‹ Vie de Monseigneur de Simony, évêque de Soissons et LaonChapitre 68 sur 118 · SM YIB DB HOWSKIOHBITR DE 8IM0NT · texte numérisé non relu

SM YIB DB HOWSKIOHBITR DE 8IM0NT

W^ de Stmoiiy ne voulut pas dîflRIrer plus looglemps de resserrer les liens qui Punissftient déBaiiivemeQt à l'Eglise de Soissons; il envoya ses bulles d'insUtation, ses lettres de consécratioD et sa procuration à M. de Bttlly, doyen du cfaapilre^, afin qu'il prît pos-

^ Nous croyons deyoir payer ici à la mémoire de M. de Bally, kotmie d'un si rare mérite et d'une si aimable mitxi, un juste Iribat d'éloges par l'exposé snccinot de tout «e qa'il «ntreprit pour r<»rgam8ation et l'administration du diocèse de SoissonSy depuis 1802 jusqu'en 1843.

M. de Bully, né d'une famille recommandable, ne s'était pM destiné d'abord h Fétat ecclésiastique. Cependant il était jeune encore, lorsque des inclinations plus prononcées et les eonseâs de personnes sages lui firent regarder comme la vocation du ciel, celle qu'il honora si bien depuis dans le cours d'une longue carrière, par de grands talents joints à de grandes vertus. Nous ne parlerons ici des premières années de la vie sacerdotale de M. de Bully que pour rappeler ses vife et continuels regrets d'avoir été poussé dans le schisme qui désolait alors l'Eglise de France, par des préjugés d'éducation, par l'entratnement de l'amitié, l'inexpérience de la jeunesse, et, il faut bien le dire, par ies vertus extérieures de quelques-uns de ceux qui soutenaient contre la sainte autorité du Saint-Siège et de l'E^^ise catholique une lutte à jamais déplorable. U est impossible de dire avec quelle droiture de cœur, avec quels vifs sentiments de foi il se hâta de renoncer à des erreurs qui élsdent plutôt les erreurs de •on cœur que de son esprit, aussitôt que le Seigneur eut £ait briller à ses yeux le flambeau de la vérité. Toute sa vie fiit une preuve de la sincérité de son retour et une continuelle expiation d'une faute qui devint pour lui le principe d'une profonde humilité, d'une douce condescendance pour ceux qui étaient dans l'ignorance ou dans l'erreur^ et aussi d'un attachement inviolable à l'autorité divine du Chef de l'Ëglise. Son testament contient, dès les premières lignes^ un dernier et touchant témoignage de ses regrets, et il recommanda expressément que le souvenir en fût rappelé après sa mort. « Je bénis Dieu, disait-il, )> de m'avoir éclairé sur ces erreurs, et en le remerciant avec

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semoQ 4e sw siège efi bob nom. Celte eérémoaie eut lieuy 6d<m le eéi-émofiiat i»i(é en pami cas, le samedî BO avril 4Sd&, à Fissoe des preoitères vêpres de saioi

A aaint Panl^ à'owHr m miiérieordieummiU pitié de mon igmn rtmce et pardonné les fiiutes qa'^le m'avait lût coBU&«ttre; » comlnen je Tondrais les aToir réparées avec le même wAe que » cet i^>Atre, et piff des œurres aussi pleines de tontes sortes w de mérites ! »

M. l'abbé de Bnily arriva à Soîssons, le M avïil i89t, aceoB^ pagaant Mf de Bew^eu, arec le sin^e titre de secrétaire dn prélat. Le nonyean diocèse de Soissons, composé de la plus so- «ible partie de l'ancien diocèse, de tont le diocèse de Laoa, d'uite ÊEaeâoB eonsidénd>le de celui de Noyon, et de quelques paroisses des diocèses limitrophes de Cambrai, Meaux et COiàtons, se trouvait dan» un état déplondi>le, par sij^ des désastres de la révolution , de la dispersion des pastemv, mais surtout de l'existence d'intrusions encore flagnntes dans un certain sombre d'émises.

