‹ Vie de Mons. Vanderburch archevèqueChapitre 45 sur 51 · QUATRIEME LEÇON · texte numérisé non relu

QUATRIEME LEÇON

D. Qu'est-ce qu'on sacrement?

R. C*est un signe visible de la grâce invisible , institué par notre Seigneur Jésus-Christ pour la sâiicUlieatioû de nos âmes.

D. Qu'appeiez-Tous signe visible?

CiLXÉCUXâM£

R. C'est-à-dire que le sacrement consiste dons une chose visible ou senftible^ comme ce que nom YOjdm, ce foe nous toachoDS» ce que noms entendons, ee qne wm apercevons par quelqn*un de nos sens.

D. Donnez-en quelques exemples ?

R. Par exemple, dans le eacremeai de baptôme, rean qoi aert naturellement à laver le corps, étant ymée ma la tète de Tenfant pour la laver do la tache originelle : dans le sacrement de pénitence, Tabsolution que le prètro dcMUie est le signe visible et sensible de l'absolntion intérieure qw Bien donne anx pécheurs; ainsi des antres sacrements.

D. Pourquoi ajoutez-vous qne Jésus-Christ a insliiuéles sacrements pour la sauctilication des âmes?

R. Pared qa*il les a insUtm^s pour Teoâté les hoimes saints et agréables à Dieu^ pour donner, eonserver et augmenter la grâce avec Dieu.

D. Combien y a t-il de sacrements ?

R* Il y en a sept : Savoir, le baptême.» U coaûrmatioB, Teuebaristie , la pénitence , rextréme-onotïon , Toolre et le

mariage.

D. Pourquoi dites-vous que Jésus-Christ a institué les sacrements an nombre de sept?

R. Pour pourvoir & tous les besoin^ spirituels de l'Eglise et de chaque fidèlo en particulier. Le baptême nous fait naître spirituellement, la contirmaiion nous fiait croître dans \, vie spirituelle et nous y fortifie ; Tencharistie nous nonr^ rit; la pénitence nous guérit; l'extrême-onction nous aide à bien mourir; Tordre donne des ministres et des pasteurs à l'Eglise; le mariage lui donne des sujets pour la peipétuer. L'on peut voir dans le rapport de la vie spinCnelle ft la vîo naturelle : il faut naître, croître et se fortifier, se !iv>urrir, se guérir étaut malade, et remédier aux restes delà maladie, comme à la langaear^ 4 la laiblesse; ilDsot des

DË MGR. VAN i)m BUKCH. 283

magistrats pour gouvcriKîr; il faut le luuiiage pour entretenir , et maltipiier le genre iiumaïu.

D. Combien y a t-il do choses néeessaires pour faire un sacrement?

R. Deux ; la matière et la forme.

D. Ou est-ce que la matière d'un sacrement?

R. C'est 1^ chos^ visible dont on se sert pour Tadministration d'nn sacrement ; comme Tean dans le baptême ^ et l'usajre qu'on en fait en versant l'eau sur l'enfant ; la sainte huile dans rextrôme-onctioa , et ToAction qu'on en £ait au malade.

D. Qu'est «ce que la forme d'un sacrement?

R. Ce sont les paroles qu'on prononce en administrant un sacremeot» comme ceUes-ci dans le baptême : Je te baptise aanom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit.

D. Par qui lea sacrements doivent-ils être adioinistréa

aux Mêles ?

ft. Par les ministres de Jésus-Christ et de l'Eglise. ])« Tous les sacrements sont-ils semblables?

R. Non : Car il y en a qu'on ne peut recevoir qu'une f(MS> d'autres qu'où reçoit plusieurs fois. Il ea a qu'on i^peUe sacrements des morts, et d'autres qu*on nomme sacrements des vivants.

D. Quels sacrements peut-on recevoir plusieurs fois

R. 11 y en a quatre : Savoir ^ l'eucharistie, la pénitence, Textréme-onction , et le mariage.

D. Quels sacrements ne peut-on recevoir qu'une fois ?

R. Il y en a trois , le baptême , la couiirmaliuu , et Tordre.

D. Pourquoi ne peut^on recevoir ces sacrements qu'aune fois ?

il. Parce qu'ils impriment un caractère.

