‹ Vie de Monseigneur de Simony, évêque de Soissons et LaonChapitre 107 sur 118 · CHAPITRE XXYIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXYIII

s'adresser à la mère de toutes grâces, à celle que l'Eglise appelle avec tant de raisoD, la consolation de ceux qui sont dans la peine. « Et puis, ajouta-t-il^ n'est-ce pas vous, Monseigneur, qui avez obtenu au diocèse la faveur d'invoquer publiquement Marie sous son titre dHmmaculëe dans sa conception. Certainement elle aura été sensible à cet honneur, et elle va vous rendre maintenant en grâces, ce que vous lui avez procuré en gloire. » Ce souvenir fit sur lui une douce impression; un rayon de con6ance éclaira ses yeux, et il dit avec un ineffable sourire : <( C'est vrai, mon enfant, » et il se mit à répéter sept ou buit fois de suite : Maria, sine labe conceptaj ora pro nobis. Marie conçue sans péché, priez pour nous.

Le 22 février il perdit connaissance et ne recouvra plus l'usage de la raison que par intervalles. Enfin, après deux jours d'agonie, le samedi 24 février, vers une heure du matin, son âme se détacha de son corps pour aller trouver au sein de son Dieu l'immortelle récompense de ses vertus. Ms^ de Simony était âgé de 78 ans et sept mois. Il avait été sacré évoque de Soissons le 24 avril 1825, et il y avait justement un an qu'il avait sacré lui-même son successeur et rerois en ses mains le fardeau de i'épiscopat.

Aussitôt que le bruit de sa mort se répandit dans le public, ce fut un deuil véritable dans chaque famille; la ville entière se montra digne du pasteur qu'elle venait de perdre, en partageant la vive douleur du clergé. Chacun s'abordait pour s'entretenir de cette triste nouvelle et confondre ses larmes et ses regrets. Les uns rappelaient sa vertu constamment égale, sa bonté, sa douceur, sa patience, qui n'avaient jamais

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rencontré un seul ennemi dans une position et dans des circonstances si difficiles; les autres» son recueille* ment, sa dignité, sa piété angélique aux pieds des autels; les pauvres redisaient sa charité, qui l'avait tant de fois dépouillé de ce qu'il possédait pour nourrir leur faim -et couvrir leur nudité; les affligés^, les paroles d'onction et de suavité, qui versaient dans leur àme le baume des divines consolations; tous, sans exception, faisaient l'éloge de ses vertus ; tous proclamaient sa sainteté et allaient jusqu'à dire, avec cet

^ On a TU que presque tonte la fortune de Mf^ de Simoiiy «TtR pasfté en bonne» œuvres , et que sa charité ravait rédnit volontairement à n'avoir plus qu'un très-modeste revenu. Toutefois, il voulut perpétuer après lui les effets de sa charité pour les pauvres, et de sa pieuse libéralité pour ^n grand séminaire et pour son église cathédrale. Entre autres dispositions de son testament, Mk' de Simony lègue à perpétuité 400 francs de rente au curé de Soissons pour être distribués aux pauvres de sa ville épiscopale ; 600 francs de rente au chapitre et à la fabrique de son église cathédrale, à la condition qu'un service solennel y sera célébré tous les ans pour le repot de Tâme des évéques de Soissons; 400 francs de rente au grand séminaire, auquel il a laissé tous ses ornements pontificaux (à l'exception de ses mitres, crosses, anneaux, croix pectorales, chapelle, qu'il a légués à son successeur). On sait que c'est à sa munificence que le grand séminaire doit, depuis longtemps, le magnifique parc de Mercin, qui lui sert de campagne et de lieu de promenade.

A peine assis sur le siège épiscopal de Soissons, M»' de Simony avait vendu sa terre de Monterollier. Presque tout ce qu'il .en retira passa en aumônes et en bonnes œuvres dans le cours de son long épiscopat. Il s'était réservé de très-modestes rentes qui, après sa démission^ suffisaient à peine à ses besoins, et sa succession acceptée noblement et sans condition par M. le comte Alphonse de Simony, son neveu, fut vraiment onéreuse à ses dignes héritiers par la quantité de legs pieux et charitables que son testament leur imposait.

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