CINQUIÈME LEÇON
I), Qu'est-ce que le péché?
R. Tous ce qui se dit , ce qui se pense , ce qui se désire, oe qni se fait ou qai s'omet volontairement contre la loi et la volonté de Dien et de TEglise.
D. Combien y a-t-il de sortes de péchés?
R. Deux : rorigincl et l'actuel.
D. Qu'est-ce que le péché originel?
R. C'est celui que nous apportoos eu oaissant, à cause du péclié d'Adam, notre premiei père.
B. Qu'estHse que le péehë actuel?
R. C'est celui (^ue nouâ commellouâ ayant atteint Tusage de raison.
D. Combien y a*t*il de sortes de péchés actnele? R. Deux , le mortel, et le yéniel.
D. Qu*e8t-ce que le péché mortel ?
R. C'est celui qui donne la mort à l'âme €t qui lui fait perdre la grâce de Dieu , comme tuer , se parjurer^ blasphémer , s'absenter sans nécessité de la messe un jour de « dimanche ou de fête commandée.
D. Pourquoi Tappelez-vous mortel ?
R. Parce qu'il nous ôte la grftce de Dieu , qui est la vie ^iiitaelie de notre âme.
D. Ou'est^e que le péché véniel t
R. C'est une offense , mais plus légère qui ne nous ôte point la grâce de Dieu , ni ne mérite les peines de l'enfer^ mais bien celles du purgatoire ou autre châtiment temporel,
D. Est-ce assez d'être baptisé , d'ayoir la foi pour être
sauvé?
R. Non : il faut encore garder les commandements de Dieu et de l'Ëglise.
D. PouTons-nous garder les commandements de Dieu et
de l'Eglise?
R. Oui ; nous le pouvons avec la grâce de Dieu qui ne manque jamais à ceux qui la demandent comme il faut; Dieu est trop juste pour nous commander des choses impossibles^ et nous damner pour des péchés inévitables.
D. Combien ya-t-il de commandements de Dieu?
R. Il y eu a dix , dont trois regardent Dieu , et les sept derniers le prochain.
CATÉCHISME
B. A quoi doqs oblige le premier ecHnmandçment : tm seul Dieu tu adoreras et aimeras parfaitement?
R. Il nous oblige à quatre choses ; k croire en Dieu , à espérer lui, à l'aimer parfaitement^ et à n'adorer que loi seul*
D. Ou est-ce que de croire en Dieu ?
A. C'est de croire fermement qu'il n y a qu'un seul Dieu, et de se soumettre à tontes les vérités qu'il a révélées à son Bglise.
D. Comment a-t-il révélé ces VLiiiéo tiouii Eglise.^
R. Par récriture et la tradition.
D. Gomment pèche-t^on contre la foi ?
R. En quatre manières en ne croyant pas les vérités qne la foi nous enseigne , 2" en les niant extérieurement, en ne les confessant pas quand on y est obligé, S» en doutant volontairement des vérités , i° en négligeant de s'instruire de celles dont la connaissance est nécessaire au salut.
D. Qu'est-ce qu'espérer en Dieu?
il. C'est d'attendre avec une ferme conâance en sa l>onté infinie les biens qu'ils nous a promis.
D. Quels sont ces biens que nous espérons de Dieu?
R. C'est le salut éternel avec les grâces et les secours dont nous avons besoin pour y arriver.
D. Comment pèche-t-on contre Tespérance ?
R. En deux manières, premièrement lorsque désespé-* rant de son salut on le néglige entièrement sans vouloir quitter ses péchés ni se convertir à Dieu ; secondement lorsque présumant de la nûséricorde de Dieu ou de ses propres forces, on diffère sa conversion.
D. Qu'est-ce qu'aimer Bien?
K. C'est (le nous iitlachur d lui par les airections de notre coeur, désirer de iui plaire, et de le glorifier en toutes choses.
D. £ii combien dd manières pèche-t-mi contre Tamour de Dieu ?
R. En trois manières : premièrement en aimant quelque chose avec tant de dérèglement qu'on le préfère à Dieu; c'est aiosi que les pécheurs aiment les honneurs, les richesses > et les plaisirs. Secondement ayant des sentiments de haine contre Dieu. Troisièmement ayant du dégoût et de l'aversion pour les choses de piété et pour les choses qui regardent le service de Dieu.
D. Sommes-nous obligés d'aimer notre prochain?
R. Oui , car notre Seigneur nous dit expressément : tu aimeras ton prochain comme toi-même.
D. Qu'est-ce qu'aimer son prorhain comme soi-niéme?
R. C'est do lui désirer et lui procurer le même bien qu'on se procure justement à soi-même.
D. Sommes-nous obligés d'aimer nos ennemis?:
K, Oui ; notre Seigneur nous commande expressément de les aimer, de prier pour eux , comme il l'a fait lui-même sur la croix ; et de leur faire du bien selon notre pouvoir»
B. Qu'est-ce qu'adorer Dieu ? * ' R. C'est le reconnaître par les actes de religion pour notre créateur et souverain Seigneur , et protester que nous dépendons de lui en toutes choses.
