CHAPITRE XVI
lift coips de François Tan der Biurcli est transporté à coMUroli — * prote—Mon ût êêl oepaitare
Les restes de Van der Burcii reposèrent dans 1 eglise des pères Jésuites de Mons jusqu'en 1779. A cette époque^ la cofiipaguie l'ondée par saint Ignace était supprimée : Monseigneur de Fleury^ archevêque de Cambrai, mionné que Téglise des Pères Jésuites allait être démolie^ résolut de faire revenir à Cambrai, le porps de son iliusire prédécesseur* La translation eut lieu du 4 au 6 Mai de la même année ^.
a 0 jour mémorable, s^écrie Pabbée Ouvray, principal du collège de Cambrai, dans 1 éloge historique de François Van der Burch quil prononça en 1785, en présence de Monseigneur Âlbert-Simon d'Âigneville de Millancourt, évéque d'Âmicles, et -
^ M. Le Glay. Gamer. cbristi. Pag. 68. L'abbé Ouvray. Eloge histonq. de VanderBurch. Pag. 109. — M. Eugène Bouly, Dictiolh histori. de la Tilie de Cambrai. Pag. 3^8.
146 Vm DE MGR. YANDERBURCH.
suffiragant de Cambrai } 6 jour mémorable^ où le premier signal de la translation fit éclater la reconuaissauce publique ! Les habitants du Cambresis sont dans une espèce dlvresse et couvrent la campagne : chacun veut aller au-devant de ce dépôt sacré : on regarde les monuments consacrés à la bienfaisance : on admire ces murs antiques qui bravent les outrages du temps et se relèveront par les largesses d'un homme qui n^est plus. Ici^ dit la mère à sa fille, ici le bon archevêque assura des secours à votre éducation, à notre indigence, à nos infirmités^ à nos infortunes. Là ce bon père consolait nos pa-* rents, visitait leurs pauvres chaumières, soulageait leur misère et pleurait avec eux : là ce bon arche-
vêque mettait la paix dans les familles, instruisait
les enfonts^ faisait rebâtir ces maisons et ces églises brûlées par les ennemis.
a Le laboureur quitte son habitation paisible ^ regarde avec satisfaction ses champs fertiles autrefois^ dévastés et arrosés du sang de ses pères. U veut rendre hommage au bienfaiteur commun ; les travaux interrompus comme aux jours des fêtes ; la pompe de la mort qui n'a plus rien d'efirayant : un murmure sombre eit religieux^ le son des instruments et des cloches ; des chants lugubres^ des ac* clamations publiques : tout inspire des sentiments de joie mêlés d^une secrète horreur : tout inspire la confiance^ excite Fadmiration. On admire sa vie^r ^
pleure sa inort^ od jette des fleurs sur sa tombe : chacun bémt sa mémoire^ et dans 1 euliiousiasine de la reconnaissauce on prodigue aux cendres de cet hoaune vertueux des honneurs que la pompe orgueilleuse des grands peut à peine arracher du devoir et n'obtient jamais de la nécessité. »
Ces paroles prononcées dix ans après la translation du corps de Van der Burch à Cambrai^ et que nous ne citons pas comme modèle de bonne littérature^ prouvent du moins avec quel saint empressement les habitants de Cambrai et des environs reçurent au milieu d^eux les restes de rarchevéque vénéré. « Monseigneur de Fleury, accompagné de son clergé ^ et da corps séculier de la ville^ se rendit au-devant du convoi jusqu'au dehors de la porte Notre-Dame^ où le cercueil lui fut remis par M. Dumont^ doyen de chrétienté et curé de Saint-Germain à Mous. Le cortège retourna à la Métropole, et le cercueil fut placé au milieu de la nef dans une chapelle ardente. Après les prières et cérémonies d usage le corps tut laissé à la garde (le plusieurs prêtres ; et dans la soirée, on fit Touverture de la bière et la reconnaissance du corps. » 11 conste par le proeès-verbàl dressé en présence de Monseigneur deFieury, des Vicaires-Généraux et de plusieurs personnes honorables, que le corps fut trouvé sans
^ Gamiiracum chris. Pag. C8.
corruption. Le LeDdemain 7 Mai, un service solennel eut lieu à 10 heures; Monseigneur de Fleury officia pontiûcaiement ^ puis le corps fut inhumé sous le grand, autel, dans le caveau des archevêques.