D» Qu'appelez-vous caractère?

CATÉCHISME

R. C'est us signe spiritael imprimé dans Ykme, pour distinguer ceux qui ont reçu ces sacrements d'avec ceux qui ne les ont pas reçus , et pour opérer eu eux des effets particuliers. Ce signe ne peat s'effacer , et il demeurera ëteniellement en l'Ame de ceux qni Tauront reçn^ et fl sera uuo marque d iioiiiiour aux bienheiweux dans le ciel, et au contraire une marque de confusion aux réprouvés dans l'enfer.

D. Qn'appelez-Yons sacrements des morts?

R. Ce sont ceux qu'on peut recevoir sans être en état de grâce ^ et par lesquels on est mis en cet état, si on n'y apporte pas d'empêchement; tels sont le baptême et la pénitence.

D. Qa'appelez-Yoos sacrements des vivants?

R. Ce sont ceux qu'on ne peut recevoir, si l'on n'est en état de grâce ^ à moins de sç vouloir rendre coupable de sacrilège : ce sont les cinq'antres.

D. Qnel est le pins grand et le plus angnste dessacrements?

R. C'est l'eucharistie, parce qu'il ne contient et ne confère pas seulement la grâce , comme les autres sacrements , mais qu'il contient vraiment et réellement Jésus-Christ, vrai Bien et vrai homme , antenr de tontes grâces et de tonte sainteté. De pins la forme étant appliquée à la matiftre, les autres cessent d'être sacrements ; celui-ci dure aussi longtemps que durent les espèces , ou que le pain durerait s'il y était encore.

B, Qnel est le pins nécessaire de tons les sacrements ?

R. C'est le sacrement de baptême, parce que sans lui on ne peut être sauvé.

B. Pourquoi notre Seigneur a«t*il institué les sacremonts?

R. Pour nous appliquer les mérites de sa mort, et passion , et par cette application effacer nos péchés et nous donner ses grâces.

D. Les sacremento donneot-Us toujours la grâce à ceux qoi les reçoivent ?

R. Non ; mais seulement à ceux qui les reçoivent avec '

les dispositions nécessaires.

D. Le même sacrement confère-t-il également ia grâce à tons?

R. Non : mais à proportion des dispositions de ceni qui

les reçoivent.

D. Quel est le premier d© tous les sacrements? R. C'est le baptême^

D. Qn'estpce qne l^saerement de baptême?

R. C'est nn sacrement qui efface le pëcbé originel , nons fait clirétiuu et eufant de Dieu par la grâce (ju'il iiuus confère.

D. Le baptême efface*t"il anssi les autres pécbés? R. Oni ; il efface tons les pécbés qu'on peut avoir commis depuis sa. naissance, si l'on a atteint l'usage de la raison;

quelqu'<5iiornTes qu'ils soient, le baptême les efface tous.

D. Combien y a-t-ilde sortes de baptême?

R. U 7 en a trois sortes j le baptême d*ean , le baptême de désir , le baptême de sang.

D. Qu'est-ce que le baptême d'eau ?

R. C'est le baptôme ordinaire qui se fait avec l'eau et la parole ; je te baptise au nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit.

D. Qn'estHse que le baptême de désir?

R. C'est le désir et la volonté de recevoir le baptême d'eau quand on ne peut effectivement le recevoir , pourvu qne ce désir soit accompagné d'une cbarité parfaite et d'un parfait amour de Dien.

D. Qu'est-ce que le baptême de sang?

R. C'est le martyre., ou la mort soufferte pour l'amour de JésQS-Gbrist.

286 CATÉCHISME

D. A quoi tfous oblige le baptême ?

H. A croire en Dieu , ù garder ses commandements, à renoncer à Satan , ù ses pompes et à ses œuvres

£>. Qa^appelez-Tons renoncer à Satan?

