CHAPITRE KXV. 34S
lui-même pour la première fois aa banquet sacré vingt-six de ces jeunes élèves, exprime d^une manière si touchante la joie qu'il a ressentie en voyant leur attitude recueillie, leur foi simple et naïve et le bonheur empreints sur tous leurs traits. La distance qui les séparait de Dieu était franchie; leur isolement et leur grossièreté remplacés par les douces communications de la famille et de Famitié; leur caractère égoïste e* sâuvaige, par une douceur complaisante et une aimable gaité. Ce résultat lui paraissait si admirable, quMl ne pouvait s'empêcher de le faire connaître à tout son diocèse, comme une reconnaissance des anciens sacrifices que les fidèles s'étaient imposés, et un encouragement pour ceux qui leur restaient encore à faire, s'ils voulaient assurer entièrement l'avenir de l'œuvre.
Jusqu^à la fin de son épiscopat, oh il eut la consolalion de voir rinstitution de Saint-Médard entièrement libérée, ou plutôt jusqu'à la fin de sa vie. Monseigneur ne cessa de montrer toujours le môme dévouement et la même tendresse pour ces^ pauvres enfants adoptés par son cœur. 11 prenait part à tout ce qui les concernait; il entrait avec le directeur dans mille petits détails qui ne pouvaient intéresser que le cœur d'un père; il s'entretenait quelquefois avec eux en écrivant sur le tableau, malgré sa réserve qui était si grande; il acceptait avec effusion de cœur les petits présents que leur industrie, excitée par la reconnaissance, lui offrait quelquefois; il leur en donnait lui-même à son tour, aimait surtout à présider les distributions solennelles de prix, qu'il ouvrait ordinairement par quelques-unes de ces paroles pleines d'onction et de bonté qui ont toujours été si bien accueillies et si fécondes
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pour la prospérité de Saint-Médard. Pour tout dire en QD mot, il se montra dans toutes les circonstances tel, que si l'honneur de l'initiative appartient à M. l'abbé Dupont, nous pouvons à bon droit réclamer pour lui la gloire d'avoir sauvé à son berceau et assuré définitivement l'avenir d'une œuvre que tant d'autres diocèses envient à celui de Soissons. En acceptant cette lourde succession, en se déclarant le protecteur et le père d'un établissement destiné à rendre à la société de pauvres enfants déshérités de tous biens, Mc' de Simony s'est acquis des droits éternels à la reconnaissance des peuples'.
> n est à regretter que certaines difficultés qui n'étaient pas entièrement levées, n'aient pas permis à Mf de Simony de léguer au diocèse^ comme il en avait Tintention, ce magnifique établissement. 11 laissa ce soin à Ms^ de Garsignies, son successeur, en lui donnant Saint-Médard par testament. Malheureusement, Ifr de Garsignies étant mort sans aucune disposition testamentaire et sans avoir rien régularisé relativement à Saint-Médard, cette maison doit être vendue au profit de la succession du prélat.
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