M« l'abbé de Sally, avec la haute intelUgenee, la sage discré- ^B et la prodigieuse activité qui le caractérisaient , s'occupa tout d'abord du soin de remédier au mal, de réunir les éléments propres à reconstruire le diocèse, et d'en réaliser enfin la c&atplète orgamsation. Une correspondance continuelle, des visitée locales, de fréquences et sérieuses coiéérences avec les principaux membres du clergé des diverses fractions du diocèse, le mirent en mesure de soumettre h son évéque, en moins de six mois, uii i^an général d'orgamsation qui embrassait le chapitre, les séminaires, les cures, les succursales, les vicariats, et doat les heureux résultats justiflèrent bientôt les sages dispositions. M«» de Beaulieu compléta cette organisation en conférant à M. l'abbé de Bully le titre de vicaire général et de grand archidiacre. Depuis, il n'est pas une ceuvre importante à laquefie M. de Bully n'ait concouru. Il était l'âme des conseils; il était à tout et partout, et rien n'échappait à sa vigilance. Nous devons rappeler aussi qu'à une époque de douloureux souvenirs, de 1811 h 1«14 , alors que, par suite de sa généreuse résistance aux empiétements du pouvo^, Mt* de Beaulieu, disgracié, avait vu briser son consefl , M. de Bully, resté seul à

S68 YIB DE MONSEIGNEni BE SIMONT.

Sixte et de saint Sinice, premiers éiréques de Sois^ons. M. de la Loge, grand archidiacre, déclara qu'à partir de ee moment le gouvernement de TËglisede Soissons

la tète de VadmioidtrattoD, eut se multiplier pour satisfaire à tous les besoins, faire face à toutes les exigences^ et maintenir une situation rendue si dffîeile par les tracasseries et les menaces da Gouvernement.

M. de Bully retrouva près de Wp de Villèle et de M«» de Simony la confiance et ramitié que M avait accordées son premier évêque, son bienfaiteur et son ami, et il continua encore, pendant plus de vingt-cinq ans, de partager avec eux les soins et les travaux de Tadministration. La haute sagesse, Thahileté vraiment extraordinaire avec lesquelles il négociait les affaires les plus délicates étaient si bien établies, que des administrateurs distingués avouèrent hautement, plus d'une fois, qu'ils redoutaient par -dessus tout d'avoir à traiter avec lui de ces affaires, certains qu'ils étaient d'être amenés malgré eux à» consentir è ce* qu'il demandait. Il faut convenir, en effet, qu'il était difficile de réunir à un plus haut degré toutes les (pialités propres h réussir dans le maniement des affaires administratives : des manières pleines de noblesse, un tact exquis, une élocution qui charmait, une constante sérénité dsois son àme comme sur les traits de son visage, une connaissance exacte du personnel et des localités, et le talent si rwe de céder à propos, pour reprendre les négocierons lorsque les difficultés étaient aplanies.

Ces rares qualités l'avaient désigné plus d'une fois au pouvoir pour les positions les plus élevées. M. Frayssinous aurait voulu que dans le conseil d'Etat, auquel on voulait soumettre la question de savoir si les actes de l'autorité pontificale devaient être reçus en France, ou dans d'autres cas semblables, le concours du clergé devint au moins plus sérieux et plus actif. On lui fit agréer un plan d'après lequel plusieurs ecclésiastiques du second ordre seraient devenus les uns conseillers d'Etat, les autres maîtres des requêtes. Parmi ces derniers, il avak désigné M. de Bully, vicaire général de Soissons, M. Affre, vicaire général d'Amiens, etc. Ce plan ne reçut pas son exécution.

Cependant le dépérissement de sa santé, une infirmité cruelle qui lui rendait sans cesse la mort présente, avaient

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