K. C'est abandonner entièrement le parti du Démon, ne V ouloir lui obéir , ni Gtre du nombre de ceux qu'il gouverne et qui suivent ses lois.

D. Qu'appelez-Tons renoncer aux pompes de Satan?

R. C'est renoncer aux vanités et à Téclat trompenr du monde, à l'ambition, à la vaine gloire, au luxe , aux spectacles, aux bals , aux danses et autres vanités et tromperies de Satan, par lesquelles il sëdmt si souvent les hommes.

D. Qu'appeles-vons renoncer aux œuvres de Satan.

R. C'est reouiicer aux pLclii^s et aux maximes corrompues du monde ^ qui sont contraires à celles de Jésus-GitrisL TèUes maxhnes aent par exemple : qu*il faut faire conmie les autres , être lîbertÎD et débauché eomme la plupart des hommes ; qu'il est honteux de ne pas se venger quand oa a été offensé ; d'être doux , patient, et humble.

D. Sommes-nous obligés de garder les promesses que nos parrains et marraines ont faites pour nous à notre baptême ?

R. Oui ; puisque Dieu ne nous a donné la grâce du bap* tême que sous cette condition.

D. Comment les gardons-nous?

R. Si nous croyons fermement les vérités de la religion chrétienne, et si nons menons sue vie conforme à ses maximes.

D. Qu'est-ce que la confirmation?

K. C'est un sacrement qui nous donne le SaintË-sprit avec la plénitude de ses dons et de ses grâces , qui nous rend parfaits chrétiens , et nons donne la fbree de tonfesser la foi de Jésus-Christ même au péril de notre vie.

B. La confirmatioii est elle absoiament nécessaire pour être sauvé?

R. Non ; mais ceux qui négligent de la recevoir quand ' il est possible, pèchent cerUuatîmeut et se privent des gr&ees que communique ce sacrement.

ê D. Gomment révêque aâmini8(re-t*il ce sacrement ?

K. 11 prend du saiat chrême qui usL de l'huile d'olive ^ mêlée de baume qu'il a consacré le jeudi saint, dont il fait à celai qa*il confirme nne onction en forme do croix snr le ilpont , avec le poaee, en dissnt : Je H confirme du ckréme du salut, au nom du Père ^ et du Fils et du Scmit-Esprit : Pois , il frappe légèrement sur la joue ; cérémonies qui sont pleines de mystères que nous allons expliquer.

JD. Que signifient l'huile et le baume dont on se sert dans ce sacrement?

R. L'huUe signiiie Taboodance des grâces du Saint- Kqprit qui se répand dans les &mes; le baume mêlé avec rhuile marque par sa bonne et agréable odeur , que le chrétien qui est prêt à confesser la foi de Jësns-Christ, doit édiûer le prociiain par l'odeur d'une sainte vie, au lieu de le corrompre par le scandale d'une vie indigne d*un soldat de Jésus-Christ,

D. Pourquoi i évèque laiL-ii ronctîon sainte sur le front?

R. Parce que le Iront est la partie la plus haute et la plus apparente du corps, et que les signes de la hpnte et de la crainte sont principalement sur le front : nous enseignant par là que nous ne devons avoir ni honte ni cr«unte à confesser la foi de Jésus-Christ.

D. Pourquoi fait-il Tonetion en forme de croix?

R. Pour muulrer que nous devons être cruciliés avec Jésus-Christ , et que nous ne devons pas rougir , mais au contraire nous faire gloire de la croix qui a été l'instrument de notre rédemption et de notre salut.

GATECRfSHE

D. Pourquoi donne-t-il on soufflet à celai qQ*iI a coofimét R. AfiD qa'il 86 souvienne qn*il doit être prêt à sonffirir

toute sorte d'affronts et d'injures pour Tainoar de J^isus- Cbrîat; comme aussi pour loi souhaiter la paix , le plus aimable et le plus précieux de tons les biens et qni les renferme tous. C'est pour cela qu'il dit alors : la paix sùU avec vous, paroles i^ue le sauveur a souvent adressées à ses disciples.

