‹ Vie de Monseigneur de Simony, évêque de Soissons et LaonChapitre 17 sur 118 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

L'abbé de Simony entre comme professeur dans la commimaaté d'Issy, fondée par MM. Nagot et Dubourg. — Son attrait pour les enfants. — Son talent particulier pour s'en faire aimer et obéir. — La communauté d'Issy est Tiolemment dispersée après le 10 août. -^ L'abbé de Simony se retire à Bellegarde.

L'abbé de Simony n'avait encore que dix-huit ans lorsqu'il termina sa philosophie. Avant de lui faire commencer son cours régulier de théologie, H. Nagot lui proposa d'entrer dans une institution qu'il venait de fonder, de concert avec un jeune prêtre, son élève, H. Dubourg, depuis supérieur du collège de Baltimore, aux Etats-Unis, évèque de la Louisiane, puis de HontaubaD, et enfin archevêque de Besançon. Le zèle de M. Nagot était infatigable et semblait croître avec les dangers qui menaçaient l'Eglise. Il avait été successivement professeur de théologie au séminaire de Nantes, supérieur de la communauté des Robertins, supérieur du petit séminaire de Saint-Sulpice , et directeur du grand séminaire. Mais quoique trèsoccupé du gouvernement et de la direction de ces différentes maisons, il trouvait encore le moyen d'entreprendre et de conduire à bonne fin beaucoup d'autres bonnes œuvres. La pensée qui le préoccupait surtout était l'éducation chrétienne de renf<mce. Les doctrines irréligieuses et impies, semées à plaisir depuis un demi-siècle dans toute la France, s'insinuaient jusqu'au sein des familles chrétiennes, et menaçaient d'y corrompre dans les enfants, jusqu'aux germes de la société. Pour compléter ce qu'il avait commencé en fondant la communauté de la rue Cassette, M. Nagot établit à Lssy (1789), une maison qui devait lui servir comme d'école préparatoire; c'était une espèce de

petit séminaire OÙ l'on donnait aux enfants les premiers éléments de la religion et des lettres, jusqu'à la classe de cinquième inclusivement. De là ils passaient à la communauté des clercs de Saint-Sulpice, où ils faisaient le reste de leurs études, y compris la philosophie.

L'abbé de Simony accepta avec joie la part qui lui était ofierte dans cette œuvre de dévouement. D'ailleurs ses goûts l'y portaient comme naturellement. La candeur et l'innocence du jeune âge avait, pour une àme aussi pure que la sienne, un attrait dont il ne pouvait se défendre. Il se livra donc avec ardeur aux modestes fonctions au milieu desquelles, par suite d'événements qu'il ne pouvait prévoir, il allait passer près de vingt ans de sa vie. Avant tout, il y porta les pensées de foi qui étaient l'âme de toute sa conduite, et reçut cette mission comme venant directement da ciel, a Est-il mission plus belle et plus touchante, disait-il plus tard, que d'incliner de jeunes cœurs à la piété, que de prémunir ces âmes encore étrangères à l'idée du mal contre les séductions de l'erreur et du vice? est-il un dépôt plus précieux, plus saint, qu'on doive garder avec plus de fidélité, avec plus de religion, que le dépôt de l'innocence des enfants que Dieu nous met entre les mains? » Aussi voyait-il avec peine, par la suite, que de jeunes maîtres, dans les petits séminaires, ne paraissaient pas toujours comprendre l'importance des fonctions qu'on leur confiait, et regardaient un an ou deux de professorat comme une simple trêve avec une vie de règle et d'assujettissement. <t Tout au plus, disait-il à ce sujet, s'appliquent-ils à enseigner aux enfants les éléments des langues, mais la partie la plus noble, le cœur de ces pauvres enfants, leur est indifférent; il semble qu'ils n'en ont point la charge, tant ils sont peu soigneux de veiller à ce que l'ivraie n'y soit jetée en secret et ne vienne à s'y mêler au bon grain. »

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