CHAPITRE X
l'beureuse assurance que sa grâce remportera toujours et que vous mettrez votre honneur et votre gloire à paraître à Texlérieur franchement et solidement vertueux, que vous ne rougirez pas du titre d'enfant et de serviteur de Dieu, et que tandis que les hommes semblent faire tous leurs efforts pour se rapprocher des êtres sans raison, vous montrerez que vous jugez plus beau de vous rapprocher de Dieu et d'aspirer à vivre de sa propre vie.
)) £hl n'y eût-il d'ailleurs dans une conduite équivoque, telle qu'on la voit mener à certaines gens de ceux même qui se disent chrétiens , que la honte de l'inconséquence, c'en devrait être assez pour la faire redouter et fuir. Que de gens cependant on rencontre qui, n'ayant pas perdu tout-à-fait la foi, seraient bien fâchés de ne pas se croire chrétiens, mais qui, plus empressés encore à satisfaire leur goût pour une vie commode, sensuelle, indépendante, choisissent entre toutes quelques pratiques de religion peu assujettissantes, et s'y soumettent volontiers, parce qu'elles no leur coûtent pas, et en font leur appui pour vivre sur tout le reste dans l'indépendance. Elles veulent bien se dire à elles-mêmes qu'elles sont chrétiennes, mais elles n'ont rien cependant dans leur conduite qui les distinguent de celles que Jésus -Christ appelle ses ennemis. Les voit-on, en effet, se refuser aux plaisirs dangereux, mener une vie réglée et occupée, délester le commerce des libertins et des impies? Les voit-on sérieusement penser à une autre vie, rechercher autre chose que de se satisfaire en tout, que de vivre dans la mollesse, l'indolence et les plaisirs? Les voit -on soumises et aux lois de Dieu et à celles de l'Eglise,
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prendre sérieusement les moyens que Dieu nous a préparés dans la religion pour nous élever à lui el le servir fidèlement? Non, et le moins qu'on puisse leur reprocher, c'est une parfaite indifférence pour tout ce qui regarde Dieu. Ce sont des êtres indéfinissables; ils croient en Dieu, et ils n'osent le nommer; ils sont chrétiens, et ils n'osent le paraître; ils savent qu'ils ont des devoirs à remplir, et ils négligent de s'en instruire; ils attendent une autre vie, et vivent comme s'il n'y en avait pas; ils ne doutent pas qu'au jour fatal ils seront jugés, et ils ne font rien pour se préparer un jugement favorable; ils savent de quel prix est un avenir sans fin, et ils ne songent qu'au moment présent; ils sacrifient tout à un peu de vanité; ils s'endorment tranquillement au bruit des plaisirs et prolongent autant qu'ils peuvent un sommeil dont le réveil sera fatal. Jugez vous-même, cher ami, d'une telle conduite, et voyez si elle est digne d'un homme sensé. Pour vous, muni et fortifié de toutes parts de principes inébranlables, conformez-y votre conduite. Quelle honte, si, sachant tout ce que vous devez à Dieu et par quels liens d'amour et de reconnaissance vous lui êtes attaché, vous veniez à le sacrifier à un exemple si méprisable. Je sais que le monde a un dictionnaire au moyen duquel il ennoblit ses vices et ravale les vertus qui lui sont opposées; mais ne vous en tenez pas aux mots toujours séduisants dans sa bouche; allez au fond ot vous ne vous laisserez pas surprendre. Vous apprécierez au juste ce que veulent dire ces beaux noms de biens, de plaisirs, de gloire, d'honneur, de sensibilité, de vertu même, dans la bouche du monde; et vous jugerez ce qu'il entend par