécrètes, ces lettres nous auraient découverts. Antoine de Winghe était mort à Mons en 1637^ et avait demandé à être enterré dans réglise des Pères Jésuites.
L'inscription latine gravée sur le cercueil de
liO VIE DE MGR. VAN DfiR BURGH.
plomb de François Yan der Burch était conçue
eu ces termes :
HIC JACÉT
ILUTSTHISSnn» et RETEUSmiSSUniS DOMUIDS
■ FRANCISGVS VAN DER BVRGH
ARClilEPiâGOPIjS CAMERAGEMSIS P£R AHm^ GiRGlTER VlGErîXl OGTO* BT A^iT£A
GÀTSDAVËN&IS EPISCOPUS PER ÀMOS PROPE (^DATDOR^ Via INDEFESSl LABORIS El EXIMLE VIRTUTIS.
OBUT
XXm Hàll M, DC, XLIV P08TBn>16
SARcnssniiE TainiTATis
iETATIS AHNO LXXVU K
^ Ci glt niiistrîsstme et réTéreadissinie seigneur f rançoit
Van der Burch, qui d'abord évêqne cie Gand pendant près (Je quaUe aos^ fut ensuite archevêque de Cambrai peudaat 28 ans. C'était un hemme d\in sèle infatigable et é*une ^arta
consommée. Il mourut le tS Mai 1644, le lendemain de la fête de la sainte Trinité, âgé de 77 ans.
A><4 JAti-rtftuf. , *iVit«c .
TuI^BEAu DE LARCHEVEOTT: VANDEF.-BL'RCH .
Tel ^'il se voyait àans l'Eglise des Revàenâs fîtes Jtwiei i Maas.
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On éleva sur sa tombe un riche monument de marbre^ surmonté de ses armes et orné des écus-* sons de sa lamille > on y grava cette épitaphe :
PLEQUE BfEBKmiC
n.uDimi8snn ac RBTBRBNDiasnn Bonra
D. FRANCISGI VAN DER BVRCH
ARCHIEMSGOPi ÀC DUG13 GAMERACEKSIS S. R. 1. PamCIPISj COMITIS CAHERACESn.
CU^US MEMS RECTA^ MORES AiNGELlCI^ VITA OMNIS
8ANGTA.
AimiA m GQBLim REGEPTA^ GORPORE 800 IN TERRA
CONRITO^ MONUMENTUM MOESTl POSUERUNT TANTiE VIRTUTIS UCE&EDES.
vixiT APiNis txxvn.
RECHLlI^l^ DECAT^iUS XX. GANDAVl EPISCOPUS lU CAMERACl ARCHIEPISCOPUS XXTIII UBIQUE BERIGRUS PATER^ VIGlUNS PASTOR ' SEItPER AMABILIS.
\iZ VIE D£ MGR. VAN DËA BUKCH.
DEVIXIT MONTIBUS aAI<îNaMi£ IX KAL. JUNII. M. DC. XLIV ^
lendemain de la fête du Saint-Sacrement, les Pères Jésuites firent en particulier un service pour lui, comme pour leur insigne bienfaiteur. La messe fut chantée par Tabbé de Bonne-Espérance, en habits pontificaux. Les autres églises et communautés Religieuses lui rendirent ensuite les mêmes dévoirs» On lui lit aussi de magnifiques funérailles à Cambrai dans FEgUse Métropolitaine les 19 et 20 Juin. On éleva une chapelle ardente où brûlaient mille
* A rhonneur de Dieu
Et à la pieuse mémoire D'illastriBsime et râvéreadissime seigneur Mgr. François VAN DER BURCH Archevêque et duc de Cambrai Prince du saint Empire^ évâque du Gambresis; Son cœur fut toujours droit, ses mœurs angéliques, Toute sa vie très sainte.
Son àme est au ciel; sou corps reposée dans cette chapelle* Les héritiers de sa grande vertu Pour témoigner leur douleur de sa perte Ont fait dresser ce monument ' Il a vécu LXXVII ans.
11 a été doyen de Malines pendant 20 ans^ évâque de Gand S ans^ archevêque de Cambrai 98 ans.
Il a été partout ]»oii pure^ pasteur vigilant, toujours aimable. 11 mourut à Mona, en Uaînaut^ le 2S Mai 1644.
flambeaux. Son araison fiinèbre Ait prononcée en
préseace du clergé séculier et régulier, du gouvernenr^ du magistrat civil et militaire. Pendant les six semaines suivautes^ trois fois ciiaque jour^ on sonna les cloches en signe de deuil. Le diocèse * tout entier pleura cette perte. La douleur universelle ne ftit un peu consolée que par la nomination de monseigneur Joseph Bergaigne que François VanderBurch avait désiré lui-même pour successeur. Mais hélas I ce prélat fut enlevé deux ans après avoff pris possession du siège de Cambrai et mourut à Munster où il avait été envoyé par Plulippe IV Roi d^spagne^ pour conclure un traité de paix définitif entre la France^ TEmpire et l'Espagne.