‹ Vie de Monseigneur de Simony, évêque de Soissons et LaonChapitre 37 sur 118 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

pour la plupart? A quoi si l'on ajoute oe moi magique qui transforme en ténèbres les idées les plus claires : Que dira- 1' on, que pensera- t-on de moi? on aura tous les mobiles de conduite de presque tous les hommes. De là, non-seulemeni on travaille à attirer les regards du monde par ces recherches d'ajustements^ de décorations, en un mot, par toutes les frivolités qui ornent à reitérieur, mais on lui sacrifie les ornements de Pâme. Oa lui câohe avec soin ce qui est le plus estimable, et on fait vanité de ce qui, dans le vrai, est le plus honteux. Ainsi on étale à ses yeux une froide indifférence pour les biens les plus précieux de Tàme, ou si l'on parait les estimer, ce n'est qu'à la mode du monde, c'est-à-dire en termes généraux et dans cette étendue qui ne gène personne, tandis qu'on rougit de paraître soumis à Dieu et reconnaissant envers lui, à qui l'on doit tout. On admet par air et sans discussion 1^ opinioûs les plus opposées aux lumières du bon sens, on se prèle à des usages, à des plaisirs, à des lectures, à des conversations qu'au fond du cœur on détesterait pour peu qu'on voulût laisser parler la conscience ; en un mot, on se fagonne au gré de l'opinion et de la mode, et on perd ainsi cette noble liberté d'une àme raisonnable et forte, d'une àme éclairée des lumières de la foi et conduite par la grâce.

» Âh I cher ami, après ta grâce de Dieu qui est la source de tout bien, je ne puis ni ne veux vous en souhaiter aucun plus vivement que l'indépendance absolue du monde et du respect du monde, qu'un mépris réel pour tout ce qui s-appelle la vie du monde, pour cette vie dont la majeure partie est employée aux soins du corps, aux repas, à des convefsattous dont la

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frivolité eêi oe qu'il y a dfe ttoint oMdànMitUe, e4 dofii le reste ne passe dans Tinquiéiiide ei le trouble des passions, ou se eonsume à rouler et à exécuter des profets dont le but es4 de les s«iisfaîre. Àh I meliieor à veuSy si contraint de connaître el de voir le me&de^ vom né voue enviroiinec pas de précautions pour y conserver vetre liberté, si au moyen d'an pian Inviolable de eoi^uile tous ne vous faites pas un rempart insQTBMKitable, si dès les premiers pas vous ne vous montrez pas tel que vous devez y être toute votre vie, G*est^à^re ferme dans vas principes, réglé dans vos actions^ religieux, sobre de {^isirs et de pasae^temps, occupé à des œuvres sérieuses et comptant enfin pdur ce qu'elles valent les occupations des gens du

monde

D Je ne parle peii^ du danger des sociétés plus intimes qu'on est expoeé à former dans le monde. Je sais que vous devez à Dteu qui vous l'a inspiré, un absolu dégoût pour toute société où vous ne trouvez pas d'abord un véritable esprit de religion, esprit sans lequel il n'y a en effet ni véritable vertu, ni séreté dans le commerce de la vie. Cette heureose disposition me donne acrasi la confiai»^ que le monde n'aura pas pour vous plv»w de cbarmes et qu'il vous suffira des premiers essate pour qu'il exeite vetre dé« dain et vous inspire de féloignement. Il me reste pourtant une crainte, c'est ceUe de ce danger auquel le plus sage succombe quelquefois, au moment qu'il s'y attend le moins, et que la jeunesse évite difficilement; je veux dire le respe<H bumain et la cratete des jugements des hommes; maiîs Dieu me donne chaque jour, en vous faisant croître en sagesse et en force,

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