‹ Vie de Monseigneur de Simony, évêque de Soissons et LaonChapitre 90 sur 118 · CHAPITRE XX TI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX TI

soahait. Il saffit de Dommer ici MM. de Beaaregard, Formantin, de la Loge, de BoUy, dont les noms sont encore chers aux prêtres et aux comeiunautés religieuses du diocèse; M^ Lelourneur, mort depuis évoque de Verdun; M«' de Marguerye, d'abord évèque de Saint-Flour, puis d'Autun ; M»' de Garsignies; enfin M. Ruellan, doyen dtr chapitre^, et M. Lequeux, supérieur du grand séminaire , tous deux d'une science émineute et d'une prudence consommée.

A l'exemple du grand Apôtre, Me de Simony portait cette humilité jusqu'à se glorifier de ses infirmités et de ses humiliations. Il en donna un jour, au grand séminaire, une preuve bien touchante (4 nov. 4846, fête de saint Charles).

On avait commencé la lecture spirituelle; c'était le chapitre de M. Olier sur Vhumiltté, dans son Introduction aux vertus chrétiennes. M*' de Simony devait arriver vers la fin et adresser quelques mots, avant le Salut solennel auquel il devait présider. Il arrive, ii commence par nous féliciter de la reprise de nos travaux scolaires. Il nous compare au cultivateur qui travaille et laboure dans l'espérance de la moisson. Pour nous, quelle moisson excellente!... 11 nous parle de la dignité de notre vocation, qu'il appelle toute divine... Là, sa mémoire hésite. Après quelque moment de silence, il reprend la suite de son discours ; xnais il ne peut faire entendre que la vertu de renoncement à tout. Il hésite de nouveau, et, se croyant

* H. Ruellan est mort au mois de septembre 1852. M. Lequeux a quitté la direction du grand séminaire, en 1851, pour devenir vicaire général de Mt^Sibour, archevêque de Paris. Il est actuelle* ment chanoine titulaire de la métropolftw

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incapable de coûtiiHier, il a la simfdicité de nous dire qu'il regrette de ne pouvoir aous exprimer les pensées qui avaient ocoapé son-esprit en pensant à nous; mais que son cœur nous parle assez, que nous savons trèsbien qu'il nous porte tous en son c^ur... M. le supérieur prit occasion de là pour lui témoigner toute notre reconnaissance pour ses paternelles bontés... Monseigneur alors, parlant de Tabondance du cœur, insista de nouvean sur l'affection qu'il nous portait, et revint encore au regret de ne pouvoir nous exprimer ses pensées... M. le supérieur reprit que l'exemple qu'il nous donnait présentement de simplicité et d'humilité, nous parlait plus faacit que tout ce qu'il aurait pu nous dire... M^*^ de Simony termina en se recommandant à nos prières, en nous remettant aux leçons de Jésus, lequel serait, à son défaut, notre docteur et notre maître; il nous dit de demander pour lui le courage et la force pour supporter les humiliations que Dieu lui réservait, et la grâce d'une vie meilleure. 11 est certain que cette scène si touchante de simplicité et d'humilité, dans un évèque si vénérable par tant de vertus, fut pour nous un discours mille fois plus éloquent que tous les sermons possibles. 11 avait en ce moment un visage si calmet, si riant, si heureux, qu'on pouvait oomprendre aisément, à le voir, le bonheur que donnent aux saiiUsIa connaissance de leurs infirmités, et l'humiliation qui leur en revient de la part des hommes.

A cet esprit de douceur et d'humilité, M«' de Simony joignait un grand fonds de modération et une horreur extrême pour tout ce qui avait l'apparence de la dispute. Aussi ne le vit-on jamais disputer ou contester.

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11 exprimait son sentiment et s'en tenait là. Il pouvait bien dire avec saint Paul : « Si quelqu^un aime à eontester, pour nous, ce n'est point là notiie coutume, ni celle de l'Eglise de Dieu. » [Corinth*y cap. xi). Dans les discussions, il parlait peu, et toujours avec modération ; il n'élevait point la voix, ni pour imposer silence, ni pour intimer un ordre, ni pour inculquer plus fortement son opinion, ni pour dominer dsfns une conversation; il disait simplement ce qti'il pefisait, ce qu'il désirait, ce qu'il fallait faire. Sa manière de prêcher même, ou de parler en public était également simple, douce, son ton de voix très* modeste, un peu timide même. On eAt été fort surpris, et en quelque sorte scandalisé de l'entendre prendre un ton élevé ou rire aux éclats, tant cela était et paraissait loin de son caractère.

M«' de Simony usait de cet esprit de modération envers toutes les personnes avec lesquelles il avait à traiter. On a pu quelquefois dire qu'il prenait trop de précautions, trop de ménagements pour éviter des ruptures, des froissements à l'égard de certaines familles influentes ou de quelques prêtres coupables, mais jamais on n'a pu lui reprocher trop de précipitation, de sévérité, de rigueur; il préférait, avecNotre- Seigneur, être l'ami des publicains et des pécheurs. N'accusait-on pas aussi saint François de Sales d'être trop bon envers ceux qui avaient de grandes fautes à se reprocher ?

Nous avons vu que M»' de Simony avait contracté depui^iongtemps l'habitude d'une grande régularité. Dès les premiers jours de son épiscopat, il se fit un genre de vie saintement uniforme, dont il ne s'écarta

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qu6 quand il émii forcé par des ciroensUiBoes toQl*à* fait «xtraordioaires. Nous ne cmindrons pas de faire connallre en détail Tordre de ses journées et le détail de ses actions. U^ de Siinony, par ses vertus et par le privilège dont jouit la sainteté d^ennoblir, de relever tout ce qu'elle touche, était dans ce rang exceptionnel où les moindres circonstances sont du plus haut intérêt.

Il se levait toujours de grand matin, hiver comme été, bien que le soir il ne sortit de sa chapelle qu'à onze heures, et qu'il ne se couchât guère avant orne heures et demie. U s'habillait seul, excepté dans les derniers temps de sa vie, où sesinfimiités exigeaient qu'il reçut les soins de son domestique. Il faisait ensuite son oraison, et nous savons de source certaine qu'il n'y a jamais manqué une seule fois dans tout le cours de son épiscopat, non plus qu'à ses autres exercices de piété, qu'il accomplissait avec la régularité, avec la ferveur d'un pieux solitaire. Il consacrait à la lecture des livres saints le temps qui s'écoulait depuis son oraison jusqu'à la sainte messe, qu'il disait régulièrement à huit heures, dans sa chapelle, sans que jamais il s'en soit dispensé pour cause d'affaires ou de voyages, si ce n'est quatre ou cinq fo^ qu'il en fût empêché par des indispositions sérieuses. Après son action de grâces, il récitait les petites heures; puis il rentrait chez lui et s'occupait d'affaires et de sa correspondance jusqu'à dix heures et demie, où il déjeunait très-légèrement. Il prenait ensuite la récréation dans son jardin, ou au salon, avec les personnes qui étaient présentes, et recevait tous ceux qui lui faisaient visite. Ut'' de Simony, dans ses rapports avec

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