‹ Vie de Mons. Vanderburch archevèqueChapitre 23 sur 51 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

La prudence de nançpta.

Par pradence Boas entendoiis ki la iiradeiice Técir

iaiÀe, et non pas cette finesse à laquelle le siècle donne à tort le nom de prudence^ et dont toute l'habileté consiste à dissimuler et à tromper avec art. dette fausse prudence Franfois Favaît en horreur ; fl la fuyait coaune une peste ; son àme était droite et sioeère^ et il aimait les hommes de ce caractère.

0 s'attachait à oette Traie prudence^ qui est^ selon

le philosophe^ la droite raison et la règle de la con*duite pow toutes les aetioM de la Tie. C'est le propre de cette droite raison de délibérer^ de prendre son parfis d'exécuter promptement. Or François ne fed* sait jamais rien sans en avoir délibéré mûrement et pris conseil. Il ne consultait pas uniquement pour la formoj décidé d'avance à prendre tel ou tel parti; mais il écoutait les objecUous qui lui

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étaient faites, il pesait mûrement les difficultés qu^on

lui opposait^ et discutait sérieusement les raisons pour et contre. Il ne changeait jamais rien à ce qui était établi sans espérer avec fondement que ces changements seraient avantageux, et que ces avaur tages seraient durables. Il avait naturellement un jugement très droit, un rare esprit de discernement, et 1 application aux aiîaires avait beaucoup perfectionné ses talents naturels ; il savait toujours donner à chaque chose en paiticulier le soin et le temps qu'elle exigeait* Selon ce que demandent les règles de la prudence, son œil était ouvert à la fois sur le passée le présent et Tavenir. Ces nombreux registres où il relatait de sa main tous les actes de son administration, lui rappelaient aisément le pas* sé ; quant aux afEeûres présentes, il les examinait soigneusement sous toutes leurs faces : enfin il prévoyait quelles seraient dans Pavenir les suites de ce qu'il se décidait à ordonner ou à entreprendre. Prié un jour d'infliger une punition à un homme qu^on accusait auprès de lui, il s'abstint de le déclarer coupable, dès qu'il vit que la faute dont on le chai^ geait n'était pas pariaitement prouvée^ bien qu'a y eût de fortes raisons pour présumer qu'elle avait été commise. 11 suivait en cela cette maxime du Sage : que dans le doute si un accusé est coupable ou non^ il faut présumer en sa faveur, et laisser plutôt impunis dix coupables que de frapper un innocent.

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Enfin il était d'une prudence si rarc^ (iiie comme on a donné à certains princes les surnoms de Jusie^ de Clément, de Pieux^ a cause de leur clémence^ de leur piété^ de leur amour pour la justice^ on aurait pu, pour le désigner par sa qualité distinctive, rappeler François-le*Prudent. C'est ce que disait un homme d'un grand mérite^ Monseigneur Paul Boudot^ ancien évéque d'Ârras^ et prélat aussi distin- . gué par ses talents que par sa rare vertu. C'est aussi ce qu'ont reconnu plusieurs autres évéques^ qui pleins d'admiration pour la manière forte et suave dont il gouvernait son diocèse^ Font supplié avec instance de leur communiquer sa méthode. Lorsqu'il n'était encore que Doyen et Vicaire-Général de Malines^ le diocèse entier admira la sagesse de son administration. Cette réputation de prudence ne ût que croître à mesure qu'il ftit appdé à de plus hautes dignités y elle se répandit jusque dans les pays les plus éloignés^ semblable à une lumière qui placée sur un lieu plus élevé, s'aperçoit de plus loin. Ainsi révéque de Vabres^ dont le diocèse était situé dans la Guyenne, et assez près de Toulouse^ lui écrivit pour le prier de lui tracer par lettres la manière dont il gouvernait son diocèse*

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