CHAPITRE XXIV
Sollicitude de M8' de Simony pour les séminaires. — Ce qu*il exigeait de ceux qui aspiraidht au sacerdoce. — Conseils touchant rappel aux ordres. — Sur le défaut d'éducation ; sur la simplicité. — Importauee qu*il attachait aux études théolor giques. — Petits séminaires. — Institution de la société diocésaine. — Intérêt que M^ de Simony portait aux différentes maisons d*éducation, aux Frères des Ecoles chrétiennes.
Une He8 grai^^^ préoccupations de M*' de Simony en arrivHiU dans son diocèse , avait été de savoir comment U parviendrait à remplir les vides oom^ breux qtte les malheurs passés de TE^ise y avaient fakSy et que les infirmités et ia mort venaient ctuKfQe jour augmenter. Be^iucoup de paroisses étaient sans pasteurs; d'autres n'avaient pas le nombre suffisant de prêtres, et sa plus vive douleur était de ne pouvoir répondre aux demandes multipliées que lui adressaient ces paroisses presque entièrement privées de secours spirituels.
Aussi ses regards se tournaient-ils sans cesse vers les séminaires de son diocèse, où se formatent, d«ins le silence de Télude et de la prière, cette nouvelle génération d'élèves du sanctuaire, qu'il devait enfanter au sacerdoce, et qui, dans le cours de son long épiscopat, devaient renouveler presque tout entière la tribu sainte*. Persuadé de cette vérité, que les vrais supé-
i Sur cinq cents et quelques prêtres que comprenait le diocèse de Soissons, lors de la démission de B^ de Simony, près de quatre cents, actueUement existants, ont été ordcnuiés par tai.
rieurs des séoiioaires sont le» évéques; tout eo oon* fiaot la dIrectioD de ees saiates maisons à des prMre^ qu'il savait remplis de Tesprii de science et de piété, Il Be négligeait aucune occasion de s'assurer par luimême de l'avancement des élèves dans l'étude et dans les vertus chrétiennes. Il voylait que les supérieurs lui rendissent, deux fois l'année, un compte exact et dé* taillé de chaque élève en particulier, a En rédigeant les Botes, écrivait-il à l'un d'eux, je vous prie d'y joindre le nom de baptême, la date et le lieu de naissance, la quotité de la pension payée par l'élève, et de ne point viser à la brièveté dans tout ce qui peut faire connaître la valeur du sujet. i> Il lisait et relisait les notes qui lui étaient remises, les comparait à celles des années précédentes, et jugeait ainsi plus sûrement des progrès qu'ils avaient faits dans la réforme de leur caractère» Il connaissait «i parfaitement^ non -seulement le nom, mais l'esprit et les dispositions de chacun, qu'au seul nom d'un élève prononcé devant lui, il demandi^it : « Eh bien, avez^vous encore telle chose à lui reprocher? Va-t-tl mieux cette année? Il lui suffisait d^ailleurs d'avoir vu une seule fois un élève pour le réconn^iltre bien longtemps après, et plusieurs ont ^ agréablement surpris de s'entendre appeler par lenr nora^ quoique ce fût la première fois qu'il leur adressât la parole. Afin de les connaître mieux encore et d'apprécier par lui-même leur aptitude à remplir 1^ fonctions saintes^ il voulait qu'on lui remit, chaque dimanche, la liste des élèves du grand séminaire qui avaient quelque cérémonie à remplir à la cathédrale. Pour juger si un jeune homme était propre ou non du sacerdoce, il demandait par-dessus tout s'il ayaii
S94 TII PI KOWffStaHIIJA »» 8IV0HT.
un esprit di^tt^ ime ap|^ic#4iM «mlMiiie) la §oAl de k piélé, Ode v^donté géoéi^MMe, oa grMd ftmd» d'*b^ oégsliooeldedéiiBtéreisement. Lorsqifô ces qâaliiéf «Mntjfllles mmqaaiMl, les laleuls les {dos bvlllMU M tospirateni plus de oralnie que de oonfiMee, el PexpérieRoe 9 prouvé qa'tl s'étâH rarement trompé dans le jugement qaUl portait de setnUablee aejets^.
