CHAPITRE XVII
ni le fruit d'une pénible étude, ni les richesses d'une vaste érudition, ni les ornements d'une éloquence recherchée, mais toujours le langage simple et solide de la foi, une suite de pensées naturelles, de comparaisons justes, de raisonnements précis, d'exhortations touchantes. « Les instructions qu'il donnait alternativement aux habitants de Monterollier et de Saint- Martin, nous dit le respectable curé de cette dernière paroisse, étaient toujours simples, intéressantes et à la portée de ceux qui avaient le bonheur de l'entendre ; le souvenir en est resté profondément gravé dans nos cœurs. »
M. de Simony ne s'astreignait pas toujours à la composition d'un discours écrit et récité de mémoire ; ses manuscrits prouvent qu'il se contentait quelquefois de faire des plans solides, bien fournis de preuves, de textes, de traits empruntés à l'Ecriture sainte ou à l'histoire ecclésiastique , et où les principaux développements se trouvaient seulement indiqués. Cette méthode , conseillée par Fénelon à ceux qui ont un fonds de science suffisant et un certain usage de la chaire, est celle que M. de Simony suivit plus tard dans les confirmations. Elle est bien différente, comme on voit, de cette prétendue méthode qui consiste à parler sans étude préalable et sans autre préparation que ce qu'on est convenu d'appeler l'inspiration du moment.
M. de Simony mettait le même empressement à suppléer MM. les curés près de ceux de leurs paroissiens qui étçiient malades. La présence seule de cet homme de Dieu était un gage de sécurité pour les mourants; quelques-uns durent leur conversion aux
34S TIE DE MOnSBlOHIVR BB SIMONT.
efforts de son lèle^ et plosîeun demandèrent odmme une gràee de Tavoir comme consolateur et comme soutien à ce dernier moment.
Les enfants étaient surtout les objets privilégiés de sa charité. Il les regardait comme la portion la plus pure du troupeau de Jésus-Gbrist, celle ^ par conséquent, qui devait être la plus chère au cœur d'un prêtre. Aussi son plus grand bonheur était de s'a^^ baisser jusqu'à eux, de mettre à leur portée les vérités simples et sublimes de la religion, et de leur inspirer Famour de Dieu dans des allocutions pleines de tendresse qu'il leur adressait soit à l'époque d'une pre* mière communion, soit à l'occasion de quelque i^te solennelle.
Son premier soin, aussitôt qu'il était devenu pro* priétaire de la terre de Monterollier, fat d'opérer la séparation des enfants des deux sexes, réunis jus^ qu'alors dans une même école. Pour cela, il fournit gratuitement à la commune une maison commode, avec un jardin pour le logement d'une sœur, une classe pour l'école et une cour de récréation pour les enfants. n s'engagea de plus à payer la pension de la sœur chargée de donner l'instruction gratuite. Lorsque plus tard M. de Simony vendit ses propriétés, il ne voulut pas que la commune de Monterollier fût privée d'un établissement aussi utile; il fit don de la maison d'école à la commune, et y ajouta une rente perpétuelle pour l'entretien d'une sœur que la communauté des dames d'Ëmemont, établie à Rouen, s'obligea d'y envoyer. Sa sollicitude ne se bornait pas aux enfants de Monterollier et de Saint-Martin; elle s'étendait sur tous ceux des paroisses voisines. Il était président du
oûonté d'sngUrticikNi da oftaCon de 8iiiNt-S««iia , U H en remidifliaii tes allribolbos avet iMe. H doaow^ dati kii-mém« dans les ptos pe(iU deuils^ ri^aAi fréquemmenl tes écoles, inlerrogeail les enfaots les ans après les aatres, el les eneoufageaii par. an toa doux ei paleroel, ei par des récompenses propor* iûmaé^ à lear âge et à leoraiaérUes. AiMsi les ei^iHs ne désiraienl rien laot ^pie le jour de la. visile on de rexaaieii.
, Non oofttral 4e celte première édooalien cbréiienae qu'il leur avait asanrée^ H. de Sisaony eberolMi les moyens d'e& ooMerver les fruits, sartoot dans cet âge de la vie où tooi semble conspirer eaatre Tiaaocanoe da cœar. Pour e^, il étaÛit dans la paroisaa de IfonteroUier une association dédiée à la très-saime Vierge, et qui avait p«^r Jbtil de teair unis pliNt étroi* tanent^ par les liens de la ebarité et la eomœanaoté de prières , des cœurs ^ai ne le aont trq> soaveol qne par le goAt du nponde ei l'amoar de ses frivolités. U voulut loi-méme dresser le renflement de cette association, et il lui donna uoeu direction ai sage, qu'aujourd^boi encore, elle perpétue dans la paroisse de MoQterollier les fruits de son z^ et de sa diarité '.
Les j^ines gène n'avaient pas moins de droila à sa tendresse^ Il ne se contentait pas de les instruire en public à l'église, dans des catéchismes réglés , et en particulier chez lui, dans des réunions plus ou moins nombreuses; en toute œcasioa il les accueillait avec
' Le règlement de cette association est composé tout entier par M. de Simony lui-même , et transcrit de sa «main sur les registret de la paroisse. Mous en avons retrouvé deux minutes avec c<«reetiOB8 dana sh maBOserita.
tu TiB BB H^nmtaBim' i»B simout.
me iMMité fwtemetle , leur indicpiaH les «neyens «dt i^pftfér les iétrais &mf première édoeation, 0I d'eppreodre «e état saoi^ s^tposer à perdre lt«r rertn.
