CHAPITRE XXII
confiance en Dieu. Alors aussi il recaeillit les fruits de la prudence et de la sage circonspection qu^il s^éiait toujours imposées. Au milieu des troubles de la terre, il continua d'être pour tous les partis Phomme du ciel. Les regrets lui étaient permis, mais il sut les renfermer dans son coeur, et donna constamment au nouveau gouvernement Tappui d'une tolérance chrétienne et d'une entière soumission.
Les ciroonsfônces commandaient un surcroît de cir* conspection et de réserve; M*' de Simony écrivit à tous les curés du diocèse pour leur conseiller cette prudence, cet esprit de sage condescendance, de modération et de douceur dans tous leurs rapports avec l'autorité. Rien de plus sage, de plus mesuré que cette lettre. Après leur avoir accordé tous les pouvoirs dont ils pourraient avoir besoin dans les circonstances actuelles, il ajoutait : « Dans une commotion aussi violente que celle qu'éprouve en ce moment la France, des inquiétudes ne peuvent manquer d'agiter nos esprits. Mais, mon cher curé, rappelons-y les pensées de la foi, et bientôt ils auront retrouvé le calme. Quelles que puissent être nos épreuves, nous serons toujours heureux, si chaque jour, en nous présentant à Dieu pour remettre notre sort entre ses mains, nous pouvons dire avec vérité, ainsi que le Prophète : Tuussum ego, salvum me fac. Au nom de notre divin Maître, je recommande à mes coopérateurs la simplicité mvers Dieu, par une confiance filiale et un dé» vouement absolu à sa gloire et au salut des âmes qu'il nous a confiées, et la prudence pour ne jamais donner occasion à de justes reproches. Ne nous occupons des discordes civiles que pour les apaiser, et quelque
988 TU BB MOJritldHSOl M SIMOKT.
obose qui nous «mve, montroosHioas les véHtribks diaoi|d€« de JésuihGbrisi, par une fidèle imilatioB de sa patience, de sa oonstanee ei de sa duiriié. d
Cette lettre indiquait l'esprit qu'il apporterait dans ses rapports avec les nouvelles autorités; on prioeipe, dont il ne se départit jamais, fut de mesurer toutes ses paroles, toutes ses démarres selon les règles de cette prudence et de cette charité toute chrétienne, qui s'assujettissent à tout sans murmures, pourvu que la foi demeure intacte, et de ne pas condamner les exigences auxquelles il peut être utile de se soumettre. I)ans les premiers jours q^ suivirent la révolution de Juillet, quelques jeunes gens à qui leur prétendu patriotisme avait monté la tète, et qui entendaient la liberté à leur manière, se présentèrent, avec un drapeau tricolore, pour l'arborer de forée sur la porte de son palais. Un de ses gens voulut les éloigner avec menaces. U^ de Simopy entendant quelque tumulte, demanda ce que c'était, fit entrer ces jeunes gens, les reçut avec calme, avec douceur^ mais avec dignité, s'informa de ce qu'ils veillaient, et sur leur réponse il les remercia gracieusement et leur paya |[énéreusement le drapeau, en leur faisant observer qu'il n'était pas juste qu'un autre que lui en fit les fra^s^
Quelque temps après, un malheureux aocrédita le bruit que M*' de Simony avait fait cacher des armes di^ son parc de Mercin, qui servait de lieu de pro^ monade au séminaire. Chacun sentait tout le ridicule
A Me de Simony récitait alors son chapelet. En racontant plus tard cette scène de désordre à un vénérable doyen, il lui disait : a Je YOOB avoue que je craignais si peu, que j'étais prêt à aller à la loort, s'U Tavait fallu. »
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arme pareille aoeuaatîoQ. G^peudaot le oonoaiaBdaiit de la garde naiionale vini «^fieieuseioeiii représenter à MoQseigûeor riDdispeasable nécessité de faire une visite pour imposer . silence aux malveillants, confoadre la calomnie et empêcher qu'on n'en vint pent^ être à piller les quelques meubles que renfermait le cbAlean du Meroin. M*' de Simony eonsentit à tout de la meilteure grâce» Le parc et le château furent visités èm^ toutes leurs parties. Le délateur, qui prétendail avoir tout vu, était à la tète des visiteurs. Il leur indi^ qua plusieurs endroits où la terre paraissait nouvellement remuée ; on fit quelques fouilles qui n^amenère»i d'autre résultai que celui qu'on avait prévu. Des pierres avaient été extraites de ces différents endroits, du consentement du généreux prélat, pour réparer les chemins vm&aux ; de là les soupçons de la malveilbinoe e4 les prétendues armes cachées. L'acou* sateur ^it confondu, sa lâche calomnie allait lui faire perdre une place de garde dont il avait besoin pour vivre^ Le charitable prélat^ autant au-dessus «de la vengeance que de la crainte, employa tout son orédt|t pour la lui faire conserver, le laissant pour toute pu-* nition à sa conscience et à la honte d'avoir osé attaquer son évéque etson bienfaiteur.
