CHAPITRE IV
MM fermeté Wrmn^oH^nm r««ignallM à la Tolonté de
Dieu» 6a coiàllaace eu la ProTldence.
La fermeté est une vertu indispensable dans un
évêque ; car^ défenseur de FEglise^ et ennemi du Tiee et de Terreur, il peut s^attendre à avoir beaucoup à souilrir ; les contradictions sont Tapanage de sa dignité. François, comprenant bien qu'il était constitué par Jésus-Christ pour protecteur de son Eglise qm est son épouse, maintint toujours avec zèle, comme nous Tavons raconté plus haut, les droits et les immunités de son Siège.
Mais sa patience égalait sa fermeté : il supporta avec un calme admirable les injures^ les railleries^ les afiCronts, et les tracasseries que lui suscita souvent sa fidélité à remplir son devoir 5 et comme c'est le propre des grands cœurs, il était toujours disposé à rendre service à ceux de qui il avait le plus à se
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plaindre et qui n'avaient laissé échapper aucune occasion de lui nuire : Charité d autant plus admi-
labie, que par tempérauiment, il était porté à la colère* Hais il en comprimait les saillies avec tant de
bonheur qu'on eût cru que la douceur lui était naturelle. On pouvait dire de lui comme de Moïse qu^il était le plus débonnaire de tous les hommes^ et nous
pouvons ajouter que personne n'a mieux observé la
loi du Maître qui nous recommande d'être doux et humble de cœur.
Lorsqu'on vint lui annoncer que les Français venaient de se rendre maîtres de la vUle du CàteaUj que toutes ses fermes^ au nombre de dix-sept^ avaient été saccagées^ brûlées^ détruites ; que son mobilier et le blé qu'il tenait toi^ours en réserve au Gâteau avait été pillé ; qu entin toute la ville n'était plus qu'un monceau de décombres et de ruines^ il se contenta de répondre sans laisser percer la moindre émotion : Vous ne mamumcez rien de nouveau ; je l'avais prévu, et je rny attendais depuis longtemps.
Cette impassibilité au milieu des malheurs qui fou- ' datent sur lui^ était un firuit de sa coiiformité à la volonté de Dieu. 11 savait que rien n'arrive sans la permission divine^ et il regardait comme indigne d'un chrétien de s'enfler dans la bonne fortune, et de se laisser abattre dans les revers. 11 avait choisi pour épigraphe cette sentence : Funùm est la sauve- ^ garde de la liberté, et fidèle à cette devise, il unis-
sait en toutes choses sa volonté à la volonté divine^
et c'était cette uiuoii qui en Télevaut au-dessus de l'adversité^ le maintenait dans une paix parfaite^ toujours maître de lui-même.
Il avait aussi en la Providence une confiance aveugle qui centuplait son courage; et appuyé qu'il était sur Dieu^ rien ne lui paraissait impossible. Nous aimons ceux qui nous ressemblent; et voilà ce qui explKjue Faflfection particulière qu'il portait à Tempereur Ferdinand^ comme lui homme d'un grand cœur et d'une confiance inébranlable en . Dieu. Il aimait à parler de ce prince^ et témoignait souvent Testime qu'il faisait de sa rare vertu. La confiance en Dieu produit la joie spuritucUe^ et cette joie éclatait dans les traits^ dans les yeux^ dans la conversation de François. La tranquillité inaltérable de son àme donnait à sa physionomie un air serein et toujours riant.