Atf mitiea des oeeopsKkms fl'inie vie toute ^e^osa* créeàia prière, à PécudeiM auK «livres tie ta l^arM, M. ds Sknoi^ iroursit «leore le temps de diriger pa^ lettrss fftettieQrs pei«ee»es^é« ihende qui «f^adressaieiit à lui et pour lesquelles il était une source iné p w toaiU e fie eagsB «ooiisells. I^us oeoir ipii le ecmsulteteiit, trouvaient deos seè repenses le mdt ipie leur e^ieur 4}èsk*tfit ftmr éclaireir feersilcmtes, getcfcr "stitmKteÊik leurs pas, ea -foire oesser leurs voquiétudes. f^euè «e eiteiroiis M qti'iiee setde ^e «es lettres adressée à etie /danse mr ia «imfUrfté dans 'soii iHénege. Oa y verra «omnieflil M. <ie etimofiff %mm4ëii le vrate pîéî<^, et a^c qtieHe «lige éfscrélioti fl vôutail qu'oa en ooneiliAt les pra^ ^Hfqwè %vm les étarvoirs 4e chaque pesifibn,
a Me TDus larisseK peint prééoeeperpar 1eseia%am0 et tos peines insépanadbfles de votre état. Après avoir fait 4è8 %e me tin un eote d'alrandon de fout vous- Ttfémt et de ioetes vos altfoires entre les m^Ans de Dieu, agissez simptement en 1m et po»r lai. 'B&fet tm enfant du ovomewt; ne lisez point tla«is favenk*; la vérHé nées dit qu^à cbaifve jour seffit sa maille. Donnez tees vos soins à rédecaskin de ^res eirfants; t|ue totrt en vous leur inspire une piété^doeee et ten* dre. Aimes-les tendrement eans ft^lessèy énstraises* les sans rigueur et dureté, ménagez -leur d'innocents plaisirs isans dissipation, corrigez-les sans aigreur et jamais avec vivacité* JSlevez-lfdur les Sentiments «ans hauteur et sans orgueil» gneadiiy Jes cfaenaèles ^et'Ctriili
Oieo, »ams»B8 préféffec«9i prédUtetiei» pour anesiA en partic^ier. Qaesi'ilaoe répoadaot paa è vos aeiink^ plaigneB^vous-M afi^cweendeto^t el avee timpliciié.d Dioa. TémMgn^-loi le désîr cpie vous auriez qa'Uff f«3seal t€wt à lui, mais fie déofaargâz poiiil TQ4re cowr à tâut yeQaia làH}essii8. Ne montiez peîiil dUodiffé* reaee à ceux de vos eoti^oto qui vo<i8 doiuieoiq^eiq^ea peioea; caresaes-les plua que lai^aQlrea; ta doQoe^èr lea ranràneva* Faites-lftiur aeo4Hr leort Wrls fMKS les déoQiirs^fef e4 les aigrir. Priez heaiifotip pour ws.^ à TMemplA de aabftiâ Mooîqmy al aitenikiii. paioiWameol ei a^ec abaïuicH» \e oiemeal du Seigneur* Que lonlai voff aetioc|^ se napporiMt à fiieo^ et ne voua inqnMtes poim db UM^ l0 resAe* Ne cempiat qoe aur lui, ei9p4rai tani de loi; U ae«a veUPa-epnseil> vc^re aM>ui> voire oeoeolatMa à cbaqne insl^m de votre vie. Respecter et aimes voir» époux en Dieu et pour Pieu. ÂltoE au-4avanl de^ tout oe <|ui peuvra lui faire plaisir» Btodie» seagoûta^ ses désita, aea veionié^. Neeherobes pmki à faire prédeniiiiier vobpa sentiment sur le sien» Attaehea^vousà vo«^ fâiive un caracièra égal, aim|4eet wi* Bam les «onlradiciUansy les altercatiens presqae inséparables de eet é^t, cèdes sans humeur^ sans aigraur^ dana toutes tas otiosea oà Diea nVst pas intéressé; et dans les ehososeù ses intérêts seraienio^mr promis^ vm9 de la voie de représentation» mais d'ane meniètre ai dnuce, si honnête, qu'il s'aperçait %^ l'aineur du vrai, la gloire de Dieu, le sè^ de son We sont les. seuls motifs qui vous font parler. Un ton d'aur torité ou daoocroetîan aersit toi^ettraforl^ d^lac^^ Ne donnes ipoint dans un travers s^^ies erdiuatra da yolre
S4é YII Bl HOKtBlQltttlt M SIMOMT.
Mxe, qui est de passer j^usieurs heures daiis une église, en se reposant sur des domestiques du soin des enfants* Ce sent là de grands pas hors de ta voie ; Diea, loin d'agréer de pareils sacrifices, les rejette; it ne Yoit en cela que votre amour-propre, votre propre volonté satisfaite, et non sa sainte volonté accomplie. Tenet- vous-en à une demi-heure d'oraison le matin, ii une messe eià un quart d'heure de lecture spirituelle; tout le reste du temps se doit à vos affaire. Le soir, une demi-heure d'oraison, votre chapelet, nn court examen sur toutes les actions de la journée; habituellement beaucoup d'union à Dieu, d'abandon, de détadiement de vos goàts, de vos aises, de vos e<mimédités, de tout vous-même. Ne vous faites pas même tdiement un point capital de remplir le règlement de vie cpie vous vous serer prescrit, que si vos enfants, votre mari, dans un temps de maladie ou d'embarras, absorbent tous vos moments, vous vous fassiez de la peine de manquer à vos exercices de piété. Vous ne devei pas même le témoigner, mais avec un front serein et gai, vous prêter à tout ce qu'exige de vons votre état; c'est pour lors quitter Dieu pour Dieu, être dans son ordre, ne vouloir, ne respirer, n'agir que pour lui. Ah ! que cet état de détachement de soi^Biême, d'abandon en lui, de simplicité, lui plaît! Evitez un autre écueil, qui est de ne prendre des domestiques que pour se faire servir, sans penser qu'on leur tient lieu de père et de mère, qu'on leur doit l'exemple, que c'est une obligation étroite et rigoureuse de travailler à leur sanctification. « Celui qui n'a pas soin de ses domestiques, nous dit le grand Apôtre, a renié la foi, et il est pire qu'un infidèle. 9 Aimei-les
CHÀPITftK XTTI. ' 847
dooc ea Jésus-CSirtst. Occapez-vous de leur Àme, en Teillaot à ce qu'ils apprenueui leur religion, qu'ils approchent des sacrements, qu'ils ne forment point de liabons dangereuses ; reprenez-les avec douceur et eo peu de mots; les cris perpétuels, les réprimandes dictées par l'aigreur et la colère les étourdissent sans les corriger, les rebutent sans les rendre meilleurs. Trai(ez*les avec bonté, mais sans familiarité; ne souffrez pas qu'ils manquent à vos enfants, et inspirez-leur un respectueux attachement pour eux; ne surveillez point trop scrupuleusement leur conduite, partout lorsqu^il s'agit de leurs intérêts; la défiance uait bientôt chez ces sortes de personnes, et vous seriez sûre d'être vue avec peine; tout ce que vous pourriez leur dire serait sans fruit. En un mot : envers votre mari, vos enfants, vos domestiques, montrez ime grande égalité de caractère, une grande simplicité de conduite. Vous avancerez ainsi dans les voies de Dieu, vous ferez aimer et pratiquer la vertu, et, étant petite à vos propres yeux, vous deviendrez grande aux yeux de Dieu... »
A cette lettre si pleine de sagesse et de modération, ^i dénote une science du monde peu commune, on nous saura gré de joindre quelques extraits d'une ^tre lettre non moins remarquable. M. de Simony l'adressait à M. Ghervaux , son premier élève, qu'il continuait de diriger de ses avis et de ses conseils. Il y résume en trois ou quatre pages ce qu'on peut dire de plus juste et de plus fort sur les devoirs généraux ^ sur la nécessité de réformer son caractère dans les différents rapports de la vie.