^Dito hd «fait ceame 4<am^ «a cffét^ on don partieattto pour diacemer ceux qui étaient appelés aux sûnle» foftotioo» 4a sacerdoce. La première fois qu'il fit son entrée et donna la cônUrmatlon dans la seconde Tille âe son diocèse (iS25), na jeune entai , ati «lonenl mente dé la ednirtâàôon, attira pte pirtiqaltfi»aieat ton attentioa^ Son reoueiUeiBent^ aoa air tié> nétré Crappèrtnt tellement le pieux prélat, qu'au retour de la cérémonie^ il ne put s'empêcher de faire part de son impression aux aères de philosophie du èén^rire de Laon , qui TàccoifipagaaieUt : K Tai rétaiarqiié, letnr êiMH^ tA orf^t >(^ m*é tiÉigo^ UènaMÉt éd^héi » Uât déBMiâei le caré de la paxolMa à kHiilell» appartenait cet ea£ant, dont il aTait retenu le nom de baptême, et le pria de s'informer si ses parents consentiraient à ce qu'il entrât au séminaire. De graiides difficultés s'jr (^posaient; cet enfuit artait perda 100 pèr« l'année pnéoêéexâe , M sa Biare^ aeole^ à la tète d'un noonnerBa .as^as étetoda^ t» pawraU ^t priver du seul fils qu'elle ayiât^et qui devenait pour elle i^i af^ui nécessaire. L*enfant d'ailleurs, d'un esprit et d'un caractère assez Yife, semblait n'oiïHr, au premier abord , que peu <f esplnnaee pcmt légftûnèr ana aenèUbda '^^aoitiKm. Ms^ de e^ÊÈùisyf nalnrellenenl al pradast isi ai réaérvé, fit latte cependant d« BOUTelles instances, auxquelles il ne iùt guère possible de résister. L'enfant entra deux mois après au petit séminaire de Liesse. Il fut constamment l'objet de la bienVe&lanoé et de ralfsction du saint pfélal, qoi élaH àenreux de lé eoaroÉner lni*mèi»e à 1» fin de clMMiné aan^. A déviât parétTe^ lét dtree^ teiv et professeur du gra^d séminaire pend<mft de Icmgues années, eut la consolaticm de visiter assidûment le pieux pontife dans sa dernière maladie, de fecoefilir ses derniers •onpirs, et de ratraeer ses textua el 1er eiem|aea dé m vie^
C0APITRB XXIV. 325
Ce n'est pas qa'il fût effrayé de certaines saillies de caractère qui tiennent plutôt à Tàge et à la vivacité des passions, qu'à une nature vicieuse, lorsqu'on faisait preuve d'ailleurs de bonne volonté. « J'en ai connu plusieurs, disait-il, qui étaient de vrais égrillards et qui laissaient beaucoup à craindre; mais, s'étant donnés tout entiers à Dieu, ils ont embrassé, avec Fardeur qui leur était naturelle, la pratique de la règle, de la solitude, de la discipline, et sont devenus d'excellents prêtres. » — a Je sais, écrivait-il encore à un supérieur de séminaire, qu'il y a des caractères bons d'ailleurs, à qui il faut passer quelques étourderies; je n'en dirais pas autant, s'il s'agissait de ces actions qui annoncent corruption ou bassesse de cœur. » Pour ces défauts, il voulait qu'on fût sans pitié. <i Ne nous embarrassons pas, disait-il, de ces caractères sournois, de ces esprits pesants, qui ne peuvent s'épanouir que pour les objets matériels et sensibles,qui ne sont pas capables de s'élever à une pensée généreuse, et ne fournissent aucune voie pour arriver jusqu'au cœur. » — « Défiez- vous dans les appels aux ordres, recommandait-il une autre fois à des directeurs du grand séminaire, de ces caractères peu ouverte, sans force pour le bien comme pour le mal, à qui l'on ne peut rien reprocher de bien grave en
Une autre fois, dans une circonstance semblable, Monseigneur aperçut un enfant de la paroisse de Saint-E.... âgé de 11 ans, dont Textérieur l'impressionna. Il lui demanda 8*il voulait aller au séminaire, et sur la réponse affirmative de Tenfant , le saint évéque lui fit une croix sur le front en lui disant : « Je vous marque pour un des miens, » et aujourd'hui cet enfant est un excellent prêtre.
386 YIB DE MONSBIONBUl DB SIMONT.
particulier, mais dans lesquels on ne peut trouver un seul indice sérieux de vertu et de vocation. De telles gens, poursuivait- il en accompagnant du geste son observation, lorsquUls ont le manipule sur le bras, savent qu'ils vous tiennent et déclarent ce qu'ils sont. 9 Voici quelques règles de conduite qu'il donnait un jour à un autre directeur, touchant l'appel aux ordres.
m \^ N'avoir nul égard aux considérations humaines, par exemple, au numéro du tirage militaire : — 2® point d'état plus périlleux que le ministère des âmes; il est plus dangereux môme que l'état militaire : par conséquent, vertu plus affermie; point de ces cœurs mous, apathiques; point de ces caractères grossiers, rieurs, ni à formes rustiques, etc.; examiner s'il y a de l'honneur, de la délicatesse; — 3* voir s'ils sauront se faire respecter et instruire suffisamment; il ne suffit pas d'avoir de la science , il faut savoir la faire entrer dans l'esprit des autres; — 4® timidité, grand défaut, surtout avec peu de moyens; moins un jeune homme se sentira de talents, plus il sera timide... »
Un point auquel il attachait beaucoup d'importance, c'étaient les défauts d'éducation , souvent difficiles à corriger dans des sujets d'ailleurs bons et assez vertueux, a Quant à la grossièreté et aux vices de première éducation, écrivait-il à ce sujet, c'est un mal qu'il ne dépend pas de nous de prévenir ; c'est une maladie épidémique dont il faut chercher le remède, mais que nos enfants ne peuvent jamais manquer de nous apporter pour en être guéris. C'est dans l'ordre de la maison, les habitudes de politesse et les insinuations