CHAPITRE XIX
Le départ de H. de Yillèle causait de justes regrets au diocèse de Soissons, qu'il administrait depuis 48S0. Ces regrets étaient suffisamment justifiés par son élévatioa à Vmïï des sièges les plus éminents de TEglise de France. Il était difficile en effet de réunir au tnéme degré Téclat du talent joint à une rare sagesse d'administration et au mérite d'une grande vertu. Mais l'Eglise de Soissons était en possession, de temps immémorial, de ne voir à sa tète que de sages et saints évéques. Cette Eglise, illustre entre toutes les autres par son antiquité, par les titres qui la distinguaient autrefois dans l'ordre politique, l'est encore plus par la longue suite de vertueux pontifes qui l'ont gouvernée, et parmi lesquels douze reçoivent les honneurs publics que la religion décerne à ses saints^. Cette longue génération de saints évèques devait se continuer glorieusement dans le nouveau pasteur que Dieu envoyait à cette Eglise. Sa réputation de sagesse, de modération, de douceur, de piété, de charité, l'y avait précédé. M. de Viilèle lui-même, dans les adieux qu'il adressait au diocèse de Soissons, faisait l'éloge de son successeur en termes d'autant plus précieux à recueillir, qu'ils sont l'abrégé, le sommaire et comme la prophétie de l'épiscopat de M^ de Simony . Nous avons été témoins de son accomplissement littéral, et nous pouvons dire en toute vérité : « Ce qui nous a été annoncé, nous l'avons vu de nos propres yeux : » Sicut audivimus, sic vidimus (Ps. xlvii).
* Saint Sixte, — saint Sinice, — saint Divitien, — saint Onésime, saint Edibe, — saint Prince, — saint Loup, — saint Baudry, — saint Anseriû, — saint Drausin, — saint Gandin, — saint Amould.
Ma YIB DE MONSBIâNBflR DB SIMONT,
t Lorsque Noire-Seigneur, après su gioriease résurrection, disait M. de YiHèle, annonça à ses apôtres qu'il les quitterait bientôt pour se réunir à son Père, il leur dit : Je ne v&us laisserai pas erpheUns. Nous éprouvons un adouctsseroent à la douleur que nous cause notre séparation, en vous adressant cette parole de notre divin Maître. Vous connaissex déjà, par un grand nombre de rapports, le pasteur que Dieu a destiné à nous succéder au siège de Soissons. Déjà on vous a fait Téloge de la haute piété de Mc de Simony, du zèle dont il est animé, de la douceur et de l'aménité de son caractère. Quand il aura paru au milieu de son troupeau, sa modestie ne pourra vous dérober tous les dons que Dieu a mis en lui, et vous apprécierez alors le trésor de vertus et de mérites <|ue vous possédez. Il vous sera doux de Taimer comme un père, de le suivre comme le pasteur que Dieu vous a donné pour vous conduire dans le chemin du salut. Nous avions commencé un peu de bien dans le diocèse dont nous avons été chargé trop peu de temps; il retendra par son zèle, il multipliera les ressources du sanctuaire, il mettra tous ses soins à augmenter la tribu sacerdotale pour remplir le vide désolant d'un si grand nombre de paroisses, et faire cesser ce fléau terrible qui nous a donné tant de peines et de sollicitudes pendant notre administration* d
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