« Dans le trop court séjour que j'ai fait près de toi,
t48 TTI Dl MOHSBIAUBUR HB SIlfOHT.
non bien oher enfant, j'ai eu à peine qoélcpies Bieais peur l'ouvrir mon cosor et recevoir les témoignages de ta confiance. Combien de choses îl me resterait à te dire, et à combien de docreeurs et de consolations je renonce en te quittant si tôt. Je ne veoi pas cependant partir tout entier d'auprès de toi, et je veux que œ petit papier te tienne lieu, en qoelque manière, de ce conseiller fidèle, de ce père teodre, de cet ami sincère qui s'éloigne de toi, en le laissant son cœur. Je suis sur que tu aimeras à le consulter, ce cœur, dans les avis que sa tendresse lui inspire de tl laisser comme nn précis et un mémorial de nos conversations intimes.
» Reçois-les, cber enfant, a vee ks mêmes setttiœento qoe je te les donne, et j'ose eroire que tu trouveras alors entant de douciBur à les suivre que j'ai de eon- •olatioB à penser qu'en l'y conformant, tu te rendras «her à Dieu et auK hommes, et que tu acquerras cette paix qui vaut mieux que tout l'or et que tous les piatsirs du monde
j> Après Dieu, cher fils, je te recommanda ta mère : cdie t'a fait ce que tu es, et, si tu vaux qudque ehose, c'est à sa tendresse que tu le dois; jamais aucun sacrifiée ne peut acquitter ta reconnaissance. Respect, déférence, soins tendres, attentions déiteaies, sep« ports, services journaliers, ton respectueux et soumis, ce sont des devoirs étroits dont rien au monde ne peut te dispenser. Son bonheur dép^id de toi, et une peine qui lui viendrait de ta part serait une ingratitude monstrueuse; sa vie d'ailleurs est en tes mains, et souffrir de ta part pour elle, qui est «t sensible, ffeU .mourir! 8a tendresse qui t'est ai bien connue, son
c^ar 4ui n^ yU qjua pour toi, et ce tâvi^ig^ag^si 4aiuc (pe lu te reiHlras à toi-aième, qw U m^ te doit $im bonbeor, ne ^ffiront-rls pas poor te <lédamiaager de quelques eSbrU que tu {ara« sur tai'*wèfne, de queiq^ies privations que tu t'imposeras.
j» Ai*je besoin de te parler d'uoe épouse que le oiel Va donnée dai^ ^a b^té. Tu possèdes un trésor et une amie; une femme que Dieu loMu^e t'a dboisie est un dépôt eber et sacré sur lequel ta do» veiUer jour^et nuit. Son l)onbeur doit être désormais ton #oavragei c^ ton étude joumaUère doit être de lui pUire et de lui faire couler d'heure«M^ moments dans ta pra* tique de la lot du Seigneur; oette loi, e'est lui-même qui Ta tracée dans ton coeur; tes eiem^ples doivent tendre sans cesse.à en rendre pkm profondes les im^ pressions ; et, cher sflai, ne t'attends pas que tout sera Itour dans un méisage mêioe que Dieu a béni; tu sentiras plus d'une fois la pointe aiguë du ebagf in ; mais tu sts homme et ^^étien , en iaut-il davantage peur t'apprendre à souffrir? Prépare dopo ton eosur oottire tous le^ mw% 4e cette vie; mais veille sur toi pour ^B^ épargQier même les plus légen» à une épouse qui s'attend i trouver près de toi et la sagesse et la tem^ p^ranee d'un bomme et d|un ehrétien^ la douceur, le support, la oomplâisanee, la charité, oe lien vértlaUe des emtrs. Qu'ette ne se ressente jamais des élans d'un caractère naturdlement dominant et entier^ mais qu'Ole tmuve toujours près de ioé ce ton qu'inspire la, tendresse, la eonfiance, l'estime, feras* pect même, cher ami, et la considération. Hatheur à toi s» ta regardais jamais autrement ta femme que comme une oompagp^ qw le ciel t/a donnée fisor te
TII Bl HONSBIGKttlft DB 8III0HT.
rendre heureux en faisant son bonheur. Si tu apercevais jamais en elle quelques faibles, quelques d^auts (et qui est-ce qui n'en a pas?), c'esl par la patience, par des avis toujours assaisonnés de tendresse et d'égards que tu dois en triompher, jamais par l'empire et la rudesse. S'il en est que tu ne puisses surmonter, ton devoir est de t'y accommoder suivant les règles de la prudence et de la charité.
» 11 est encore des hommes qui auront affaire à toi, des domestiques, des ouvriers, des pauvres; dans quelque dépendance qu'ils soient dé toi, n'oublie ja-^ mais qu'ils sont tes frères ; c'est la marque d'un petit esprit de commander avec empire, de reprendre avec aigreur, de traiter avec4ureté ceux sur qui nous avons quelque pouvoir. Respecte en tout homme, quel qu'il soit, la qualité d'homme, d'enfant de Dieu, de frère. Accoutume-toi à commander avec bonté, à corriger avec douceur, et les maux que tu ne pourras pas guérir en autrui, supporte-les avec patience. Souviens-toi de tes propres défauts, et tu supporteras sans peine les fardeaux des autres; si la grâce et l'infinie miséricorde de Dieu te donnent quelque avantage sur eux^ souviens-toi que c'est à lui seul que tu le dois, et que t'en prévaloir pour mépriser tes semblables, c'est te rendre bien plus coupable qu'ils ne peuvent l'être.
» Dans la soetété, te recommander la politosse serait superflu ; je te dirai cependant que tu dois te surveiller pour avoir une gai té franche et aimaUe, avec un ton de douceur et de réserve qui s'appelle le bon ton de la société.
» Je viens à toi, cher ami, et je ne te parlerai pas avec moins de franchise ; il faut en tout que tu re(»tt-
CHÀPITEK XTII. 2S4
naisses too ami ; tu as le cœur bien fait, tu es seusible, reconnaissaoi^ géoéreux, désiDiéressé ; tu as dans rame le principe de lout bien, elle bien y est établi sur QQ fondement solide ; lu es chrétien, mais, cher ami, il n'est pas de champ si favorisé des dons de la nature et du ciel où l'bomroe ennemi ne vienne semer l'ivraie au milieu du bon grain ; elle y est, elle y vit, cher enfant, dans le champ de ton cœur, cette perfide semence. Veille donc, à la clarté de TEvangile et des conseils de ton ami, pour qu'elle ne gÀte pas tes ver* tus. Nous tenons de la nature une certaine trempe d'esprit coaune de caractère. C'est à la raison aidée de la grâce, à guider l'une et à réformer l'autre. Le tien tend à une certaine raideur dont les termes ressemblent quelquefois à la dureté; ce que tu veux, tu le veux avec empire, et l'obstacle révolte ta volonté. L'amour-propre se mêle encore de la partie, et céder est un point qui te coûte. Reconnais-tu, cher enfant, la franchise de ton ami? Il porte le flambeau sur la plaie; portes-y le fer, coupe, tranche avec courage et persévérance; puise dans le sein de Dieu l'humilité, cette vertu, la mèjre et la gardienne de tout bien. Ta te connaîtras alors, et, en voyant tes propres faiblesses, avec quelle indulgence tu supporteras celles des autres; la charité entrera avec elle dans ton coeur ; elle t'apprendra que le véritable bonheur, c'est de posséder le GCBur de Dieu et de faire du bien aux autres. Ne te préférant à personne, tu mettras de la douceur, de la modestie dans tous tes rapports, et tu gagneras les cœurs au lieu de les soumettre; ce triomphe ne vautil pas mieux? Je te recommande donc, cher ami, respect et soumission à qui tu les dois, Ixmté et indul-
YIS DE MOKftlIâHIITR 9M 8IM0NY.
