‹ Vie de Mons. Vanderburch archevèqueChapitre 9 sur 51 · CHAPITRE Vni · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vni

lolalslratioii «e Mm ilocèfc»

C'est ie propre du zèle véritable de ue connaître ni lassitude^ ni relâche ; il ressemble au fea qui brûle aussi longtemps qu'il trouve un aliment^ et . qui s'augmente à mesure qali rencontre plus . jets à consumer. Ainsi François toujours semblable à lui-môme^ ne s'est jamais relâché de sa première ferveur : son activité croissait au contraire à Tégal de ses travaux. Nous Tavons vu visiter son diocèse pendant les premières années de son épiscopat avec un soin extrême ; il a été fidèle à remplir ce devoir jusqu'à iâ fin de sa \ie^ autant que les circonstances purent le lui permettre. Il fàisait une inspection exacte des églises; il s^informait des pratiques et , des coutumes des différentes paroisses ; il approuvait ce qui était bicn^ il réformait ce qui était dé-

fectueux. Il tenait une note exacte de ses observations pour ne point en {>erdre le souvenir et en faire usage à propos. H s'appliquait aussi à bien connaître la vie et la conduite des Curés, des Chapelains^ et des autres ecclésiastiques de sou clergé. Il avait un talent singulier pour discerner au juste les mœuii», et les qualités bonnes on mauvaises de chacun. Aussi savait-il, à ne pas se tromper^ quels étaient ses prfttres pieux ou relâchés, instruits ou ignorants, zélés pour le salut des àtnes ou négligents dans raccomplissement de leurs devoirs. Il accommodait à leurs besoins les avis qu'il leur adressait : et en qualité de Pasteur des Pasteurs il se servait de la connaissance qu'il avait de chacun d'eux, pour la distribution des emplois. Il tenait une liste de ceux qui, depuis plusieurs années, avaient donné quelque grave sujet de plainte, afin de ne pas s'exposer à introduire quelquefois un loup dans le bercail, ou à coniier à des indignes le ministère de la confession. De plus, 0 avait deux registres oà étaient inscrite s de sa main, par lettres alphabétiques, toutes les églises de son diocèse avec les noms de. leurs cuiés et de leurs chapelains, Tétat de chaque paroisse bon ou mauvais, le nombre de ceux qui s'approchaient des sacrements, et les ressources de chacune d'elles. Il y inscrivait aussi les cures et les chapelles, leurs charges, le nom du coliateur et même celui du Seigneur teuq^orel du li^

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Dans trois énormes Yolmnes qn'il appelait Ses

Ephéviérides, était consigné, jour par jour, tout ce ipi'il avait fait depuis son entrée dans le diocèse jusqu'à sa mort. Un autre registre était celui des visites faites aux chapitres et aux monastères qui étaient sous sa juridietion, avec les actes et les or*^ donnances qui les concernaient, lin autre contenait toutes las lettres cpi'il écrivait à ses curés à l'époque de leurs réunions et de leurs conférences; un autre était destiné à recevoir les noms de ceux à qui il avait donné la fbnsure ou conféré les saints ordres^ des ^Ëses et des chapelles qu^il avait bénites^ des évêques qull avait consacrés, des abbés et des abbeisses qui avaient reçu de lui la bénédiction.

Cette grande exactitude à tenir note de tant de choses différentes prouve bien le zèle avec lequel il paissait le troupeau confié à sa sollicitude ; mais le soin qu'il avait d'écrire n'était rien en comparaiflOB de ce qu'il a fait et de ce qu'il a prescrit.

tl avait surtout à cœur renseignement élémentaire de la religion ou le eatéciusme. Car il n'ignorait pas qu'un évéque n'est pas seulement le père, mais encore le nourricier de son troupeau, et que par conséquent il doit pourvoir à ce que les âmes reçoivent cette instruction qui est appelée dans les saintes lettres, tantôt le lait, tantôt le pain des entants. Aussi chaque fois qu il iusùtuait un curé^ il terminait ses recommandations par ees pfooles ;

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a Avant tout soyez ûdèle à faire souvent et avec soin le eatéchisme : je^vous le prescris^ et non pas moi seulement^ mais encore^ mais surtout Jésus-Christ^ qai dit à chacun de tous comme autrefois à saint Pierre : paissez mes agueauA. Que le divin IVMtre n'ait pas un jour à tous adresser ce repioche ; les

enfants ont demandé du pain, et perso7ine n'a erUendu leur cri de détresse, s En effet ^ n'est-ce pas surtout aux Pasteurs qui négligent Tinstruction de leur peuple que s'appliquent ces paroles de saint Ambroise. Si non pavùti, occidisti. Voâs avez domié la mort étemelle à ceux que vous n*avez pas nourris du pain de la parole.

