‹ Vie de Monseigneur de Simony, évêque de Soissons et LaonChapitre 32 sur 118 · CHAPITRE K · texte numérisé non relu

CHAPITRE K

Suite des conseils dç M. de Simony an jeune duc de Sully. — Principe fondamental de la conduite d'un homme raisonnable et chrétien. — Nécessité de rendre sa volonté indépenduite. — Ne point se ccmduire par impresâoBs. — Amour exolu^ de la vérité* — Malheureux fhiits de Vamour-^propre. — Sage conduite d*uii honune qui veut suivre la vérité aux dépens de Vamour-propre. — Obligation de s'étudier soi-même. — La méditation , xmiqne moyen de parvenir à la connaissance de Dieu et de sci-méme.

Quel sera mainleM^iiile principe foodameolil^ oa, si PoQ veul, U poÎDl de départ qu'un homme sagt doit adopter pour assurer sa roule au miUeu du monde f Personne ioi ne peut poser un antre fondement que celui qui a été posé de la main de Dieu lui*Biéme. « C'est dmie cette idée, oonciut M. de Simony, que nous sommes faits pour Dieu et que notre bonheur est de ie posséder, qui doit être le fond^oent de tout Pédi* fioe de notre vie; e^est de cette idée que tout dans notre eenduita doit partir, c'est vers die que tout doit ôtre ramené. »

De ce principe fécond, quHl vient d'exposer, il se bâte de déduire les eonséquenees pratiques les plus générales. Les bi^is de ce monde ne sont que des moyens dont il ne faut user que selon les vues de la Providenœ. -^ Servir Dieu, doit ôtre notre {4us beau titre de gloire; puUier ses bienfaits, n<^re plus douce occupation; s'attadier étroitement à lui, notre unique devoir.

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Le jeune de Sully était naturellement porté, comme la plupart des jeunes gens, à se laisser dominer par les premières impressions, et plus encore par le respect humain. Voici par quelles considérations M. de Simony cherche à le rendre entièrement maître de lui-même. « Cet unique mobile de toutes nos actions étant supposé, je veux dire le désir de plaire à Dieu et de mériter de le posséder, je crois que le principal soin d'un homme véritablement raisonnable est de s'efforcer d'acquérir cette pleine liberté de la volonté qui la rend indépendante de tout ce qui n'est que goût, caprice, fantaisie, passion, sentiment, pour la soumettre à la raison. Le sentiment est un guide aveugle et corrompu; celui qui s'abandonne à son attrait sans réflexion, non-seulement court risque de s'égarer, mais doit être certain qu'il se perdra. Le sentiment, en effet, est presque toujours décidé par la première apparence du bien, et gâté qu'il est par le péché origi* nel, son penchant est toujours pour les objets s^sibles et le plus souvent pour les satisfactions même les plus opposées à la vertu. Travaillez donc de toutes vos forces à rendre à la raison l'exercice de tous ses droits, qu'elle domine sur tous vos goûts, sur vos moindres appétits; accoutumez-vous à considérer la raison de chaque chose à 3a véritable valeur, pour ne vous y attacher qu'autant qu'elle le méritera par les rapports que vous y trouverez avec le véritable bien. Commencez par vous défîer toujours du premier sentitiment etne vou» y livrez qu'après un mûr et sérieux examen. Habituez ainsi votre àme à ne s'attacher qu'après avoir reconnu les qualités réelles de l'objet vers lequel elle se porte d'abord sur les simples appa-

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