genre Avec tas inléneurs, cbarîié eRvêfs teos; je le reoemmande dans toutes les maitères d'Inlérèl uû noble désintéressement, ane manière de faire et de dire toujours franche et aisée, toujours ronde; apprends à allier TécoDomie et la générosité; refose-toi toute dépense superflue, mais persuade-toi bien que jamais les Ueofails ne furent mieux erinpioyés que lorsqu'on peut s'en servir pour gagner un cœur... p
M. de Simony n'était pas de ceux qui aiment à répandre au loin les effets de leur zèle, tandis quHls né-* giigent le soin de leur propre maison. Tout était réglé dans la sienne comme dans une oommunauté; les heures du lever, de la prière, du repos, du concher. « Je ne puis passer sous silence, nous dit une personne témoin de cette constante régularité, la manière dont M. de Simony édifiait les gens de sa maison, ainsi que les habitants des maisons voisines. Il les réunissait le matin et le soir pour prier en commun, il leur faisait de pieuses lectures, suivies de courtes réflexions et de cantiques analogues aux instructions qu'il venait de leur donner. »
Tous les moments qui n'étaient point réclamés par les oeuvres de religion ou de charité, H. de Simony les consacrait à l'étude de la science sacrée. La sainte Ecriture faisait ses délices. Il y joignait la lecture assidue de quelques saints Pères, en particulier de saint Léon, de saint Bernard, de saint Ambroise, de saint 6régoire-le-6rand, et ses notes, fruit de ses lectures, prouvent qu'il étudiait avec cette application prévoyante, avec cette suite sans lesquelles il n'y a point de véritable science.
Son seul délassement était la promenade et le soin
CIAPITIB XTII. ttS
qa'il donnait à on magnifique jardhi. Il affécticmnait surtout les fleurs, les pépinières et les ruches. Les beautés simples et variées de la nature avaient pour lai un aitrail particulier, pr.ree qu'elles lui parlaient de Dieu, lui rappelaient sa grandeur et sa boulé et le ramenaîeni sans efforts à de saintes et salutaires pensées. U connaissait dans le moindre détail toutes les plantes, leur classification, leurs propriétés, la diffé* rence de culture que chacune d'elles exige. Les travaux sérieux d'un long épiscopat, et le poids des années ne lui avaient pas fait perdre le goût de ces utiles el innocentes distractions; et la dernière année de sa vie, il charmait ceux qui l'accompagnaient dans ses pronnenades, par ses observations judicieuses sur Tagriculiure, l'aménagement et la coupe des bois, sur le caractère et les mœurs des oiseaux, sur les différentes manières dont ils bâtissaient leurs nids, couvaient leurs œufs, élevaient leurs petits. H ne négligeait du reste aucun de ces détails domestiques dans lesquels doit entrer un maître de maisen. Une lettre qu'il écrivait à sa sœur, retenue depuis quelque temps à Rouen, nous donne une idée de su vie paisible et uniforooe, mais toujours occupée d'œuvres de charité, d'étude et de tous ces petits détails d'intérieur que certaines personnes affectent de regarder comme le partage des âmes minutieuses et des esprits étroits.
« ...J'ai écrit, comme tu vois, à notre petite fille : tu me diras si c'est cela que tu voulais que je dise, et surtout s'il en est résulté quelque bien. En même temps qu'il ne faut ni être trop étonné, encore moins découragé de l'inconstance ^ de la légèreté de cet enfant^ U faut ne la point perdre de vue. Ce sont des ca-
SS4 TIS DE HONSIIONBUE 9E SIMONY.
ractères qui font courir bien des risques avant qu'on soit parvenu à une parfaite maturité. Il y a une histoire des sœurs de saint Grégoire qui fait trembler; mais j'espère, ou plutôt j'ai confiance que nous n'en sommes pas là. Te voilà donc lancée dans le tourbillon da monde; grâce à Dieu, tu n'en es ni entraînée, ni étourdie. Je prie Dieu qu'il en soit de même de tes enfants. Je conçois que tu soupires un peu après le repos de notre désert ; cependant je serais bien fâché que tu songeasses à revenir avant la fin de février ou le commencement de mars. Puisque te voilà toute portée à la ville, laisses-y écouler toute la mauvaise saison ; ce qu'il en reste paraîtrait peut-être dur à passer à tes enfants, après qu'ils ont joui de quelques distractions au dehors. Je t'en supplie, ne me fais entrer pour rien dans tes arrangements à ce sujet, j'en serais désolé. Je te désire, c'est vrai; comment cela pourrait-il être autrement? il est si doux de se retrouver au milieu de ceux qu'on aime. Mais je ne manque de rien ; et, grâce à la nombreuse compagnie que j'ai dans mon cabinet à ma disposition, les journées se passent sans ennui. Je voudrais pouvoir te dire que tout va bien quant à tes gens, mais je ne le sais pas assez pour te l'assurer. Je réitère de temps en temps mes recommandations pour que tes ordres soient fidèlement exécutés. Je ne sais pas si Baptiste m'échappe quelquefois; pour Rose, elle est assidue, elle file une partie de la journée. Le reste se passe en allées et venues que j'interprète bénignement... »
Avec le fonds inépuisable de charité et de tendre compassion que M. de Simony portait au dedans de lui, il est facile de concevoir combien il devait aimer à
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soulager toutes les infortunes. « Il faut renoncer, nous dit un témoin de sa charilé, à peindre son industrie pour découvrir les misères qu'il soupçonnait, son empressement à les soulager, son talent pour obtenir la confiance des pauvres, son attention à ménager leur délicatesse. Ces pauvres gens sentaient, à la manière dont il les traitait, que leur pauvreté était pour lui un titre qui les rendait plus chers à son cœur. Dire tout le bien qu'il a fait, pendant le temps qu'il a vécu parmi nous, serait chose impossible. Il ne se passait pas un seul jour sans qu'on vint implorer sa charité, et jamais on ne l'implorait en vain. Il n'était pas homme à publier ses bonnes œuvres, mais chacun savait qu'il faisait faire de fréquentes distributions de pain, de vin, de viande, de bois, de vêtements à tous les pauvres malades des environs. Il payait, de plus, pour eux, très-largement, un médecin à Tannée, pour que les pauvres fussent toujours visités et soulagés les premiers, a Sa charité pour les pauvres malades ne se bornait pas aux besoins du moment, elle pénétrait pour eux dans l'avenir. Lorsqu'ils étaient rétablis, il leur procurait de Touvrage et les occupait quelquefois à des travaux assez improductifs pour lui, mais qui, sans les fatiguer, leur assurait un honnête salaire auquel il Atait ainsi l'apparence d'une aumône. Si lu mort venait à frapper un père, une mère, uniques soutiens de leur famille, il faisait élever leurs enfants à ses frais, leur procurait le métier qui leur convenait, et lorsqu'ils offraient quelques espérances, il n'hésitait pas à faire de plus grands sacrifices pour leur donner une éducation plus soignée.
