CHAPITRE XXV
laissé une seule demaode sans y faire droit autant qu'il le pouvait. Ses réponses étaient toujours acoom^ pagnées de quelques bienfaits, et on n'a poinl d'exemple que la multiplicité des charges qui pesaient sur lui l'aient jamais rendu sourd à aucune prière. Quand il ne pouvait s'assurer lui-même des nécessités des pauvres, sa maxime élait qu'il faut plutôt s'exposer à donner l'auméne au hasard d'être trompé, que d'examiner trop sévèrement les besoins qu'on nous fait connaître. Aussi ne refusait-il jamais un p^iuvre qui lui demandait l'aumône, quel qu'il fût, quand .même il se serait préseaté plusieurs fois de suite, a Un mendiant de profession, nous écrit M. le doyen de F... le M..., avait l'habitude de suivre M*' de Simony dans ses tournées de confirmation, à quelques lieues à la ronde. Le voyant un jour se présenter à Monseigneur à l'entrée de mon presbytère, je voulais l'éloigner en lui disant : « Monseigneur vous a donné hier deux francs en ma présence^ pourquoi venez*vous l'importuner encore aujourd'hui? » Pendant que je parlais, le charitable prélat tirait encore deux francs de sa poche et les donnait à ce mendiant, en me disant : a Puisqu'il demande de nouveau, c'est qu'il a encore besoin. »
Ces aumônes extraordinaires et celles qu'il chargeait chaque année les curés des deux paroisses de Boissons de distribuer comme ils le jugeraient à propos, ne l'empêchaient pas de nourrir, de vêtir et de loger à ses frais un grand nombre de pauvres qui n'avaient d'autres ressources que son inépuisable charité, et qui se regardaient comme les pensionnaires habitués de l'évêché. Un notaire de Soissons fut un jour appelé par une pauvre femme à l'extrémité et
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qai désirait faire soq testament. La misère du réduit ôûi elle était couchée, le dénuement entier dans lequel elle paraissait se trouver, surprirent le notaire, qui lui demanda de quels biens elle voulait disposer par testament : a Je veux léguer, dit-elle, une petite croix d'argent. i> — «Mais, lui répond le notaire, il n'est pas nécessaire de faire un acte pour un objet de si petite valeur; » puis, dans un sentiment de charitable curiosité, il lui demanda quels étaient ses moy^s d'existence, et qui prenait soin d'elle. « Est-ce que nous n'avons pas ici, répondit cetto femme, un père commun qui prend soin de nous tous? x> ^- « Je sais, reprend 4e notaire, que Dieu prend soin de nous, et que la Providence veille sur nos besoins; mais quel est, celui dont elle se sert pour vous faire du bien. » — « Mais c'est W^ l'Evèque, reprit cette bonne femme surprise de n'avoir pas été comprise tout d'abord. Grâce à lui, depuis bien des années, je ne manque de rien, n
Quoique tous les pauvres, quels qu'ils fussent, eussent un droit égal à sa charité, cependant il portait un intérêt toui particulier aux pauvres de sa résidence et de la petite paroisse de Mercin, où se trouve la maison de campagne qu'il avait achetée pour le séminaire. Il connaissait cette petite paroisse dans tous ses tlétails, et ses pauvres avaient une part toute spéciale dans ses auménes. Chaque année, à l'approche de l'hiver, il avait soin de recommander au curé de cette paroisse, de distribuer en son nom du bois et du pain à tous ceux qui en avaient besoin. Sa libéralité ne se bornait pas à venir au secours des indigents de celle paroisse ; toutes les bonnes œuvres qu'on lui faisait connaître, trouvaient en lui un soutien, un