M^ de Sknooy, dans ses conversatèons familières, appelait ces peliles tracasseries les fleurs de la liberté ; il ne fui pas longtemps sans en recueillir les fruits. Dès les premiers jours, de la révolution, il avait été question de mettre les bâtiments occupés par le petit • séminaire de Laon à la disposition du ministre de la guerre. Au printemps de 1831, une ordonnance vint frapper sérieusement dQ la même mesure le grand
sénriffiftire ée Sotesons. Lé MOS'^préfiBi p rc— tt aveo tlT^etté PeiLécQiton dé osile oitléonafiod. 1^ dé Simony, eprè» qoelq^M obsertiitmié ^eioes de mgetse^ de doucéQf el de fermée, avait cm devoir céder poar le moment, et dé)à il était céti^enu qoe lès i3àitB)entfi da grand sémiaaire tout entier seraient évaeoés, k l'exception de la chapelle. MM. tes direcienrs et le» élèves, an nombre <te cent, étalent oUigéa d'aller s^éta^ klir à l'extréeiiié du jardin, datn la maisiMï ditedee Capucins^, où vingt-cinq élèves à peine peuvent lef^r commodément. On œ poQvait d'ailleurs ima^^ner de mesure pies désastreuse pour le grand stoiinaire^ quoiqoe l'oeeupatpni disaît*on, ne dàl être cpie Umn poraire. En effet, la disposition d'une oa8<eme i^a rieà de coméBun avec celle d'un grand séminaire, et il devait résulter de là des dépoises énomes^ tersqoe les bâtiments du grand séminaire serateet rendu» à leur première destination. M. réoenomedu séminaire, après avoir pris Tavis de Hoiisetgneor, alla repré^ senter toutes ces difficultés à l'aploriU miltt^re, et kiî proposa de prendre l'aile gancbe du séminaire, eo»' struite tout nouveUementi sur l'emplacement de l'a^^ cien petit séminaire de Soisaeos, et qui n'étoit pas encore entièrement distrtbuée. La sagesse de ces pra« pesi^>ns, l'esprit de conotliaUen qui ks avaient dîc-
* Cette maison, située au milieu d'un grand et magnifique jardin et de bosquetâ admirablement plantés, servit tour-Moar à loger 11» philosophes, }és élèves de ht (|iiatrièfne aaaoée de théologie, 0t îndÛréFemBieQt ensuite <|tt6lfii«»eas des élèrtet éa gmoâ «taéaaire. La maison et le jardin, sur la proposition et les instantes de Ms^ de Garsignies ont élé échangés, en 1852, ccmtre la matson qui touche à Taîle droite du grand séminaire, et cédés aux dames de la Crobr, qui y ont établi un penstonnal.