Tant de bonnes œuvres qui allèrent toujours orois-
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saBt jusqu'à son dépsrt d'OsmofiTille, faisaient bénir son nom, et le rendaient eber à tous les habitants. L'on d'eux ne croit pas pouvoir mieux rendre Taffeotion qu'on avait pour lui qu'en disant : « Que son zèle, sa douceur, sa bonté, sa charité, en avaieni fait l'idole de }» contrée. i> Cependant, quelquefois, il eut à supporter, pour prix de ses aumônes et de ses bienfaits, les injures, les reproches les plus insolents de la part de gens grossiers qui venaient se plaindre à lui sans ménagement, et loi adressaient des demandes aussi injustes que déplacées. M. de Simony n'opposa constamment qu'une douceur inaltérable à l'insolence et à la rudesse de ses solliciteurs, qui exigeaient comme une dette les dons de sa charité. <!( Si, en faisant le bien, nous souffrons les outrages avec patience, disaitil alors, voilà le mérite devant Dieu; mais où serait ce mérite, si nous trouvions toujours dans ces pauvres gens la politesse et les égards qui ne laissent plus rien à faire à la patience? » Quelquefois même il eut à gémir de voir tourner contre Dieu le bien qu'il faisait. Il s'était chargé, sur une simple recommandation, des frais d'éducation d'une jeune 6lle dont le père était en prison pour cause politique. M. de Simony la mit d'abord en pension à Paris, puis auprès de la sœur qu'il avait établie à Monterollier, pour préserver sa jeunesse des dangers qu'elle pouvait courir. Lorsque le père de cette jeune personne sortit de prison, en 1814, il n'eut rien de plus pressé que de venir chercher son enfant, qui partit avec lui, sans témoigner la moindre reconnaissance à son bienfaiteur, Isans aller même lui faire ses adieux. Peu d'années après, ayant rencontré dans les mes de Paris une nièce de M. de Simony, elle s*ar-
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réta pour lui dire que, gràee à Tiostnietiôii qu'il loi avaU fait donner, elle obtenait beaucoop de succès an théâtre. M. de Simooy, en apprenant cette ncaveUe, fat plus sensible à Tabas que cette pauvre fille faisait des dons qa^elle avait reçus du eie], qu'à son ingratitude; mais il n'accusa que lui-même, nous dit la personne qui nous fait connaître ce trait, et se reprocha d'avoir pent-étre cédé trop vite et sans examen aux instances qui lui avaient été faites. Plus d'une fois encore on surprit sa charité par des récits mensongers, par Texposé de misères fictives, sans que jamais die se soit refroidie. M. de Stmony ne savait point refuser un homme qui se présentait à lui revêtu des livrées de la pauvreté; et tous ceux qui étaient malheureux ou affectaient de Tètre, avaient un droit acquis à sa charité, a Après tout, disait-il, il faut être bien misérable pour chercher à intéresser la charité par les apparences de la misère. »
U n'était pas nécessaire, du reste, d'être réduit à l'indigence pour avoir part aux effets de sa charité. ce H. de Simony, nous écrit-on, était bon et bienfaisant pour tout le monde, et après tant d'années, la reconnaissMSCe publie encore sa générosité. Ici, c'est un homme qui se trouve dans une bonne position de fortune, et qui déclare la devoir aux libéralités de M. de Simony et à sa bienveillante recommandation près du nouveau propriétaire de ses biens. Là, c'est une bonne fermière qu'il a dotée, et qui jouit maintenant d'une honnête aisance. Ailleurs, c'est un autre fermier qui, depuis quelques années, lui était redevable de plusieurs miUe francs, et à qui M. de Simony en a fait la remise entière, il était, pour tous ses fermiers,
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le meilleur des propriétaires, et il voulait toujours prendre une large part dans les pertes qu'ils éprouvaient. Un grand nombre d'autres enfin reconnaissent qu'ils lui doivent et la profession qu'ils exercent, et le peu de biens qu'ils possèdent, rt Un seul trait fera voir avec quelle générosilé il continuait sa protection et ses soins à tout ce qui avait été attaché, même de loin, à son service. En arrivant à Monterollier, il avait trouvé un garde assez âgé. Â son départ, il ne se contenta pas de le recommander à son successeur, qui l'a toujours conservé, mais il lui servit constamment une rente de 300 francs jusqu'à sa mort (1847), et depuis, une rente de 200 francs à sa veuve. Dans les nécessités extraordioaires, sa charité faisait les derniers efforts. Pendant les dures années de 1816 et de 1817, il fut la providence vivante et le sauveur des pauvres dans les paroisses de Monte" rollier et de Saint-Martin-Osmonville. L'hiver de 1816 avait été froid et désastreux. Le manque de grains et de farine se faisait vivement sentir, et la frayeur accroissait encore le mal. Dans plusieurs communes voisines, des révoltes avaient éclaté. Grâce à sa prévoyante charité, aucuns treuhles n'eurent lieu dans le pays qu'il habitait. 11 acheta du blé en quantité pour le distribuer aux pauvres, ce Je bénis Dieu, éerivait-il à sa sœur qui était alors à Paris, de ce que tu n'as pas l'aspect de la misère qui règne à Osmonville, et les inquiétudes des bruits qu'on y répand... Que deviendrons-nous d'ici à sept mois qui doivent s'écouler jusqu'à la prochaine récolte? Dieu seul le sait. J'avais chargé M... de m'acheter, à l'époque de Noël, du blé pour les pauvres. Il y a mis son hésitation ordinaire;
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jt n'ai {dos de Ué, ei il yaol maintenant cent francs. IHeo soit béni de tout. r>
Noos ne pouvons passer soos silence un petit trait qui fait yoir combien la charité de M. de Simony ^it ingénieuse à veiller sur 1^ moindres intérêts des pauvres. En 4^5^ il fit construire près de sa maison un ttoolin a qnt a été, nous dil un habitant d'Osmonville, un bienfait pour tout le pays. En effet, M. de Simony, en louant ce moulin, Se réserva le droit d'y iah-e moudre ^atuitement tout le blé dont il aurait besoin pour les pauvres. Un autre avantage résultait de cet établissement, c'est que, par l'effet de la concurrence que ce moulin faisait aux autres meuniers de la vallée, les pauvres qui avaient du blé à convertir en farine pour leur usage, faisaient foire ce travail à meilleur compte. » Voici en quels termes, moitié joyeux, moitié sérieux, il apprenait à sa sœur te mise en activité de ee nouvel établissement : « Depuis ton départ, il s'est fait bien du bruit à Osmon ville, fe moulin a engrainé mardi dernier, et à dix heures et l^us du soir, lorsque j'attendais, un livre à la main, dans mon lit, que le sommeil vint clore ma paupière, M. Basset^ m^a apporté les prémices d'une farine d'une éclatante blancheur ; ce qu'il admirait d'autant plus, qu'elle était faite de ton pauvre blé de la Croûte. Je l'ai, sous ton bon plaisir, destiné aux pauvres. Le
^ M. Rasset fils, aetuellement mairo de MonteroUier est un des agricolteurs les plus distiogués du département de la Seine- Inférieure; il exploite à MonteroUier la ferme de Tancien château, d'après les meinettrs procédés et conformément aux théories des pins illustres agronomes {Histoire de la commune de MomterolUer^ par F.-N. Leroy, 1859.)