D» Comment pôciie-t-on contre l'adoration qui est due à Dieu?
R. On pèche par irrévérence^ et par superstition. ' D. Comment pèche-t-on par irrévérence ?
R. En blasphémant le nom de Dieu , ou en profanant les choses saintes ou en faisant injure aux personnes consacrées à Dieu. '
D. Comment pèche-t-oa par superstition ?
R. £n pratiquant comme un acte de religion ce qui ne Fest point, on ce qui n'est pas approuvé par TEglise.
CATECHISME
D« Qa'esl-ce que Dieu nous défend par le second commandement : Dieu en vain ta ne jureras ni antre chose pareil* leinent«
R. Il nous défend par le second commandement quatre choses; premièrement, l'abus du jurement , secondement le blasphème ; troisièmement Timprécation ; quatrièmement la transgression des ranx.
X), Comment se fait l'abus du jurement ?
R» Il se fait en trois manières ; premièrement quand ùù,
jure contre la yérité^ qui est toujours péehé mortel qa\in appelle parjme. Secondement lorsqu'on assure avec jurfr<
ment qu'on fera une chose mauvaise ; troisièmement quand on jure sans nécessité et sans la xé?érence qui est due à Dieu.
D. Qu'est-ce que le blasphème?
R. C'est une parole détestable , iignriense à Dieu ou aux saints , c'est-èrdire , une parole , par laquelle on attribue à Dieu aree impiété quelque défaut, on par laquelle on nie quelque perfection qui lui convient essentiellement : comme tous ceux qui lorsqu'ils sont dans Taffliction , disent que Bien n'est pas juste de les traiter ainsi; ceux qui disent qu'il n'y a point de providence : que Dieu ne prend pas garde à nos péchés , qu'il ne les voit pas, etc. , les autres espèces de blasphème sont assez connus ; et plut à Dieu qu'on pût les ignorer! les cabarets , le jeu de cartes, la facilité de s'emporter dans de grandes colères en sont très souvent la cause. Un chcv.al , un thariot qui n'obéit pas an gré, en voilà assez pour porter ses insultes , ses outrages jusque dans le eiel, jusqu'au très haut, jusqu'à la majesté redoutable d'un Dieu qui est béni dans tous les siècles.
D. Qu'est-ce qu'une imprécation?
R. C'est de souhaiter du mal à son prochain.
D. Qu'est-ce que la transgression des vœux ?
R. C'est de ne pas accomplir les vœux et promesses qu'on a laites à Dieu ou aax saints avec jogemeutet délibération ; telles promesses centrlbueni à rbonneiir qiii est dû à Diea.
B. Qa'est^se qu'ordonne le troisième commandement : les dimanches tn garderas en servant Bien dëyotement?
R. Il ordonne que nous f?ardions les dimanches et fêtes commandées , noos abstenant de trayailler et entendant la messe entière^ sons péché mortel ; si ce n'est qu'il y ait m empêchement légitime ; et passant ces saints jonrs'en exercice de piété et de religion.
D. Qui sont ceux qui pèchent contre ce commandement?
A. Ce sont cens qni négligent d'assister à la messe et anx offices divins, qui emploient ces saints jours en défiandies, ou qui s'appliquent à un travail défendu.
D. A quoi nous oblige le quatrième commandement : père et mère honoreras afin que tn vives longuement?
R. n nous obh'ge à quatre choses^premiàrement d*aimer nos père et mère, secondement ds les respecter, trdsièmement de leur obéir en ce qui est de raison , quatrièmement de les assister autant qu'il est possible dans leurs besoins.
B. Ce commandement ne regarde-t^il que les devoirs des enfants envers leurs père et mère ?
R. 11 regarde aussi les devoirs des pitres et mères envers leurs enfants ; des supérieurs envers les inférieurs et des inférieurs envers leurs supérieurs.
B. Qu*est*çe que Bieu nous dëlénd par le sfaquième commandement : homicide point ne seras, etc.
R. De ne vouloir aucun mal à soi ou à autrui, ni de tuer, Cesser , frapper sans autorité légitime ; comme aussi toute gourmandise et ivrognerie, »
B. En comlnen de manières pourons-nmis nuire au prochain ?
R. £n trois manières : premièrement^ en déchirant sa
CATÉCHISME
réputation ; secondement, en le frappant sans autorité légitime » le blessant oa le taaat ; troisièmenient en loi ToUuat «n instrument éont il anrait besoin et quHl ne pourrait pas se procurer d'ailleurs , pour gagner sa vie , par exemple , si ¥oas Tolez les aiguilles d'an tailleur , et qu'il ne paisse s'en procurer d'ailleurs pour gagner sa vie et élever sa famille , tous lui faites nn tort considérable et vous êtes obligé h lui réparer le tort que vous lui avez causé.
D. Qu'est-ce que Dieu nous défend par le sixième commandement : luxurieux point ne seras de corps ni de consentement?
R. Il défend toutes pensées , paroles et actions désbonnètes , tant sur soi que sur autrui.
D. Ce eommandement n*ordonne-t*il pas aussi de fuir
les occasions qui nous portent au péché d'impureté?
