‹ Vie de Monseigneur de Simony, évêque de Soissons et LaonChapitre 81 sur 118 · S TIB DB HONSBIGNBUE DB 8IM0NT · texte numérisé non relu

S TIB DB HONSBIGNBUE DB 8IM0NT

principes, lui donne pour supérieur, le supérieur du grand séminaire, sous la dépendance immédiate de Tévèque diocésain, et détermine les rapports des membres, soit entre eux, soit avec le supérieur général ou les supérieurs des maisons particulières, û%e les assemblées générales, les réunions partielles, trace les règles propres aux divers emplois de la société, et enfin les principes généraux qui doivent diriger renseignement et l'éducation.

Me de Simony avait même décidé que les ecclésiastiques à qui leurs fonctions ne permettraient pas de vivre en communauté, et qui désireraient néanmoins entrer ou rester dans cette société, pussent y être admis, et il leur traça des règles spéciales^.

^ Cette société qui, outre le graad séminaire et les petits séminaires de Laon et de Liesse, dirigeait l'institution de Saint-Charles de Chauny, a été supprimée par Tordonnance ci-jointe de Ms^ de Garsignies, le 18 septembre 1852.

Vu Tordonnance du 19 juin 1836, paï laquelle notre vénérable prédécesseur autorise, dans le diocèse, rétablissement d*uae société dite Société diocésaine des prêtres attachés ou agrégés au séminaire de Soissons :

Vu notre ordonnance en date du 28 décembre 1850, par laquelle nous-méme nous avons approuvé ladite société;

Considérant, 1» que, par suite de raisons particulières, plusieurs des membres de cette société placés dans notre grand et nos petits séminaires, à titre de directeurs ou professeurs, ont dû être appelés à d'autres fonctions ;

Considérant, 2« que ces changements, en modifiant le personnel de ces établissements, ont par là même modifié les conditions de ladite société ;

Considérant, S» qu'il importe, dans l'intérêt du bon ordre et de la discipline de notre diocèse, de ne pas y laisser subsister une société dont les éléments réduits et épars ne forment plus un ensemble qui puisse répondre à nos vues ;

CHAPITIB XXIY. 333

M'' de SimoBy portail une affection spéciale aux directears et professeurs de ses séminaires. « Cest mon œuvre que vous faites, r> leur disaii-il souvent dans les visites collectives que les directeurs lui faisaient au cooimencement ou à la iin de Tannée scolaire, « et je vous suis plus étroitement uni de cœur. » Il prenait la plus vive part à leurs fatigues, aux maladies qui en étaient quelquefois la suite; il envoyait chaque jour s'informer de leur état, et venait lui-même les visiter et leur prouver combien ils lui étaient chers. a Vous savez la funeste issue qu'a eue la maladie de Texcellent M. H...^ écrivait-il à un de ses vicaires généraux; sa perte a été généralement sentie. Sa pauvre sœur a trouvé secours et consolHtion près de M^* G... J'ai assisté à la messe des obsèques, et j'ai fait l'absoute; il m'en eût coûté de ne pas mêler mes prières à celles que tout le séminaire offrait à Dieu

Le saint nom de Dieu invoqué :

Nous ayons ordonné et ordonncHis ce qui suit : Article 1«t. — L'ordonnance du 19 juin 18S6, qui établissait la société précitée, ainsi que celle du 28 décembre 1850, qui l'approuvait, sont rapportées.

Art. 2. — La société dite Société diocésaine des préires attachés ou agrégés au séminaire de Soissons est supprimée, et nous n'en autorisons plus les réunions.

Art. 3. — Notre grand et nos petits séminairas^ dont la direction, quant à ce qui concerne le personnel et les études, avait été plus spécialement confiée aux membres de ladite société, seront à ravenir, et chacun en ce qui le concerne , régis séparément et dans les mêmes conditions que par le passé.

< M. Hénon, un des professeurs les plus distingués qu'ait eus le grand séminaire, comme intelligence et comme amabilité de caractère. Il mourut au mois de décembre 184^, à la fleur de l'âge, alors qu'il donnait les plus brillantes espérances.

334 VIE DE MONSEIGWEUÎI DE SIMONY.

pour un de ses meilleurs directeurs et professeurs, et j'ai pensé que ce pourrait être une consofetioti pour tous. »

Après les séminaires, rien n*excitait davantage la vive sollicitude de M»' de Simony, que les maisons d'éducation de son diocèse. Il les regardait avec raison comme un principe de résurrection ou de ruine pour la religion, suivant qu'elles seraient bien ou mal dirigées. En toute occasion, il inspirait à ceux qui se trouvaient à la tète de ces maisons, une haute idée de la mission qu'ils avaient à remplir, et il leur disait quelquefois que l'autorité qu'ils exerçaient près des enfants participait de l'autorité divine du sacerdoce, ïl témoignait aussi le plus tendre intérêt aux communautés religieuses qui se dévouent à l'éducation des jeunes personnes, et aux pensionnats séculiers dirigés par des femmes chrétiennes, animées du même esprit de religion.

Nous n'avons pu lire sans admiration les détails multipliés et presque scrupuleux où il entrait dans ses lettres aux supérieurs ecclésiastiques des communautés religieuses, sur leurs constitutions, sur les élections dos supérieures, sur les devoirs des religieuses, et patliculièrement sur la nécessité de l'esprit religieux et d'un noviciat sérieux pour celles qui demandaient à entrer en communauté, a J'ai vu hier, écrivait-il à ce sujet àun de ses vicaires généraux, deux de ndS bonnes sœurs. Leur visite m'a centriste. Chacune m'a parlé en particulier, pour me dire la même cho«e, que le séjour de la communauté lui était devenu impossib^^. Tous les motifs se réduisent, à la déplaisance, aux reproch-as que l'on s'attire, à la contrariété

chàpitrb XXI?. 835

continue que Ton éprouve, et à laquelle on suppose qu'il n'y a d'autre remède que de renoncer à son état et de rentrer dans sa famille. Ces pauvres tètes n'ont point eu de noviciat, et ne savent nullement ce que c'est qu'esprit religieux. Je crois en effet qu'elles ne seront jamais bien en communauté et qu'elles peuvent y être nuisibles, non par méchanceté, mais par faiblesse et défaut de vertu. ï> «

Mais une des institutions qu'il affectionnait le plus, était celle des Frères de écoles chrétiennes. Ce qui lui rendait chers ces pieux et modestes inslitutmirs de l'enfance, c'était leur dévouement, leur abnégation, leur douceur et le talent particulier que ces vertus leur donnent, pour ouvrir l'esprit des enfants aux premiers éléments des sciences, et leur cœur aux premières leçons de la religion. Pendant plusieurs années il voulut subvenir lui-même aux frais d'entretien d'un frère supplémentaire pour les classes des adultes; et tous les ans, il contribuait pour une forte somme à l'achat des livres destinés à récompenser les suecès de leurs élèves. On leur suscita pendant quelque temps des difficultés à cause de leur prétendue obstination à vouloir enseigner gratuitement : « Et c'est justement, disait Mc' de Simony, cette obstination que leur règle leur commande, qui leur mérite la reconnaissance du pauvre, et qui devrait leur concilier ceUe de tous les vrais amis de l'humanité. »

fis DE MONSEIGNEUR DE SIMONY.

Page 1