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ocMHrdé M. Rasaai bat awmi tiri qn» \» mouKû, qù fait un tapage de diable, et qui va un traia à déseler les envieux:. D^ eo y apporte cfoekioea ooeimages, iftais point eneore asam à son appétit, car on dit qu'A en a beaucoup, c'est^nlire qu'il moud proœpÉetneiiti Quant à moi, gt^te à Dietr, je jouis Bons paamn <in SQOcès, mais je me reproche presque de tnenver si mnutodDt oe bfuit, ee mouvdnrani de k nacAiino, ce tripotage de blé et de farine, les mines é^ o ueno nfti^ eemmo le disait M. Rasset, et lenrè proposv^ai bi«i xle la peine aussi à penser qu'il y a un peu de crèveoœur pour mes confrères les nieimiers; mais je me persuade que oëia fait tant de plaisir an publk; et iant de bien aux pauvres, qiue e'est une oompensattoo... » Pour ne point interrompre le récit de ses benna œuvres dans ces deux paroisses, nous'dirons <fueplos tard M. de Simony ne voulut point quitter lui pays qui iui était si eher, sans y laisser des témoignages durables de sa tendre afteotion pour4es pauvres, et de sa prévoyante sotlicitude pour leurs b^oins. li é6nm), par acte notarié, ^ H. le curé de Monterotlier et à ses successeurs une rente annu^le et perpétuelle de trois cents francs, pour être emplo^fée tout entière en natare et Éon en argent, au eoulagement des vieillards, des infirmes et des malades, et à farquisitien de tous les objets nécessaires auit enfents^pauv4*e», surtout de ceux que Ton verrait plus assidus aux (rffices et instructions, et plus réglés dans leur conduite, A Texemple de Jésus-Christ, il ne bornait pas sa compassion et ses bienfaits aux maux physiques de ses frères. On ne sera pas étonné qu'il pose ici comme condition d'une partie des secours quil deiHinait aux
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iodigesto, PasndoMé aox ^>liee8 «i aux iiwtitMlioiis jneligieQses. U ne pensait pas, «omroe le dtseot qndqcMB personnes, qoe ce fût aboser de la misère des pauvres qoe de les oUtger, au moyen da pain matériel, à v^ air recevoir le pain de la p»r(^ qui nourrit TAme. H regardait au contraire avec raison Ftnstradton chpétienne comme la setile base véritable des devoirs, la source tinkpie des coosolatians dont toi» les hommes, niMs les pauvres plas que tous les antres^ oa* on si grand besoin. Ib da SinM>ny donna aux. pauvres de Saini-l&trtin-OsiAonvBle une rente annneUe é& même nature, de cent francs.
Les égUses de ces deax paroisses ne fiMrent point oubliées dans sespiei»e8 libéralités. Il existait autrefois, à i'Mtrémité de lu paroisse de Monierottier, vers Mathonville, une chapelle dédiée à saint Désiré, où Vofi ae rendait en pdlerinage. Depuis longtemps cette chapelle était tombée 0a ruines* M. de Simony résolut de la rapprooher de Véglise dont elle était fort élo^oée. €te projet allait recevoir son exécution, lorsque M. le enré et les principaux habitants prièrent M. de 1^aaony d^employer la somme qu'il destinait à cette d^tpelle à la restauration de Venise de MonteroUier, dans laqueHe une chapelle pourrait être dédiée spécialémmit è saint Désiré. M. de Simony ne voulant rien ^eider par lui-même, (temanda et obtint l'autorisa^ tien nécessaire^ et fit don à l'église de MonteroUier d'une somme de douce cents francs pour l'embellissement de l'église et la décoration d'une chapelle qui porte maintenant les noms dé Saint*Julien et de Saint» Désiré.
Le chnetière d'Osmonville, depuis la destruction de
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ré^be, était resté abandoMé. M. de Stnumy, par respect poor ce lieu consacré par la rriigioa, l'acheta, le fit enclore de murs, et lorsqu'il vendit sa propriété, il en fit la réserve expresse pour qu'il ne put jamais être livré à aucun usage profane. Plus tard, il constitua une rente perpétuelle à l'église de MonteroHter, à la charge de faire célébrer chaque année une messe de Requiem, pour le repos de l'Âme de M. et de M^* Sully et de M. Maxiroilien de Sully, et aussi une messe haute de Requiem, le jour anniversaire de la mort du donateur, lorsqu'il aurait plu à Dieu de l'appeler à lut Indépendamment de ces dons extraordinaires, il contribuait annuellement à rembellissement, à la décoration de ces deux églises, à l'achat d'ornements et de tout ce qui pouvait contribuer à la décence et à la majesté de l'office divin.