Dès le mois de janvier 1617^ François Van der

Burch avait fait imprimer et répandre à profusion un abrégé du catéchisme de monseigneur Buisseret afin que la jeunesse chrétienne pût être enseignée, ce sont ses prières paroles^ clairement, brièvement et

suffisamment de tout ce qui est nécessaire pour se sauver. Ce catéchisme ^, conune le catéchisme romain^ comme eelui da père Canisius, comme

* En 1652, monseigneur Gaspar Némîus publia un autre catéclûsme tràs-court aussi^ quoique plus étendu que celui de Van der Burch. C'est ce catéchisme qui est connu sous le nom de Catéchisme de Cambrai. Le français en a été mjeuni eu 17Î6 par les ordres de Monseigneur Charles de saint Albin. U est encore en usage dans la partie du diocèse de Tournai» qui appartenait autrefois au diocèse de Cambrai.

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celui du père Ripalda qui est encore enseigné dans toute r£spagne et même en Amérique^ renlermait en quelques chapitres^ tout Renseignement catho«lique. INûus possédons une copie manuscrite de cet abrégé : il ne se compose que de huit leçons^ et ne formerait pas trente pages d'impression. La première leçon traite de l'existence de Dieu, de sa nature^ de la fia pour laquelle nous avons été eréés^ de la foi, de Tespérance et de la chanté. La seconde est consacrée aux mystères de L Incarnation et de la Rédemption) la troisième, aux caractères de la véritable Eglise ; la quatrième^ aux sacrements. La cinquième traite du péché et des commandements de Dieu et de TEglise ; la sixième, de la prière et spécialement de Toraison dominicale; la septième, de la salutation angélique et du culte de la Vierge; la huitième est une explication du symbole des Apôtres. A la brièveté , ce catéchisme joint une admirable clarté. François laissait à ses prêtres le soin d'en donner les développements selon ràge et rinteiiigence de ceux à qui ils avaient à faire. Il revenait sans cesse sur riastruction religieuse; à donner aux enfants; dans toutes les occasions, il en parlait à ses curés. Il la leur recommandait dans ses lettres circulaires, et dans celles qu^il leur écrivait en particulier; afin de les animer à s'acquitter avec zèle de cette fonction, il prenait plaisir à assister au catéchisme que Ton fàisait aux

simples et aux enfants^ et à récompenser ceux qui se montraient les plus assidus à s'instniire. Il réussit à exciter une telle ardeur que dans plusieurs villages du diocèse de Cambrai^ on voyait des per^ sonnes avancées #n âge, de l'un et de Tautre sexe^ s'exciter à Tenvi, pour mériter les récompenses pro- , mises à ceux qui répondraient le mieux aux questions du catéchisme.

Outre cela, il était si constamment appliqué à tout ce qui regardait le bon ordre de son diocèse^ que le travail lui donnait en quelque sorte de nouvelles forces^ et qu'il trouvait un soulagement dans un surcroit d'occupations dont tout autre aurait été accablé.

Il bravait la rigueur des saisons, et il s'était tellement endurci au froid que jamais il ne ât allumer de f Cil dm) s sa chambre. Il ne se relâcha de cette sévérité que dans les dernières années de sa vie. Cependant, en hiver comme en été, il écrivait beau* coup^ et il remplissait également ses autres fonctions. Il n'était arrêté dans ses travaux ni par les neiges^ ni par les chaleurs^ ni par les pluies, ni par les antres intempéries du ciel. Lorsqu'il avait fixé un jour ou une heure pour une occupation ou un travail quelconque^ quelque temps qu'il fit, il ne retardait pas d'un mstant ce qu'il avsât décidé. U se levait tous les jours à quatre heures du matin, et souvent même plus tôt. Il lui est arrivé fréquemment en

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été de se lever dès deux heures^ pour arriver au temps indiqué dans les villages où il était attendu et qui étaient quelqueiois éloignés de quatre lieues de Tendroit d'où 11 partait. I! avait alors eoutume de dire avec le livre des Cantiques : Levons-nous de bon matin pour visiter nos vignes : voyons' n notre vigne a fleuri; et si les fleurs produisent leurs fruits. 11 aurait pu ajouter avec vérité^ ma vigne est toujout^ présente à ma pensée: qu'ai-je pu faire pour ina vigne que Je n'aie pas fait? On dit de saint Grégoire qu'on ne peut rien voir de plus étonnant que ce qu'il a dit, ce qu'il a fait, ce qu'il a pre^rit. On peut affirmer la même clio^e de François Van der Burch, et ajouter que la vie qu'il a menée sur les sièges de Gand et de Cambrai a été le bonum opus dont parle l'Apôtre, lorsqu'il veut nous donner une juste idée de l'épis* copat.

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