‹ Vie de Monseigneur de Simony, évêque de Soissons et LaonChapitre 102 sur 118 · CHAPITRE XXYIII. * 381k · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXYIII. * 381k

prières, et il n'en faut pas mmos pour me rassurer aux approcher de ce jugement q«i fait trem})ler les saints, et que j'ai bien lieu de redouter... »

Vint le premier jour de Tan 1849, qui devait laisser à tout le diocèse un sidouloureux souvenir. La veille, le chapitre et le clergé de la cathédrale, après s'être rendu, selon l'usage, en habit de chœur, au palais épiscopal de son digne successeur, étaient venus lui offrira son tour Thommage de leur profonde vénératioa et de leurs vœux les plus ardents. Cette circonstance particulière ajoutait à la fête de famille quelque chose de plus solennel et de plus touchant : Hélas ! on était loin de préyoir que c'était pour la dernière fois, et que Ton touchait de si près à une séparation si déchirante. On serait tenté de croire néanmoins à quelque pressentiment secret. M. le doyen exprima les sentiments du chapitre d'une voix Irès-émue et souvent entrecoupée. Et comme il terminait en exprimant les souhaits de longues années, Monseigneur termina sa réponse en ajoutant avec calme, mais avec un ton de voix plus assuré : <i Quant à vos derniers vœux, je ne puis y entrer; je désire beaucoup ne me séparer jamais de vous; mais je désire beaucoup plus encore me réunir à celui qui doit être notre centre commun... » Tous se retirèrent sous le poids d'un sentiment indéfinissable de tristesse, qu'un déplorable événement devait bientôt justifier. Les directeurs et les élèves du grand séminaire étant venus à leur tour lui offrir l'hommage de leurs vœux et de leur aSeotion toute filiale, M«' de Simony éprouva une impression de bonheur qui sembla lui rendre toute sa joie. 11 adressa quelques avis paternels à ceux dont il

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aimait toujours à se dire le père; mais revenant bientôt à l'objet habituel de ses pensées, il se recommanda humblement aux prières de tous, en insistant sur le compte rigoureux qu'il aurait dans peu àp rendre de sa longue administration, et comme H. le supérieur de la maîtrise prenait occasion de là pour lui rappeler avec délicatesse tout le bien qui s'était fait sous son épiscopat, rhumble prélat reprit : « C'est vrai, le bien ne m'a pas manqué, mais j'ai beaucoup manqué au bien. i>

Le même jour et le lendemain, M*' de Simony reçut la visite des différentes autorités qui avaient comme rivalisé d'empressement et de zèle pour lui prouver que le respect, la vénération et l'amour dont il avait été constamment l'objet pendant son épiscopat, l'avaient suivi dans sa retraite, et s'attachaient plus à sa personne et à ses vertus qu'à son éminente dignité. Ms' de Simony reçut les différents corps avec cette noblesse qui lui était naturelle, mais qu'il savait accompagner d'un charme vraiment ineffable de langage et de manières. Outre ces visites officielles , il vit se presser autour de lui un grand nombre de personnes, heureuses d'approcher de lui, de contempler ses traits et de lui exprimer des vœux qui étaient si bien au fond de tous les cœurs. L'étonnante simplicité de tout ce qui l'entourait semblait faire ressortir davantage la douce majesté qui reluisait dans toute sa personne, et fît une profonde impression sur tous ceux qui en furent les témoins.

Ces visites s'étaient prolongées le premier jour de l'an, un peu au-delà de l'heure où l'office des vêpres commençait au grand séminaire. Monseigneur devait

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