‹ Vie de Monseigneur de Simony, évêque de Soissons et LaonChapitre 21 sur 118 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

montre que si M. de Simony savait mériter les distinctions et les récompenses, il se consolait facilement de les voir obtenir par d'autres. Il était question pour lui d'un nouveau grade, et ses chefs le lui avaient promis. Cependant la place vacante fut donuée à un autre. M. de Simony apprenant cette nouvelle à sa sœur, l'accompagne de cette seule réflexion qui peint toute la noblesse de son âme : a Je suis bien aise , puisqu'il y avait quelqu'un qui pût aspirer à cette place, de ne l'avoir pas à son détriment. )>

Cependant la guerre civile touchait à sa fin dans la Vendée (février 4795); les hostilités commençaient à se ralentir et l'on écoutait de part et d'autre des propositions de paix. M. de Simony conçut l'espérauce d'obtenir prochainement son congé, et il écrivait à sa sœur, ces lignes que la plus pure amilié semble avoir dictées. « Je touche, ma chère amie, au moment d'être libre enfin. J'irai auprès de nos bons amis. Je m'emploierai à former du mieux qu'il me sera possible le cœur qui m'est confié; puissé-je l'attacher immuablement à la vertu? Si nos espérances ne sont pas vaines, un jour viendra où nous nous réunirons à toi, bonne Ursuletle, à ton cher et estimable époux. C'est alors seulement que je pourrai compter quelques jours de bonheur. Il n'est pour moi que dans l'amitié, et je suis assez heureux pour avoir placé la mienne dans ce qu'il y a de plus estimable au monde, car je ne crois pas qu'il puisse y avoir un cœur au-dessus du tien, ma chère amie. Dieu a répandu ses plus précieuses faveurs sur ta personne, il t'a ravi celles de la fortune, tu n'es pas assez injuste pour te plaindre de la part qu'il te fait. J'espère enfin qu'il joindra les unes

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aux autres, et qu'il tempérera par des douceiira la coupe anière dans laquelle il le fait boire. Putssé^je y contribuer pour quelque chose I Ton bonheur, celui du cher André, de ta charmante famille, sera toujours )e mien. Je ne pourrai jamais être heureux si vous ne Têtes tous. »

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