tées, el le nom de Iff de Simour, vénéré (te low, le» firent ateoeiflir fkvorablemmii per le oommaiidani du géme et p«r Tiotewlrai milttMfe. Une periie des bàtioieiit» foi aeate occupée par la troupe. Reatateni les ioconvéïiieiits d'ua Yoiainage aaasi rapproché et ai pea en rapport avec les faabitodes de paht et de calme d'une maison de prière et d'étude*. Mi^ de Sk&oay, Threaaei^ affecté de l'état de feue où était placé son grand séaikuiire, se détermina , malgré le principe
^ Cette mesure imptessionna vivement M. l'abbé Maréchal » âors fltipérieur dti grand aémâiaire. Le profond chagrin qu*i] en tOBKfOAi j^SM à «né grande teUgne de» tterfe, détermina chet hii «ne cruelle maladie qui résista opiniàtrémefit à tous lea remèdaa, et, après trois ans de souffiranoes» renleva, à Vàge de quarante ans, à la yénération et à l'affection de tout le clergé et de ses nombreul anus. M. Alphonse -Michel Maréchal était né à Laon, le 10 Janvier 17»S, a*«ae taniHe où la piélé et la terta étaient héséditaiiés» Caua ^ Vont coMoa d^at» «ifai^se ont teQjooM rendu un témoignage unanime à l'innocence de sa vie , à son esprit droit et à des habitudes de gravité et de dignité qu'il a toujours conservées, tl a laissé les plus honorables souvenirs au séoinaire de SainUSu^noe^ où & avait reçu les èamts ordres ; et il suffit de diC4 que c'est atir la veeoctimandatioo de M. 0uolaai« cet homme si vénérable et si véoéré^ qu'un an après avoir reçu le sacerdoce, étuit vicaire de la cathédrale , il fut nommé, par M. de l^ète, évoque de Soissons^ supérieur du grand séminaire. M. l'abbé Lequeux, son compatriote, son collègue^ son ami, et d^aia son laaoesteur, kii Ait adiskaA eonttne ^ireeleor du grand ÉéaHiMire et proIsMCur dethéolog^ morale. M. Maréchal romplA lealonatioBeda •npétiear p«néaat àooae luméee ^tâèrea àvee une uRkliftatioa «t mm régularité qui na ae soaA pas démentièa un «eut jour> et cpâ ètatet devenues proverbiales. Atteint, dana te coûta de lS9i» de cette aaaladie qui éeviùt le eondidre au twani^^M^ il na it plus ^e languit, «a donmmt constaumient ragcenipès d'une édifiante «ttauaàante téalgnatton. Mf de 9imony Tavaii nanuné élMnaine tituteifee de la cathédrale et promotewp du diocèse. Il mourut le jour de N06I 1894.
M4 TII I>l HOSSBIONBUA DB SIHOICT.
qu'il s'élait fait de ne janiab aoHioiler aaoaiie faveur du gouvernement, à faire le voyage de Paris^; il exposa au ministre tous les inconvénients d'une telle oohabitation , et obtint immédiatement une ordon* nance de restitution qui , malgré les nouvelles difficultés soulevées par quelques officiers du génie, reçut immédiatement son exécution.
11 n'est pas besoin de rappeler les accusations qu'on formulait alors chaque jour contre le cler^ , qu'on trouvait affichées partout, qu'on portait même à la tribune, sans qu'une seule pût être prouvée; et les circulaires injurieuses qui soumettaient à l'inquisition d'employés subalternes œ qu'il y avait de plus moral dans la société. Dans toutes les lettres qu'il écrivit à ses curés, comme dans tous ses entretiens avec eux, WP de Simony leur conseilla de n'opposer à oes attaques que la patience, la foi, une confiance inébranlable, une prudence extrême à éviter tout ce qui pourrait être une occasion de division et de désordre, et d'observer plus que jamais les règles d'une sage retraite, d'une vie humble et cachée, d'un zèle nniquement appliqué au salut des &mes.
Dans différentes parties de son diocèse, il se ren?
^ Ce voyage avait un double but Uv de Simony venait à Paris pour le eaore de Ms^ Gallard, son ancien cofidiscq^le, nommé évoque de Meaox, et qui ^tait destiné à devenir son méfropo* litain , si Dieu ne Teùt appelé prématoément à kû. Ce ea^re ae fit très-secrétement, le deuxième dimanche après Pâques, dans la salle de travail d'une communauté religieuse. Tout avait été préparé la veille^ sans que personne de la maison s*en doutât. Iltr de Simony assista Uv de Quélen dans cette Dérémonie qm, commencée à six heures du matin, était tenninée avant hmt heures.