CHAPITRE XYU
II. de Smûaoç st consacre YolontairoueiH à rezercice du saint ministère à la campagne. — Son zèle à m remplir les fonctions. -^ Ses Instructions. — Soins particuliers qu'il prend des enfants et des jeunes gens. — Consefi^ tfg^ èêùs^ ma potsonnes du monde. — Sa vie régulière. — Sa tendre chanté pour les indigents, pour les pauvres malades. — Ce qu'il eut à soufi&ir quelquefois pour prix de ses bienfaits. — Sa bienfaisance et sa libéralité pour tous ceux qui avaient recours à lui. — Ce qu*il faisait dans les nécesaités extraordinaires. — Témoignages durables de sa charité.
L'état de l'Eglise de France (août 4840) inspirait alors les craintes les plus légitimes à tous les cœurs sincèrement catholiques. A peine relevée de l'oppression où elle gémissait, elle était menacée de nouveaux malheurs. Napoléon lui faisait chèrement payer les services qu'il lui avait r^dus. Toutes ses démarches ne tendaient à rien moins qu^à la séparer du Chef visible de l'Eglise catholique, déjà injustement dépouillé de ses Etats, et retenu depuis un an dans une dure captivité; et que n'avait-on pas à craindre d'un homme dont la volonté ne connaissait plus de résistance, et qui, enivré de ses victoires, ne voyait plus rien qui pût l'arrêter?
Ce fut dans ces tristes conjonctures, et à la veille d'un schisme, ce semble imminent, que M. de Simony quitta le séminaire, revêtu de la force d'en haut, et disposé à se consacrer tout entier à la défense de cette religion qu'il voyait attaquée par tant d'ennemis.
Bn -fateant ses adkwix à oeax qwî l'aYateat kitroduit dansla cart^ère saœrdotate, il pouvait lemr dire oanme sdtei Pml aux fidèles d'Spbèse^ * « Et maiateDMt Ué par l'esprit et par f cmetion sainte cpii me coMaore au saloi de mes frères, je vais dans le monde, ne sachant ce qui doit nfy arrlTer, si ce n'est <|iie des trtbulalioM m'y attendent.)) Mais il pouvait bien ajouter aussi, lui| dont la vocatkm étaH si désintéressée, si généreuse : « A Dteu fie plaise que f amear d'une via péHssaidie H roort^le, ^ue la crainte de 4a persécution m'empéebe jamais de fournir jusqu'au bout la carrière que le sa* cerdoce rient de^nCouvrir. »
M. de Simony nr'était pas encore eoKi du aécninaiTO que des offres i^ooorables iui avaient été faites ; îl eût pu les accepter ; oonine venant de Dieu même qui lui parlait par la bouche des frremiers pasteurs; Mpen* dant il les refusa. Il préféra aux places émiaeotes ém sanoto^re le imristère hamble et sans édaft des campagnes, ft n'élaîl pas de oetHL qui s'itoaginent tenjoycs étr^ dans -uQe position inféneure à ieur mérite, et qtn regrettent sans cesse qu'un champ plus ^asie ne soit pas eonfié à lears soh» ; «I il s'estimait trop itenoré^ de n'avoir à évangéliser quelles pauvres et les petits* Quelquefois, en <effet, 'OOimne le r^narquait Massillon, 41 y « dans oes •âmes rustiques et gressiènss, malgcé leurs ¥iees, HHie crainle de Dieu, un 6>od de religion qu'on trouve plus rarement dans les habitants 'des Villes. Ce -sont les sentimei^ que M. -de Sttmony 'exprimait aux habîtants de la «Bmpague ^ il nésidait, îa pnemièreloiS'qii'â inoata en <Âaire.
*Aot. XX-
M6 TIB BB aOlliBIftSBIlB M SISONT.
€ ÀMmomaiiioà, poiifla première fois, j'^ye te v<ûx ao milieu de PaBseniblée des fid^es pour y en- Booeer lee vérités de rEvAGgile»^ que de seatimenls j'épreavoy ;ine8 frères; d'une part, le respect que je dois à la parole sacrée qui lo'est ooafiée, et la eraînte de oe fàs ratusonoer avec toute la force et Pautoriié qui lui sont propres; de Taut^e le désir ardent que je seos d'eKciter, da réveilLm* votre foi et de vous instruire des importantes vérités du salut : Dieu^ doni je suis en ee mdinent ^organe, vos àmcs sur ^ui je doia r^wmdre le tréscnr de la doctrine; tout cda, mes frères, m'étonne et me conf<»id.. Mais ce qui doit, ce semble, ma rassurer^ e'eat qoeee n'est point parmi riacrédttUté, la fausse sagesse el la corruption des villes que je parle; c'est! la campagne, où la f^i, Tinnoeanea et la |>récieuse mpipUcité des mours ont dû saréfi^^...»
