‹ Vie de Monseigneur de Simony, évêque de Soissons et LaonChapitre 22 sur 118 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

M. et M»* de Sully prient M. de Simony de m charger de TéduoatioD de leur fils. — Uotife qui le déterminent. — • Piété, vertu de M. et de M»»» de Sully. ^ Caractère du jeune Maximilieu. — Mort du père de M. de Simony. — Lettre h sa sœur â se sujet. — Lettre sur la résignation et l'abandon h la Providence.

M. de Simony obtint un congé provisoire à la fin de l'année 4795, vers le temps où la convention fit place au directoire. 11 revint à Bellegarde, et reprit dans la famille de M. Chervaux les modestes fonctions de précepteur, qu'il avait acceptées par amitié et par reconnaissance. Ce fut alors que M. et M*" de Sully, pendant le séjour qu'ils faisaient à leur château de Sully (Gatinais), entendirent parler aveo éloge du mérite distingué et de la rare vertu de M. de Simony. Ils eurent occasion de le voir; sa figure noble et calme, son regard intelligent et bon, prévenaient en Ba faveur. Sa conversation pleine d'intérôt, de réserve et d'à-propos achevait ce que son extérieur seul avait commencé. M. et M"** de Sully eurent le plus vif désir de voir leur fils unique, alors âgé de dix ans, sous la direction d'un précepteur qui réunissait tant d'excellentes qualités. Pour prévenir toute difficulté. M"*® de Sully fit à M"** Chervaux la proposition de prendre chez elle le jeune éiôve de M. de Simony, afin de procurer à son propre fils, dont le tempérament délicat exigeait encore les soins maternels, le bonheur d'une éducation semblable. M. de Simony n'accepta cette

nouvelle charge qu'après de mûres réflexions. En temps ordinaire, il n^eut point suivi celte voie, et ses parents d'ailleurs s'y seraient opposé. Mais les troubles qui continuaient d'agiter la France et l'empêchaient de reprendre ses premiers desseins, la dispersion et les malheurs de sa famille, l'espoir de lui être utile, enfin la pensée que ce nouvel emploi était encore pour lui l'œuvre de Dieu continuée par des moyens différents, lui firent donner son consentement. U ne crut pas au-dessous de lui et de sa naissance de se dévouer tout entier à faire de l'unique héritier d'une illustre maison un homme vertueux, un bon chrétien, et de le préparer à servir utilement sa patrie dans les hautes fonctions qu'il pouvait être appelé un jour à remplir.

La réputation de vertu et de piété qui était acquise depuis longtemps à la maison de Sully, fut un nouveau motif, et comme un attrait, qui porta M. de Simony vers une famille dont il allait bientôt devenir le conseil et l'ami. On verra ici, avec plaisir, le témoignage qu'il rend lui-même aux vertus de M. et W^^ de Sully. Nous avons extrait ce qui suit de notices que M. de Simony a composées, après leur mort, sur les différents membres de cette famille :

(( M. de Sully n'a pas été mêlé aux grandes affaires de son temps, il n'a exercé aucune charge importante, ses jours se sont passés dans l'obscurité d'une vie privée; mais cette vie, bien que modeste et cachée, n'en a pas moins été une suite continuelle d'actions grandes et généreuses. Né dans une condition et dans une fortune où trop souvent on aime à se persuader que la volonté tient lieu de justice et le caprice de loi, il

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