CHAPITRE XXIIL
Caractère de radministration de Msr de Simony. — Sa tendresse pour les prêtres de son diocèse. — Estime qu'il faisait de son clergé. — Ce qu'il recommandait surtout pour le succès du mmistère : la patience et la prière. — Commeirt il remplissttit le devoir de la réprimande. — impressions qu'il produisait dans les visites pastorales. — Il publie les nouveaux statuts du diocèse. — Il rétablit les conférences et les retraites ecclésiastiques. — 11 établit une caisse de secours pour les prêtres âgés ou infirmes.
Le caractère particulier de PadmhiistratioQ de M*' de Simony fut tel qu'on devait Fattendre, la prudence, la douceur et la bonté. Il voulait gouverner son diocèse comme une famille dont il était le père, et n'y avoir d'autre ascendant que celui que donne une plus grande charité. Aussi son commandement fut toujours modeste et son autorité pacifique. Les actes de son administration n'eurent jamais rien d'impérieux ni de violent, jamais rien d'arbitraire ni de précipité. Les règles sacrées de l'Eglise, la sage lenteur de la vénérable antiquité, l'esprit de la charité furent les principes invariables de tous les actes de son épiscopat. Cette douceur et cette bonté étaient d'autant plus remarquables dans W^ de Simony, qu'il était plus naturellement jaloux de son autorité, et impati0nt de tout ce qui lui était contraire. Mais depuis longtemps les inspirations de la vertu avaient remplacé chez lui celles de la nature. On le pressait un jour de terminer
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one affaire par on ooup d'autorité qui eût niiB fin à toutes les difOooltés. Il s'y refusa constamment en faisant cette réponse remarquable : « Chez nous, dit-il, les afiEùres doivent se traiter moralement. » Paroles qui nous rappellent celles du Sauveur : a Les rois des nations les dominent, mais il n'en sera pas ainsi parmi vous? »
De ce principe naissait en lui une tendresse de mère peur tous les ecclésiastiques placés sous ses ordres. C'était sur eux qu'il étendait ses soins, ses affections, ses espérances, comme sur ceux qui soutenaient avec loi les pénibles fonctions de l'apostolat. Ils le trovvaient en tout temps disposé à partager avec eux les peines, les dégoûts, les contradictions et les succès attachés à l'exerciee de leurs fonctions. Le moindre d'entre eux était accueilli avec les plus grands égards, et^ne sortait jamais sans avoir reçu quelques-uns de ces encouragements qui oonsolebt et fortifient, a Tous le pouvaient approcher, dit le confident et le témoin de sa vie épiscopale, tous le pouvaient entretenir, tous pouvaient lui faire confidence de leurs peines et de leurs besoins mêmes. On peut dire de lui que son palais, sa bourse et son coeur leur furent invariablement ouverts*. »
Il apprit un jour qu'un d'entre eux cherchait la somme de mille francs pour remplir quelques obliga* tiens de famille; il le fit venir et lui dit : « Je viens d'apprendre, mon cher ami, que vous aviez quelques embarras domestiques ; il me ferait peine que, pour y
* Oraison funèbre de Mf d« Simony, par M. Tabbé Rnellan, vicaire général.
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iaim ftoe. Tout ay<x rteoura à d'autres qn^à met, voir» évoque et votre père; prener ee kiâet, rovm me le rendrez plu» tard, st vow le poavec* » Et il lai reiiiH en main un billet de miUe francs, d'un aîr aassi k^ diSérent que s'il ne se ffti agi que de ta spaiine la plus fiKxlk|iie, lui laissant à peine le temps de lut exprioi9r sa reconnaissance et lui demandant avec une bei*^ loQ^anl» des noaveUes de see parents. Six ans plus tard, la mènie persoiuie lai ayant reporté cette sommet, es lut témoignant av»e se reeonnaissance la crainte d'avoir retardé quelqaes-unes de sm^ bonnes csuvres. Me' de Shnony prit le billet, le déposa en sonriaM dans son secrétaire, et sHnlonna d» nouveau avec le ptiis grand intérêt de l'état de sa taaitRe.
Quelque temps après la révolution de 189^, alors q«e d'injustes préventions» rendaient li» clergé tout entier solidaire des torts de quelques-uns de ses membres, an curé dm dioeèse était barœié par ses créanciers et se trouvait bors d^état de les satisMre. y0 de Smony l'ayant appris, s'empresse de satisfaire e* le débiteur et ses créanoiers, en versant entre les mains de oes derniers lu somme de 4,7Mr fh, et en raehetaat la bibliotbéque de ce paavre enré.