D. Pourquoi ûiet-on un bandeau sur le firont da confirmé?

R. Afin qu'il se souvienne de conserver avec soin la grâce de ce sacrement , comme étant d uu prix inestimable, et pour empêcher que Tonction du saint chrême ne soit profanée.

D. Ddiis quelles dispositiouâ laut-il èliepoor recevoir ce sacrement avec fruit?

R. Si on a atteint l'âge de raison , !<> il faut être instruit des principaux mystères de la foi chrétienne ; 9^ il faut être en état de grùce, 3° désirer beaucoup de recevoir le Saint* Ësprit avec l'effusion de ses dons et de ses grâces, et le demander par d'instantes prières à Texemple des apôtres, qui ne le reçurent qu'après avoir persévéré dans la prière, tout le temps qui est renfermé entre TAscension et îa Pentecôte, jour auquel ils reçurent ce don de Dieu très haut, 4« être bien lavé , vêtu modestement ; et recevoir ce sacrement avec grande modestie et dévotion.

i>. Qu'est-ce que le sacrement de pénitence ^

R. C'est un sacrement qui efface les péchés commis après le baptême.

D. Quelles sont les dispositions pour recevoir le sacrement de pénitence?

R. Il y en a cinq : l'examen de conscience^ la contrition le bon propos , la confession et la satisfaction. *

D. Sur quoi doit-on s'examiner ?

BË MGR. VAN D£R fiCRCH. 28

li. Sur les commandements de J)ieu et de son Eglise, sur les sept péchés capitaux , sur les neuf manières dont nous sommes cause des péchés d'aotrui^ et sur les devoirs.

de son^état.

D. Combien y a-t-il de sortes de repentirs du péché?

R. Il y en a deux aortes : la contrition parfaite^ et l'imparfaite qui est l'attrition.

D. Qu'est-ce que la contrition parfaitef

R. C'est une douleur d'avoir offensé Dieu pour l'amour de Dieu même , d'autant que le péché déplaît à sa bonté infime , laquelle nous devons aimer sur tontes choses»

D. Qu'esta que l'attrition?

R. C'est une douleur d'avoir oflfensé Dieu , pour la honte attachée au péché ou par la crainte du châtiment qu'il mérite»

D. La contrition parfaite effaee-t-elle nos péchést .

R. Oui ; à condition néanmoins de nous en confesser , quand on le peut.

D. L'attrition les efface*t-elle aussi?

K. Non; mais elle nous dispose à recevoir la rémission de nos péchés par rabsolntion du prêtre.

D. Qu'est-ce que le bon pro])Oii?

R. C'est une ferme résolution de ne plus offenser Dieu.

D. Qu'estpce que la confession?

R. C*est une dédaratîon exacte de- tous ses pîchés an moins mortels faite à un prêtre approuvé pour en recevoir l'absolution.

D. Qu'est-ce que la satisfaction ?

B. C'est de satisfaire à Diea et au prochain ; à Diea en accomplissant la pénitence qne le prêtre nous donne , on d'autres bonnes œuvres : au prochain , en lui rendant ie bien ou F honneur que nous lui avons pris injustement.

D. Qa'est -ce que l'eucharistie?

la

CATÉCHISME

R. C'est un sacrement qui contient le vrai corps , le vrai sang , râme et la divinité de notre Seigneur Jésus-Christ 8008 les appariées du pain et du Tin,

D. Qa'entendez-vons par les apparences?

R. J'entends ce qui parait à nos yeux, comme la couleur, la figure et le goût.

D. ^e reste-t-ii plus de pain ni de ?in sous les apparenées?

R. Non : tonte la substance dn pain et dn vin est changée

au corps cL au sang de Jésus- Clirist,

D. Comment se fait ce changement?

R. Il se fait par la yerta des paroles de la consécration qne le prêtre prononce an nom de Jésus-Christ.

B. N'y a-t-il qne le sang de Jésus-Christ dans le calice après la consécration?

R. Tout y est^ son corps, son sang, son âme, et sa divinité , anasi bien sons les apparences dn pain.

Page 1