CHAPITRE XX. M
était remis euire les maina de M. île Simony, et prodaœa les noms de ceux que le nouveau prélat s'associait pour Taider dans Tadministration du diocèse c
porté plus d*uiie ibis M. de Bully à renoBcer au titre et aux fonctions de Yicaire général, pour passer dans la retraite et la prière les dernières années d'une vie si occupée et si laborieuse. Mbi' de Simony ne voulut jamais consentir à se priver des lumières d*un honmie dont la retraite laisserait un si grmd , vide dans son conseil et dans Tadministration de son diocèse. C'était au milieu même des soins qu'il donnait aux affaires, que la mort devait le frapper et non le surprendre, car depuis longtemps il marchait en présence de la mort. U se trouvait à Laon , occupé de la visite et de la direction des communautés religieuses, dont il était supérieur, lorsqu'il mourut subitement, le 14 juillet 1843, dans les salons du préfet de l'Aisne, auquel il faisait visite. Cet événement, aussi douloureux qu'inattendu, plongea dans la consternation tout le diocèse. Plus de quarante années consacrées, avec un dévouement constant , aux soins de l'administration , et les qualités les plus éminentes unies au caractère le plus gracieux et le plus bienveillant, avaient concilié à M. de Bully les esprits et les cœurs. Ses restes mortels, qui devaient être inhumés à Soissons, furent présentés dans la cathédrale de Ijaon, où s'était réunie la plus grande partie de la population, pour rendre un dernier hommage à sa mémoire. Ses funérailles eurent lieu le lendemain, h Soissons, au milieu d'un concours non moins considérable du clergé, des principales autorités civiles et militaires, et d'une foule immense de pers<Hmes de toutes les classes, chacun ayant voulu rivaliser de zèle dans cette douloureuse circonstance, pour témoigner de sa vénération et de son attachement pour un homme si digne de regrets.
Ms' de Simony interrompit le cours de ses visites pastorales pour venir rendre les derniers devoirs à celui qu'il aimait avec la tendresse d'un père et d'un ami. n ât lui-même l'absoute^ et adressa une lettre touchante h tous les curés du diocèse pour réclamer le secours de leurs prières en faveur d'un prêtre qui avait des titres si l^itimes à l'affection et à la reconnaissance de tout le clergé.
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e^é(ai«Bt MM. d6 Bully, dôywi do chapitre; de la Loge, greod archidiacre'; de Beauregard et Formantiny tooa vicaires généraux de M. de Yillèté. lii' de Sîmony ne pouvait rien faire de plus agréable au diocèse de Seissons que d'appeler à son conseil ces hommes éminents que ses prédécesseurs avaient honoré de leur confiance et qui jouissaient ajuste titre de Festinie de tout le clergé. Le Chapitre de la cathédrale s'empressa d'en témoigner à M*' de Simony toute sa reconnaissance, et de le remercier en même temps du choix obligeant qu'il avait fait de M. de Buliy, doyen da Chapitre, pour prendre possession de son siège en son nom.
Mf de Simony fit son entrée dans sa ville épiscopale le jeudi 5 mai 1825. C'était la première réception solenndle que la ville de Sotssons faisait à ses évéques depuis la révolution. A onze heures du matin, le Chapitre de la cathédrale, le clergé de la paroisse et les élèves des deux séminaires se rendirent processionnellement, au son de toutes les cloches, hors de U porte de la viHe. Un grand nombre d'ecclésiastiques de toutes les parties du diocèse étaient venus se joindre spontanément à cet imposant cortège. M. le souspréfet, M. lefnaire et les adjoints, en grand costume, les membres du conseil municipal, MM. tes présidents et membres des tribunaux civils et de commerce, les administrateurs des hospices, toutes les autres autorités civiles et militaires s'étaient rendues à l'hôtel de la poste, où le prélat devait descendre. A once
1 Une notice sur M. de la Loge a été pubUée, en ISSS, par M. l'ibbé Leredde, professeur de tMdogie morale an séminaire de Soissons, mort curé-doyen de Marie.
hmres et on nvmrij une sahre d'ariiileri» avnoiiça Mm arrivée.
Après avoir reçu les bemmages du Chapitre el des autorités, Mf' de Simosy se revètil de ses babils pon* lifioaaX) et le cortège se mit en marche au milieu d'uM foule iDQombrable composée d'habitants de la ville et des campagnes. Ce fut un moment solennel que celui où le nouveau pontife donna sa première bénédiction à cette immense* maltitude. Dans Tespace qu41 eut à parcourir pour arriver aux portes de la cathédrale, le peuple ne pouvait se lasser de contempler sa dignité, la douce émotion peinte sur son visage, et cet air de bonté qui lui conciliait déjà tous les cœurs. Chacun se plaisait à voir en lui par avance le modèle des évèques et le plus tendre des pères. En arrivant à la cathédrale, M. de Bully, doyen du chapitre et premier vicaire général, le complimenta au nom de tout le clergé. M*' de Simony répondit avec autant de modefi^ tie que de bonté, et témoigna combien il lui était doux de se trouver au milieu de ceux qu'il affectionnait déjà comme ses amis, comme ses enfants. Le discours qu'il prononça quelques instants après, du haut de la chaire, fut la révélation complète des sentiments de son àme. Ce n'était point un discours étudié, c'étaient des pahrfes vraies et senties, c'était le langage d'un cceur qui s'ouvrait sans efforts pour embrasser dans ses tendres effusions le vaste diocèse confié à sa sollicitude pasto^ raie. On remarqua, entre autres, ces paroles qui sortaient de l'abondance de son oo^r : « Dieu le sait, nos très-chers frères, si, après avoir consulté des hommes dont les lumières et la sainteté nous étaient bien connues, une voix intérieure ne nous eût dit clai-
fi7S yiE DE HONSSieifBUA DE SIHONT.
remeni : Prends la conduite de ce peuple, je serai avec toi ; jamais dous n'eussions consenti à nous charger du redoutable fardeau qui nous a été imposé. »
Après son installation, il reçut à Pévéché les diverses autorités, et leur exprima avec autant de bienveillance que d'à-propos la vive satisfaction qu'il ressentait de leur concours, et l'heureux augure qu'il en tirait pour le bien de la religion et le succès de son ministère. Les pauvres, cette portion si intéressante de son troupeau, ne furent pas oubliés dans cette circonstance; et d'abondantes aumônes, distribuées par ses ordres, leur prouvèrent dès ce premier jour qu'il avait pour eux, non-seulement le nom, mais les sentiments d'un bon père.
La lettre pastorale que M^*^ de Simony adressa à son diocèse le jour même de son installation, est tout empreinte de ces mêmes vertus d'humilité, de simplicité, de tendre charité qui furent comme la devise de son épiscopat.
« Devenu, nos très-cher^ frères, le premier f^steur de ce diocèse, il n'est pas jusqu'à la moindre brebis de cet immense troupeau qui ne nous soit devenue chère. Ce sentiment si vif dont nous nous sommes senti animé dès l'instant que la voix de Dieu s'est fait entendre pour vous confier à notre charge, nous éprouvons un ardent désir de vous le manifester; et pour vous en convaincre, nos très-chers frères, il nous suffira de vous dire que c'est la charité même de Jésus- Christ qui nous presse^, et que l'onction sacrée qui nous a fait entrer en participation du ministère apos-
^ Gharitas Ghristi urget nos. // Cor. y, 14.