Monseigneur de Fleury fit ramener aussi de Mons
le magaiiique tombeau de Van der Burch, et on le
plaça en 1780 dans la chapelle de Saint-Jean Tévangcliste. A la même époque, M. Aubert Parent, natif de Cambrai ^, sculpteur du Roi, oflHt le dessin de . ce monumentaux religieuses de la maison de Sainte- Agnès, et on le plaça dans la chapelle de la maison, avec une inscription qui rappelait la translation des restes de François Van der Burch, et le pompeux appareil déployé à cette occasion.
En 17d3, une bande de forcenés qui du reste, n'appartenaient pas au pays, s'abattit sur Cambrai^ et se livra aux excès les plus révoltants, se faisant appeler Farmée infernale 5 elle ne respecta point la sépulture de notre archevêque, et les restes de cet ami du peuple et des pauvres furent profanés et dispersés à l^exception d'un tibia sauvé de la desiructioa par un pieux fidèle, dont la famille a de tout temps joui à Cambrai d'une considération méritée. M. Crespin, orfèvre, avait examiné de loin toutes les démarches des profanateurs^ et remarqué Ven*
* Recherchoji sur TEgUse Métropolitaine d» Cambrai. P. 7t.
VIE DE HGE. VANBERBURCH* 149
droit où ils avaient amoneelé les ossements de Van dcr Bnrch qui ne furent jetés que le lendemain dans TEscaut par la grille de Tabreuvoir du marché aux Poissons. Il profita de la nuit pour soustraire cet ossements et il le conserva dans sa maison avec un grand respect jusqu'en 1817. A cette époque les anciennes religieuses de Sainte-Agnès reuirèreut dans leur maison^ et M. Grespin remit ce pieux dép6t à M"* Ricbardj supérieure de l'établissement. La dernière supérieure^ IP'Ddbreuque, remporta avec elle^ lorsqu'elle fut expulsée en 1841 : c'est d'elle que nous Pavons reçu^ et nous le conservons pieuse«> ment avec toutes les pièces qui en constatent Tauthenticité*
Quant au monument de Van der Burch, nous lisons dans le JHctionnaire historique de M* Eugène Bouly, si bien versé dans la connaissance de Tbistoire de Cambrai^ que « ^ brisé^ mutilé pendant les profanations révolutionnaires, il échappa néanmoins à une destruction complète. La belle statue du saint prélat, remarquable morceau de sculpture en marbre blanc, demeura presque intacte ^. Il en fut de même de deux figures de l'Espérance et de la Charité, dont peut-être on avait orné le tombeau dans TégUse métropolitaine. Ces œuvres d'art furent déposées
* Dict. hist. (le la ville de Cambrai. Page 388. ^ Le nez seul fut brisé d'un coup de marteau. (Note de M. Eog. Bouiy.)
plus tard dans rancienne chapelle de la maison de Sainte-Agnès, où elles demeurèrent inutiles jusques en 1845 j époque de la restauration de la chapelle. Alors rarchitecte ménagea dans un mur de la nef une arcade où il établit un nouveau mausolée dans la composition duquel il fit entrer la statue principale et les deux statues accessoires* Ce monument se compose d\in sarcophage élevé sur un stylobate« Sur le sarcophage est placé la statue du prélat vétu de riches ornements pontificaux^ couché sur le côté gauche^ la tête appuyée sur des coussins et dormant du sommeil de ^éternité. De chaque c6té de rarcade^ veillent TEspérance à droite et la Chanté à gauche. Ces deux belles statues^ en marbre blanc , comme celle de rarchevèque, sont remarquables par le style et par la finesse de Texécution. Pour compléter la pensée préparée par ces deux statues, Tarchitecte a placé d'une manière ingénieuse sur le sarcophage les symboles de la foi*
« Au milieu du centre de Tarcade, sont les armes de Van der Burch, duc de Cambrai^ et comte du Cambresis, avec sa devise : Unitas libertati» arx. Sur la base du monument, on lit 1 inscription suivante :