CHAPITRE XYIII
yoj^§9 dç Bope me fat doublernent «gréable; je visit tais la ville des mtâs^ et je la visitais avec wti saioi. » Ici doQc comme poar les autres circonstances ^ la vie (k M. de Simony, c^est à ses lettres intimes qu« MUS sommes obligé d'avoir recours. Voici eomipe il apprend à sa sœur son arrivée dans I^ Ville éteii^elle (20 mars 4649) :
« C'est mardi dernier, chère Ursulette, qu'après cinquante j^nr» de route , nous notis sommes enfin trouvés dans la capitale du monde, la nràre et la maU tresse du monde chrétien et le centre des beaux-arts« Qiaque p9$ que l'on fait dans cette ville merveilleuse, fournit qt^elqoes sujets d'admiration, surtout pour des cœurs comme les n^tnes, qui, sans être indifférents aux choses de goût et de magnificence, aux souvenirs que réveille l'histoire du grand peuple, sont surtout touché^ de ce qui a rapport à la religion, et à la reli-» gioQ seqle véritable^ source du beau et des roouve^ments les plus sublimes de l'esprit et du cceur,... l'ai vu hier le Pape à Saint-Pien-e, et j'ai eu le bopheur de recevoir sa bénédiction. Je ne m'y attiendais pas, et je n'en ai pas eu moins de plaisir. 11 est bien vieux ^ bien pâle, mais pas trop cassé. Je l'aurais bien reeonnu d'après ses portraits. J'espère qu'un jour viendra eili nous aurons le bonheur de Papprocher et d'entendre quelque parole de sa bouche. Nous avons dîné avant* hier chez l'ambassadeur^. Sa femn^e est la vertu même. Il n'y a qu'une voix sur son compte. Elle a eu la bonté 4e me parler de m^ belle-soeur* L'ambassa* deur a été poli, et n'a pas eu trace de celte morgue
1 Le comte de Blacas d*Aulp8.
SiS yiB DB MONSBIGlfEUR DB SIMONT.
qu'on s'est pla à trouver en lui... Je crois qu^it aime et veut le bien. Nous avons vu le cardinal Litta, le cardinal Délia Somaglia, à qui j'ai servi de diacre à Paris, et demain nous dînerons chez le cardinal Pacca. Il n'y a ici aucune nouvelle; mais nous en avons lu de tristes de France*. »
M. de Simony était arrivé à Rome à l'époque où l'on faisait d'immenses préparatifs pour la réception de l'empereur d'Autricbe, François I*'. Toutefois, ce ne furent ni ces fêtes brillantes données pendant son séjour, ni les souvenirs du peuple-roi, ni les monuments de sa grandeur, qui eurent le privilège de l'émouvoir et de parler à son cœur. Une dame protestante, liée d'amitié avec Bl** de Villers, et qui vit souvent M. de Simony pendant son séjour à Rome, nous raconte ainsi les impressions que produisait sur lui celte prodigieuse variété de scènes et d'aspects qui frappent le voyageur en parcourant les rues de Rome : « n appréciait tout avec son cœur, et quoique souvent son point de vue ne fût pas le mien, je ne pouvais m'empècher d'admirer cette simplicité extrême avec laquelle cet esprit supérieur traduisait tout en bien, et sans doute spiritualisait des choses qui me blessaient souvent. Je me souviens cependant qu'il n'approuvait pas la marche du ministère de Pie VII; mais il n'était .venu chercher à Rome que de l'édification, et je crois qu'il n'y a trouvé que cela. Nous y étions à l'époque des fêtes que le Pape donna à l'empereur d'Autriche, fêles d'un genre tout nouveau. Les usages
1 M. de Simony fait allusion aux difficultés survenues entre la cour de France et ceUe de Rome, relativement à Fexécution du concordat de 1817.
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pennettaieQl aox eociésiasiiqaes d'y assister. Ces deux Messieurs ne voulurent en voir aucune, et cependant ie ne me souviens pas d'avoir entendu sortir de leur bouche une seule parole qui éùt tant soit peu Tair de blâmer ceux qui, là-dessus, ne pensaient pas comme eux.... T> •
M. de Simony était intéressé par des fêtes d'un autre genre. Son bonheur, comme il nous l'apprend Ini-méme, fut de prendre part à ces pieuses cérémonies, à ces pratiques de religion si fréquentes dans la capitale du monde chrétien, et qui sont si propres à ranimer la foi et à nourrir la piété.
ft Nous sortons d'une cérémonie qui n'a pas eu l'éclat de celles que les curieux viennent chercher à Rome, mais que nous avons trouvée bien touchante. Ce sont les obsèques d'un saint religieux dominicain, qui, après quatre-vingt-quatre ans de travaux et de ver* tus, vient d'entrer dans la vie des saints. Le spectacle de tous les frères rangés autour de son cercueil, le ton pénétré dont ils récitaient leurs prières, ces versets de la Sainte-Ecriture qui peignaient si bien le bonheur d'une vie consacrée au Seigneur et consumée dans son service, la douceur de cette parole si bien sentie : Haec requies mea in sseculum saeculi, etc., c'est ici mon repos à jamais ; ce lieu sera ma demeure, car je l'ai choisie parmi les enfants de Dieu...i\ro9i moriar, sed vivam.,. non, je ne mourrai pas; je vis au contraire d'une vie nouvelle, et je rendrai témoignage à la puissance et aux miséricordes de mon Sauveur... tout nous a émus jusqu'au fond de l'àme. J'ai éprouvé les mêmes sentiments, dimanche dernier, à la profession d'une religieuse de Saint-François de Sales. Je
S44 TIB Dl MONSliaifKUM «S SIMOlfY.
■'«i pa y relettir mes larmes ; mais oe n'étafenC potol èelles de la douleor, au coniraii'e, o'élaîent celles d^cm ecBur qui ne suffit pas à ses seiytiments. La grandeur du sacrifice, l'héroïsme avec lequel if était fait, te ciel qui y preoait part^ la récompense dont il dèvaft être payé, même en cette vie, par les doffceurs de la vie religieuse, Phonnesr qui en revient à IHeu, les avantages qu'en retire la société dés fidèles, tout cehi me ravissait. J'ai revu ensuite à la grille cette heureuse épouse de Jésus-Cbrisl; elle venall remercier le car* di&al qui avait fait la cérémonie. La joie rayonnait sur sa figure et faisait honneur à la couronne virginale qu'elle portait... Voilà, ma chère, les spectacles que j'aurais désirés pour l^excelleAt couple que j'at vu partir mardi dernier, et non pas ces cohues où vingt mfille étrangei^, la plupart mécréants, viennent porter le scandale et font mourir la piété. Ce sont presque les seuls qu'ils aient vus; aussi en ont^ils emporté des impressions défavorables*. En général, ils n^ont pti voir ce pays que du mauvais cdté: des cérémonies tumultueuses, des églises remplie^ de curieux et non de ^èles. Ils ont eu à traiter avec des gens qui spéculent sur les étrangers et se font un métier de les tromper. Ils ont interrogé la classe la plus ignorante du peuple ; tout cela ne pouvait former dans leur esprit des préjugés favoraUes. Je leur ai raconté ce que nous avons éprouvé véritablement de tout opposé. Je leur ai donné des raisons, je crois satisfaisantes, de ce quf'ils n'avaient pu comprendre ni expliquer; fls ont paru
^ Ce sont de ces gens qui, comme on Ta remarqué, reviennent souvent de Rome moins chrétiens qu'auparavant^ parce qu*ils ont assez tu pour ccmdamner^ pas âsses pour comprendre.