Ce ne sont pas les seuls traits de générosité et d*c«quise déticatesse que nous pourrions oHer. On nous a assuré qne plusieurs fols Ifi^ de Simony donna jusqu^à émx ou trois mille francs, à desecdésinsttqnes qui hit faisaient oonnattre leur làcbeuse position; et qu'à d'autres il envoyait annuellement de fortes sommes pour subvenir à leurs besoins, disant souvent que toui ee qu'il avait était moine k lui qu'à ses eoopératours, qM'àses enfants.
Ueflime de MH^ de $Uiiaay fwèr 909^ el^rgé <Hait l%ile à sou aSecUoQ ; il ne matUiit v'mn daas son esprii aa^dasftof de seg prêtres^ et saut faire jamais de (xm* paraison blessante pour d'autres diocèses, c'était po«ur lui une des plu» douces saitsfadtieos que d'eutendre les pFédicaieurs dA retraite, les év^ues qui le visi* tmnij rendre hommage aux lumiôres, aux vertus, k 1^ sagesse, à la modératioQ, à la teou0 vraiment eoclé* siastique et à la pi^ de aoo clergé.
Mais <ï'étaît surt(uit awr les prètrea qu'il saviiH plus 4Kacta à le«rs devoirs, plus v^tueux, plus déWtchés, que soa eœur s'épaoebait aussi plus aSéctueosameni. U ne maoqnait aucune occasion de relever leurs ver*tus et leurs travaux. « Voes ave^i près de vous, disait*il, ua prêtre bien rempli de l'esprit de Dieu; queU# smirce dd b^aédictioiui pour le voisinage! » L'orsqu'il les voyail, il les embrassait aveo teedreste, leur lé* moignait sa reconnaissance, et se plaisait à attribuer à leurs prières tout le bien qui se Caisait dans son diocèse, « Les prières que vous adressez au Seigneur pour moi et pour le diocèse, écrivait-U à un prêtre fervent, nous ont. valu une retraite trèS'- édifiante... « « Mes prières ne sont rieq, écrivait-il è un autre, auprès de celles que obaque jour vouspouves meUreauj( pieds de la sainte Mère de DieUf. mais elles ne vous manqueront pas, caf c'est mon oeuvre que vous faites, » Lorsqu'il apprenait la mort de quelques-uns d'entre eux, on Qomprenait, à la douleur qu'il en éprouvaiti combien il les aimait tendrement. U était facile de voir alora, malgré ia constante égalité de son àme, qu'an grand sujet de peme affligeait son coeur pro* fondement» et souvent il lui est arrivé de dire aux par
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sonaes du m<Hide qu'il reoeraU : « Je viens de perdre on exceUeni prêtre ; e'esi une perte qui m'est bien sensible, c'est on booHne qne je remplacerai difficilenent. »
Cette bonté, Mi' de Simony retendait jusque sur les parents des prêtres de son diocèse. Dans ses tour« nées pastorales, il leur donnait des marques d'une bienveillance toute particulière. Il s'informait toujours de leur état, de leur santé, non point avec cette précipitation bannale qui n'attend même pas la réponse, mais avec un ton d'attention délicate et de touchante sollicitude. « Je me réjouis, écrit-il à l'un d'eux , de penser que vous avez trouvé toute votre famille en bonne santé, et surtout madame votre mère. Je me représente toute la joie qu'elle a eue à vous embrasser et à vous dire tout ce qu'elle vous doit de repos et de bien-être dans la maison que vos soins lui ont procurée. »
« Mon premier sentiment, écrit-il à un autre retenu près d'un de ses frères en danger, a été de m'unir à tous les vêtres auprès du lit de votre cfaer malade. Je comprends toutes les pensées qui vous occupent péniblement, et avec vous je les remets dans le sein de notre bon Maître qui ne nous afflige que pour nous consoler. Je pense bien que vous n'aurez ptis pu partir aujourd'hui. Ne vous en inquiétez pas davantage. L'important pour vous en ce moment est de donner à tout ce qui vous environne, et surtout à votre respectable mère, les consolations et le soutien dont on a si grand besoin dans une pareille épreuve. » Ces sentiments n'étaient point seulement chez Ms' de Simony Pefiet d'une éducation plus parfaite on d'un esprit