Ce fut dans cette même année de 4^6 qu'il eut la douleur d'apprendre la maladie mortelle de M. Chervaux , son premier élève, qui lui était resté uni par les liens de la plus tendre amitié. 11 se rendit en toute hâte à Beilegarde pour assister son cher enfant et recevoir son dernier soupir. La mort l'avait prévenu. Il ne trouva, en arrivant, que dos restes inanimés, des larmes, une douleur sans mesure, mais aussi une f<H victorieuse et une résignation toute chrétienne* M. de Simony faisant à sa sœur le triste récit de cette scène de douleurs, le termine par cette pensée, que les perles multipliées qu'il avait faites lui avaient rendue familière, oc Je conçois, ma chère amie, que ce train du monde qui s'établit à Forges-les-Ëaux , ne te convienne pas beaucoup, mais ce n'est plus que quelques semaines à patienter. Patientons ainsi jusqu'à la fin
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de noire vie, el nops treaverons là le repos, oar il D'est pas aillears. Oh! qoand esl-ce que Dieu nous prendra dans sa grâce I Dieu arrange bien toutes choses, bonne amie, puisque, comme il nous veut tout à lui, il nous détache peu à peu de tout sur la terre et nous montre qu'il n'y a que lui qui mérite notre affiscUon, puisqu'il n'y a que lui qui demeure. i>
tM TII DB MOirSBIOKBUR Bl SIMONT.
GHAPITftE X¥IU.
lf»iiYaaiix fÊppot^ 4e M. de âoiQii^i «ree M. Duboiirg» — ZèAe et généroaitè de M. do Simony. ^M« de SimoB^ Cait le vajage de Rome. — Ce qui Fintéresse surtout dans ce voyage. — Correspondance religieuse de M. de Simony avec une dame protestante.
M. de Simony n'était pas resté spectateur indifférent des grandes agitations dont la France fut le théâtre depuis 4792 jusqu'en 4915. Non-seulement il avait des convictions politiques profondés et bien arrêtées, mais il ressentait vivement les malheurs de son pays. Il salua donc avec joie le retour des Bourbons comme un gage de paix et de bonheur pour la France, pour l'Eglise et pour l'Europe entière. Ses frères, depuis si longtemps exilés, purent enfin rentrer dans leur patrie et y reprendre dans la marine les emplois et les grades que leurs services leur avaient acquis^. Toutefois, M. de Simony déplora sincèrement les suites désastreuses pour la France de l'invasion des alliés et de leurs prétentions exorbitantes. « L'empereur d'Autriche, écrivait-il de Paris (27 mai 4844), n'emportera pas les béuédictions des bons Français; il parait qu'il voulait être très-exigeant, mais la fermeté du roi et la générosité d'Alexandre l'ont forcé de rabattre de ses prétentions. »
On se souvient de l'étroite amitié qui existait entre M. de Simony et M. Dubourg. Un événement inattendu vint procurer à M. de Simony la plus douce satis-
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facftioii qu'il pûl goérter, oeHe de revoir, après rfBgt* quatre ans d'abseoce, cet ami qui lui rappelait des souvenirs si chers à son cœur. M. Dubourg, après quelques essais qui n'avaient point répondu k ses espérances, avait été mis à la tôle du collège de Bal* timoré par M. Nagot, son ancien maître. La Louisiane a3ranft été cédée aux Etats-Unis en 489^, Tévèque espagnol s'était retiré, et M. Garrol, évèque de Balti* more, avait été nommé par le Saint-Siège administrateur du diocèse de la Nouvelle-Ortons. Il ne pouvait, à une si grande distance, veiUer aux intérêts de la religion; il proposa donc à M. Dubourg de le remplacer, et celui-ci se rendit, en effet, dans la Louisiane. Mais sa mission y éprouva de grands obstacles; un prêtre espagnol refusa de reconnaUre sa jaridiction; M. Dubourg crut devoir informer le Sainl-Siége de Tétat des choses. Il passa en Europe en 4815, fut sacré à Rome, le 44 septembre de la même année, évèque de la Louisiane; et, attendu ie schisme qui régnait à la NonveUe-Orléans, il obtint de fixer sa résidence à Saint-Louis, au nord de son diocèse.
Avant d'y retourner, il vint en France dans le dessein d'y reeueillir des dons pour sa mission, et de réunir quelques ecdésiastiqnes pour partager ses travaux. M. de Simeny accompagna M. Dubourg dans sue partie des voyages qu'il fit en France, et voulut prêter à son oeuvre le concours de son zèle et de sa générosité. Différentes lettres de M< de Simony et de H. Dubourg lui-même nous apprennent que ce ne fut pas inutilement.
tt Je n'ai pas besoin de te c^e, écrivait M. de Simony
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à sa soBur, commeoi nous avons été reças à Bordeaux ; œl excellent prélat trouve partout des cœurs qui volent au-devant (fe lui ; c'est te dire combien j'ai été heureux de passer ees quatre jours de route dans sa compagnie. J'ai vu M^* Fournier, sa sœur, c'est une femme bien bonne et bien dévouée à la cause de Dieu. Elle sert la mission de son frère avec zèle et discernement. Je suis logé au séminaire, parce que c'est là que mon évèque a pris poste. Je vois qu'il ne le quittera guère qu'après les premiers jours du mois prochain. Ce n'est pas ce qui me r^ouit le plus. Monseigneur n'est pas expéditif de son naturel; juge ce que ce doit être quand il s'agit d'expédier à près de deux mille lieues cinq ou six religieuses et autant de missionnaires! C'est une belle et bien difficile entreprise que celle dont il s'est chargé, et il s'en tirera parfaitement bien. lia la main de Dieu banne sur lui. Rien n'est admirable comme tes traits de providence dont jusqu'ici il a été l'objet... Tout cela est admirable et inspire le désir d'être appelé à une vocation si sublime; mais il faut des saints, et je ne lesuis guère.» Ce fut pendant ce voyage, que le zèle et l'amitié lui faisaient entreprendre, que M. deSimony eut le bonheur de revoir le pays qui l'avait vu naître, et les différents membres de sa famille dont il était depuis si longtemps éloigné. « Tu ne saurais t'imaginer, écrit-il à sa sœur, le plaisir que. je me fais de voir tout ce monde, dont je connais par moi-même une bonne partie, et dont on me dépeint le reste comme ce qu'il y a de plus gentil et de plus aimable... M<' Dubourg va partir; il veut se charger de cette lettre et te la porter lui-même. H te dira ce qu'il a pu juger de la famille,
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au mïiea de laquelle il me laisse. Ma bellensœur est arrivée avanl-hier soir; les petits enfants sont charmants, les nièces fort bonnes et aimables, le nouveau neveu, excellent aussi. Profite bien du séjour de Monseigneur, tQ en trouveras peu d'aussi bons, d'aussi aimables, d'aussi vertueux. Je t'assure que peu s'en faut que je ne dise : Je ne le quitterai jamais; mais il me semble que ce n'est pas encore là que le bon Dieu m'appelle. »
M. de Simony pouvait se livrer sans crainte et sans réserve aax vi£s sentiments d'affection qu'il éprouvait pour sa famille. Elle en était digne à tous égards. « Je ne vous dirai pas, lui éerivait M** Dubourg, quel plaisir je ressens du bon et flatteur souvenir de votre aimable famille, et des soins que vous vous donnez pour mon aflbire. Répétez bien, je vous prie, à vos dames, au cher neveu et à ces intéressants enfants, que mon imagination et mon cœur n'ont cessé d'être remplis d'eux. Que vous êtes heureux, mon ami, soui les rapports qui doivent le plus intéresser une àme sensible et vertueuse! La famille de Villers est une répétition de la famille de Simony : partout les mêmes grâces, la même bonté, la même piéi.é. C'est le fonds de votre àme qui se réfléchit dans tout ce qui vous
appartient, comme en autant de miroirs fidèles
^Vous craignez de n'être pas heureux dans les mouvements que vous vous donnez pour ma mission. Qu'y faire? Ne rien négliger de son côté de ce qui peut se faire avec douceur et prudence, et laisser tranquillement à Dieu le soin de bénir nos efforts ; ils n'en seront pas moins bien récompensés pour avoir été moins fructueux. Les miens à Lyon n'ont pas été stériles, et
tM yii DE MOV0ii<mirm m% simont.
