CHAPITRE XXV
cetélal, et; d^un autre côté, i\ aimaU trop à couvrir d'une main ce qu*il donnait de Tautre, pour ne pas saisir cette occasion de faire le bien sans être connu lui-Tîième. Il n'est pas possible d'être plus délicat pour ménager la sensibilité de ces personnes, plus prodigue de ces égards touchants, aussi précieux que les bienfaits eux-mêmes, et en même temps plus libéral et plus généreux. En voici un exemple touchant : — Un officier supérieur d'un des régiments en garnison à Boissons était mort, laissant une veuve et deux enfants sans aucunes ressources. Les officiers allèrent trouver M. le curé pour demander un service en troisième classe, en se fondant sur la pauvreté de la famille du défunt. M*' de Simony en fut informé; il ordonna que le service d'inhumation fût célébré en première classe, et en acquitta secrètement tous les frais. La veuve de cet officier s'étant présentée quelques jours après pour lui exprimer sa profonde reconnaissance, M«' de Simony la reçut avec les plus grands égards, la consola par des paroles bienveillantes, et lorsqu'elle sortit, il lui demanda la permission d'offrir à ses deux petites filles, deux boites de dragées. Rentrée chez elle, cette dame trouva au fond de chacune de ces boites plus de \ ,000 francs en pièces d'or.
Il est, du reste, un grand nombre d'autres personnes qui, pendant plusieurs années, ont vécu honorablement, soutenues par ses largesses secrètes, et à qui il donnait régulièrement des sommes très-fortes, en exigeant que ces abondantes aumônes fussent ensevelies avec les misères qu'elles secouraient. Il en est d'autres à qui M^ de Simony donna, pendant longtemps, 25 et 30 francs par mois ; d'autres, dont il
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payait le loyer jasqu'en des pays fort éloigiiés; d'autres enfin à qui il prêta quelquefois des sommes considérables, qui ne devaient jamais lui être rendues.
Enfin, outre le bien qu'il faisait aux pauvres, M*' de Simony en faisait de toutes sortes et partout. Il suffisait de lui faire connaître quelque infortune pour qu'il s'empressât immédiatement de la secourir. Plusieurs fois, apprenant que des ecclésiastiques ou des personnes respectables avaient succombé dans des entreprises dont ils n'avaient pas calculé la portée, et qu'ils ne pouvaient plus faire honneur à leur signature, il leur envoya jusqu'à mille et deux mille francs. En un mot, son nom, comme celui de la charité, se trouvait mêlé à toutes les œuvres de miséricorde, et il n'est pas une mesure de charité chrétienne et d'humanité, qu'il n'ait, jusqu'à sa mort, encouragée et soutenue par ses souscriptions, par ses aumAnes et par ses bienfaits.
Mais où l'ardente charité de M*' de Simony parut avec plus d'éclat, ainsi que son zèle pour tout ce qui pouvait contribuer à l'adoucissement des souffrances qui travaillent notre humanité, ce fut dans l'établissement de l'institution des sourds-muets de Saint-Mé* dard-les-Sotssous, que nous pouvons appeler l'œuvre et la consolation de sa vieillesse.
En 1840, un prêtre du diocèse, alors chargé de la paroisse de Yilleneove-Saint-Germain, près Soissons, M. l'abbé Dupont, forma le dessein de rendre à la société quelques-uns de ces malheureux sourds-muets que la nature a privés du moyen de recevoir et de communiquer la pensée par la parole. Il les reçut gratuitement dans son modeste presbytère, sans se douter