La fortune dont jouirait M. de Simeny lui permet* lail de vivre libre el indépendant, sans s'astreindre aox obligations du mioi$t^ pastoral. IL s'y soumit vdoniairemant, et comme le grand Ap6tre, de libre qu'il était, il se fit le serviteur de tous, pour les gagner tous à Jésus^-Ghrisl^ Par «n sentiment profond d'humilité^et de défiance de lui *niéme , il ne voulut exercer le saint ministère que sous ta diresctiou de MM. les eurés de MonteroUier et de Saint^ariin-Osmonville, dont il réolamait les conseils en toute occasion. Ceuxci ne furent pas longtemps sans oonnaltre le trésor de piété, de sagesse, de zèle que Ueu leur avait donné, et ils trouvèrent bientôt près de lui l^ lumières que sa modestie lui faisait chercdier dans les autres. M. de Simony passa près de onze ans dans cet exercice vo-
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lontake du ministère pastoral , oniquiftinetit ooeapé du soin de se sanctifier et de sanctifier les aatrts. H porta dans toutes les fonctions du ministère cet heureux alliage de prudence, de douceur et de fermeté qui firent ooi^tamment le caractère de son administration. Dieu, pour lui faire acquérir l'expérience si précieuse du ministère pastoral , voulut que longtemps il vit de près et par lui-même toutes les difficultés du ministère des campagnes, et qu'en se mêlant aux conditions les pins humbles, en s'associant à toutes les infortunes, en compatissant à toutes les faiblesses, il fût en tout semblable à ses frères dans le sacerdoce, pour être un jour plus touché de la position pénible d'un certain nombre, et a devenir un fidèle pontife en tout ce qui » regarde le culte de Dieu^. d Aussi, plus tard, dans une de ses visites pastorales, ayant appris que des ecdésîastiques, mécontents de sa décision sur une difficulté qui lui était soumise, avaient dit : « M*' ne sait pas ce que c'est que d'être curé de campagne. » Il répondit en souriant : a Ces messieurs ne savent pas que j'ai été longtemps curé de campagne, et dans des circonstances bien plus difficiles que celles où ils se trouvent maintenant. »
M. de Simony, comme nous l'avons dit, était devenu propriétaire de la terre de Monterollier, et il habitait à Osmonville, petite paroisse voisine, réunie pour le culte à celle de Saint-Martin, depuis la destruction de son église'. Aussitôt son arrivée, il s'était mis à la
* Hébr. XI, 17.
* Les anciens propriétaires de la terre de MomteroUier, aïeux de M<*» de Sully, avaient près de Véglise mi beau et viaste château, flanqué de quatre fortes tourelles à pied. Pour réparer
âlO TII DB MONSEIGNEUR DE SIMONT.
disposition de MM. les curés de MooteroUier et de Saint-MartiD-OsmoDvitle, et leur avait offert tous les secours de son zèle et de sa charité. Il disait tous les jours la sainte messe dans une chapelle domestique, et toujours à une heure réglée, afin que les habitants d'Osmonville pussent y assister s'ils le voulaient. Tous les dimanches et jours de fêtes, il disait la première messe à huit heures à Saint-Martin-Osmonville, pour faciliter l'accomplissement de leur devoir religieux à ceux qui ne pouvaient assister à la grand'messe. Lorsqu'un de MM. les curés des paroisses voisines était absent ou malade, M. de Simony s'offrait de grand cœur pour le remplacer, souvent plusieurs semaines de suite. La paroisse de Monterollier étant restée près d'un an sans pasteur, il en remplit seul les fonctions pendant tout ce temps.
Lorsque M. de Simony célébrait la grand'messe et présidait les autres offices, il ne manquait jamais de faire le prône et le catéchisme. Nous avons retrouvé dans ses manuscrits un cours complet d'instructions qu'il composa pour les paroisses de Monterollier et de Saint-Martin. Elles sont toutes disposées par ordre, et il est un certain nombre de fêtes pour lesquelles il y a trois ou quatre sermons différents, et écrits en entier. On ne trouve sans doute dans ces instructions,
ce château qui n'était pas habité depuis longtemps, il eût faUu des dépenses considérables et sans utilité. M^^^^ de Sully le fit démolir en 1803. Elle fit construire en même temps à Osmonville une maison de maître, composée d*un beau corps de logis et de deux pavillons. Cette maison était destinée à servir de pied à terre à la famille lorsqu'elle viendrait visiter ses biens. C'est la maison qu'habita M. de Simony pendant tout le temps qu'il passa à OsmonviUe.