j'«i 406k|tte «ipuir sfB^ilê aeroftl ég»lfaieiil Iwnmix à Paris %i à Gand. J'ai confiance qua oaliii qui a cam^ meûté cette hanne (»mre te perpiêmra et l'Affermira, Je trouva mon compte à lui ea ab^adeoeer la charge, ei il y trouvera iui*inème eelnl de sa propre gloire. tpU gkria in smeula. »
M» de SimoDy étant re^ à Toaloa ua peu plus loQgt^nps qu'il ae l'avait prévu, M. Oub^irg, qtû dé^ sirait vivement le revoir avant son dé)»irl pour la Louisîaae, lui ea £t da doux reproche», tout en le remerciant de riotéréi qu'il avait su exeiler pear le soeoès de san œuvre, a Je eammençais à trouver le lemps bien long, mon cher Simony, ou à craindre que ¥Otts ne vous fassiei perdu en routa, vauus altendont iai, d'après vos promesses, immédiatamei^ après PÀques. Je vois par votre obère lettre du 49, datée de la oatnpagMe, près Toulon, que l^duloù amor peUvis^ ai tes cbsrmas encore plus doux d'ona fasMlle si digne de votre tendreasa, l'ont «nq>orlé sur vos résoiutiona, ce dofii je laissa aux rigoristes à vous foire le procès* L'égol^me cependant pourrait bien ^us attirer da ma part les mômes querettes, si voos r» ma donniez pas Taspoir de vous embrasser encore avant mon départ* liais, gare à vous, si vous ne le réalisez pas. Je serai sûrement à Bordeaux à la fin de o^; il faut vat» y rendri^ si voua voulez que je ne croie ip&s qu'un long séjour dans le Mkli a produit se» effet sur vops.
» Mon passage par Marseille, qui m'a procuré d'ailleurs de 9i douces jouis^mees, n'a dono pas été inutile à ma mission , grâce à votre intérêt et à celui que vous avez su ki^irer*. J'ai reçu de M. H..., les :! ,5<M) fr., pItBB les 900 fr. que vous Paviez elwrgé de
M(»4»QBer à ¥#tM compte. G%Êi un wœllflBt htmfm dofit r<MigB»DM ei 1m frwctpe8.Jii6iifieni bien volft eonfiaiioe. Mon ^éjottr en Flandre et à Paris ent aoisi prodoit aih-deià de meii attente. Que d'obligations j'ai ecMHraoiées I Pries Ken que je sois fidèle à les remplir» Ce n'est pas seulement du matériel que j'ai reotieilK^ j^ai ^MMNne reemté des hommes, sariont dans estte bonoe ^ malheureuse Belgique. Ma edonîe sera assac hria pour les teiops et ks mofens.... »
Le& cipcM^afioas. obligèrent M. Dubourg de partir a«ani le retour de M. de Simeoy* Voici Im lettre d'edîeu qu'il lai écrivit; elle mentre la tendre amitié ^ onissiHt ees deux àines vertoeosas et la confiante simplicité de leurs r»m>orts muloels* t II «le têmi dono rene^ieer au boftbeor de vous embraeser, non cher Sknony, puk^qne je ^pai» so«s huit cm dix jours. Le velwté de Dieu seit faite, e^est d'ailleurs peut-être un décbiremenl de plus qu'il veut m'éparguer. QaeUe idée avee^vous eue que je pourrais cbarroyer tout won moode et tous mes e&ts à Toulon peur m'yeuv* berqa#r? Certes^ ci le roi avait mia à sa faveur cette ooércifise conditioBv il m'eût éié moins dispendieux de m'en passer... J'aopepte evee graod plaisir l'offre de M* le vicaire de Saint*Yioceut de Paul. J'ai disposé encore une fois de votre géuérosité, mon cher Simeny; M. Biaise, l'imprimeur, étant verni me proposer des Journées 4u ChréUem à 80 soisi je me suie souvenu de la promesse, ou plutM de l'offre spontanée que vous m'aviez faite, de in'en donner 300. J'ei enconséquenoe prié ledit M. Biaise de m'en faire L'envoi à Bordeaua^ à votre compte. Voilà ce qpi s'appeUe disposer de sef amis ou les preudre au mot. Si vous^ trouvez beaucoup
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de persMOêB «ar voire foote, qui aieat la mte» txmne votonlé que le respectable vicaire et vous, voos û^avez pas besoin de ma permissioQ pour les mirèler ni pour les assurer de ma reconnaissance et d'une part abondante dans les prières et dans les fruits de la mission. »
Deux ans plus tard, dans les premien mois de Tannée 4849, M. de Simony fit le voyage de Rome avec M. Tabbé Letouroeur, un de ses aaàs intimes. Il était c<mduit dans ce voyage par un autre s^itimeni que celui de la curiosité. Ce n'était pas la viite des arts qu'il allait visiter, mais la ville des miracles et des Boartyrs, prédestinée de Dieu à devenir la capitale de la religion, l'Eglise môre et maîtresse de toutes lés Eglises. Une circonstance particulière venait ajouter pour lui à l'intérêt de ce voyage : c'était le d^ùr de voir et de vénérer le successeur de Pierre, dans ce vénérat)le pontife qui, comme le prince des Apôtres, avait dans sa vieillesse tendu les mains aux diaines qu'on lui prés^itait, et qui, lui aussi, avait vu ces dniines se bri^r miraculeusement, comme celles de Pierre dans sa prison. H. de Simony espérait par là puiser, comme à leur source, cette augmentation de foi et d'amour pour l'Eglise catholique que reçoivent les enfants de Dieu de leurs communications directes avec le Saint-Si^e.
Nous avions espéré trouver dans les notes mann^ scriies de M. Leloumeur quelques souvenirs d'un voyage aussi intéressant; mais M. Letourneur a détruit tout ce qui tenait à sa vie sacerdotale, et nous n'avons pu recueillir de lui que cette seule phrase qui résume à elle seule toutes ses impressions : « Mon