CHAPITRE V
Mou himililiê»
Llramilité est le fondement des Yertns ebrétien*
nés nécessaire à tous^ elle Test bien plus encore anx ecelésiastiques. Ils sont appelés à être les images
vivantes du Dieu qui a dit : Apprenez de moi que je mk doux et humble de cœur; étant obligés à une plus grande sairiteté à raxsou de la sublimité de leur ministère^ et de la nature de leurs fonetions^ ils doivent^ comme le dit saint Augustin^ commencer
i Voyez la note H.
par jeter les fondements d'une plus profonde humilité enfin c^est aussi par rhumiiité qu'ils peuvent attirer sur leurs travaux apostoliques les bénédictions de Dieu qui donne sa grâce aux humbles et qui résil^te aux superbes. Mais cette vertu si indispensable^ est en même temps d^lne pratique bien difficile^ surtout pour ceux qui sont élevés à des postes éminenis^ et qui favorisés des dons de la nature et de In grâce font de grandes choses et attirent sur eux les regards et les applaudissements des hommes.
LTiumilité de François Van dcr Burch a été si parCûte que bien qu'il fût né pour remplir les plus hautes charges de l^glise^ et qu'au jugement de tous^ il les remplit admirablement^ il se regardait cependant comme le dernier de ses frères^ et ne se croyait en quelque sorte propre à rien. Ce fut à cause de cette basse idée qu'il avait de lui-même que nous l'avons vu lEùre à tant de reprises, de si pressantes instances, et toujours d'une manière sérieuse et pleine de sincérité, pour décliner, et le dovcniic de réglisc métropolitaine de Malines, et l'évéché de Gand, et l'archevêché de Cambrai. On peut dire qull fuyait les dignités avec le même empressement que la plupart des hommes mettent à les rechercher. En cela il a marché sur les traces des plus saints évéques qui ont illustré, dans les premiers siècles, l'église de Jésus-Christ, des Cy-
prien^ des ChrysostAme^ des Ambroise, des BasQe^ des FulgCDce^ des Âthanase^ de tous ces prélats qui doués des plus sublimes vertus et d'un génie supérieur u'ont cédé qu à la violence en acceptant Tépiscopat. Dans le temps même qu^il était archevêque de Cambrai^ et qu'il administrait son diocèse avec tant de gloire, François Van der Burch eut plus d'une fois la pensée de se démettre de sa charge. Il en a souvent exprimé le désir, et il aurait eu effet renoncé à sa dignité^ s'il eût pu en obtenir la permission du Souveram-Pontife. Est-il donc étonnant qu'il ait refusé A souvent les. grandeurs^ puisqu'il ne demandait qu'à être le dernier de tous ? C'est encore sa grande humilité qui le portait à consulter les autres, et à se rendre volontiers à leurs avis. Le plus ardent de ses vœux eût été même , s'il Tavait pu, de perdre toute volonté propre, en se consacrant à Dieu dans quelqu'ordre religieux» Il avait un attrait particulier pour la Compagnie de Jésus, où jeune encore^ il avait cherché à être admis; et la raison principale qui le portait à préférer cet ordre aux autres^ c'est que là> il aurait été plus assuré de mener une vie humble et cachée en Jésus-Christ^ par le vœu particulier qu'on y fait de refuser les dignités ecclésiastiques, bon maintien^ sa démarche^ ses discours^ ses manières , tout en lui respirait ^humilité la plus profonde^ et il cvitait avec soin dans ses meubles^ dans ses chevaux, dans ses équi-
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pages^ dans ia livrée de ses domestiques^ dans toute
sa mcuson l'apparence même du faste et de la grandeur. L'amour qu'il avait pour l'humilité lui en iaspirait aussi pour ceux qui sont dans l'humiliation^ comme les indigents et les personnes de basse
condition. Que de fois ne Ta-t-on pas vu assister aux catéchismes et aux instructions qu'on fàisait aux pauvres, leur distribuer lui-même ses aumônes dans les rues^ et converser avec eux d'une manière bienveillante et affectueuse ? Cette vertu d'une pratique si difiicile^ on eut dit qu'elle lui était propre et naturelle.