R. Oui , comme les danses , les maurais lirres, l'oisiTeté et les mauraises compagnies.
B. Qu*est*oe que Dieu défend par le septième commandement : le bien d'ûulrui tu ne prendras ni retiendras injustement ?
R. Il défend de prendre injustement^ d'acquérir ou de retenir Jes biens, dettes, on salaire d'autrai, on de loi
faire aucun dommage sans raison.
D. £n combien de manières peut-on prendre injustement le bien d'antrui?
R. En cinq manières : 1» le prenant par Tiolenco , comme les voleurs; 2» par surprise, comme les domestiques et autres qui dérobent en secret , do par fraude , comme ceux qui trompent dans les marchandises) 4» par des prête illicites; 5» par des procès et des condamnations injustes.
D. Qu'est-ce que Dieu défend par le buitième commandement : faux témoignage tu ne duras ni mentiras aucunement?
R. n défend tovt ftbiu d« langue , comme mensonge ,
faux tcjmoigiiage , iaussrs proiiicsses , muruiurcs, moqueries, médisances, ou r.jiomuies.
D. Que défendent les deux derniers oommandements : ne désire point la femme de ton prochain m son bien ?
H. ns défendent non-senlement tonte impureté , et larcin, mais qui plus est, la seule convoitise et tout plaisir qu'on aurai I à y penser volontairement.
D. L'Eglise a-t-elle le ponvoir de faire des eommandements?
R. Oui ; Jésus-Christ lui en a donné le pouvoir, et nous a commandé de lui obéir en nous la donnant pour mère.
D. Tons les chrétiens sont-Ils obligés de garder les commandements de l'Eglise ?
R. Oui, sous peine do péché mortel, s'ils n'en sont dispenses pour quelque raison légitime.
D. Combien y a-tril de commandements de l'Egliset R. Il 7 en a six principaux.
D. A quoi nous oblige le premier commandement : les dimanches Messe ouïras et les fêtes pareillement?
R. Il nous oblige à assister à la messe » s'il est possible, ces Jours-là, avec attention, respect et dévotion, comme aussi aux fêtes , offices divins et aux autres instructions chrétiennes.
D, Â quoi nous oblige le deuxième commandement : tous tes péchés confesseras à tout le moins une fois l'an ?
R. Il nous oblige à confesser nos péchés au moins une fois l'an, vers la quinzaine de Pâques. Il est très utile de le faire plus souvent si on a son saint à cœur.
D. A quoi nous oblige le troisième commandement : ton créateur tu recevras au moins à Pâques humblement?
R. Il ofdige tons les fidèles qui ont atteint Tusage de rai-
GITÉGHISIIB
«OD et de diflcrétieii à communier an moins une kôB l'an dans 8a paroisse , avec les dispositions que demande la
très Saiat-Sarrement de l'Eucharistie.
A quoi nouâ oblige le quatrième commandement : las fêtes tn sanctifieras^ qui te sont de commandement?
R. 11 nons oblige à noos abstenir des œuvres senriles las jours de fêtes et de les employer au service de Dieu.
D. A quoi nou3 oblige le cinquième commandement : qoatre-temps, vigiles jeûneras et le carême entîèrementt
K. Il oblige tons les chrétiens qui ont atteint Têge suffisant à jeûner les quatre-teraps , vigiles et le carême eiiii^rementy excepté les dimanches, s'il n'en sont légitimement dispensés, comme ponr être trop jeunes on trop vieux, pour leurs débilités et maladies, pour leur pauvreté on quelque grand travail nécessaire.
D* Qne noos ordonne rEgUse par son sixième et dernier commandement : vendredi chair ne mangeras ni le samedi
mêmement?
R. Il nous ordonne de nous abstenir de chair , les ven* dredis et samedis , sons peine de péché mortcL D. Pourquoi TEglise nous oldige-t-èUe de nons abstenir
de chair, ces jours-là?
R. Pour faire chaque semaine quelque œuvre de mortilicati<m et de pénitence.
D. Pourquoi a-t-elle choisi particulièrement le vendredi
et le samedi?
R. Elle a choisi le vendredi en mémoire de la mort que * notre Seigneur a soufferte ce jonr-là; le samedi, ponr
honorer la sépulture et le jour qu'il demeura au tombeau, et pour honorer le deuil des apôtres , étant aux pieds de lenr cher maître; de pins ponr honorer la Sainte-Vierge, et ponr nous préparer par la pénitence à sanctifier le di-
manche. C'est à nous comme étant ka cnlauU d une mère
si sage» à suivre son esprit et à nous confermer à ses intentions ; gardons ses commandements avec soin ; jeûnons avec joie; jeûnons en vrais pénitents; accompagnons nos jeûnes de bonnes œuvres , comme de la prière et de l'aumône , falsmis nos prières pins longues et pins ferventes ; donnons anx pauvres ee que nons épargnons en retranchant la nourrilure : Dieu sera notre récompense.